Philippe d'Orléans, fils de Monsieur, depuis régent
limerick. Le roi, qui appuyoit les efforts de ce prince pour rentrer dans ses États, lui accorda douze vaisseaux de guerre et 3,000 soldats, avec toutes les proiriflîoDS nécessaires tant à ces troupes qu'à celles d'Irlande. Le débarquement se fit à Limerick, sous la conduite du chevalier de Nesmond : cependant le prince d'Orange résolut d'en faire le siège. La trandbée fîit ouverte le 5 de septembre. Après une vigourrase défense, les assiégés demandèrent le 3 d'octobre une cessation d'armes qui leur fut accordée pour trois jours, afin de conférer de la capitulation, dont les «rtieles ne furent arrêtés que le 1 3 et 1 i ; et le 1 i, la iriUe, défendue par Boisselot, fut livrée aux Anglois.
Le comte de Ghàteaurenaud^ ramena sur les vaisseaux de France tous les François, avec les 1 5,000 Irlandois de la garnison de Limerick, conformément à la aq)itulation, dont les articles sont si singuliers qu'il n'y en a peut-être point d'exemple dans l'histoire. Hs paroissent moins des conditions accordées par le vain- «pieur à une ville qui se rend, que celles qu'elle se prient à elle-même, et qu'elle force l'ennemi d'accepter.
Le marquis de Yillars, qui depuis quelques années étoit éloigné de la cour, demanda la permission d'y aller passer quinze jours. Le roi le reçut avec bonté et lui donna de grandes marques de la satisfaction qu'il avoit de ses services.
Un de ses premiers soins fut de s'assurer l'amitié du marquis de Barbezieux, qui, quoique très jeune,
i. Fr. -Louis de Rousselet, comte de Ghâteaurenaud, vice-amiral du Levant, maréchal de France en 1703, mort en 1716, à 82 ans.
lis MÉMOIRES DE YILLARS. [1691
étoit seul ministre de la guerre, et par ccnaéqaaat pouvoit beaucoup servir ou nuire. Le marquis de Vilr lars se trouva d'abord dans une intelligence parfaite avec lui ; mais peu de mois après, par Tinspiratioa de deux ou trois de ses favoris, jaloux du marquis de Yillars, cette amitié se changea en une haine ai vio<lente, qu'il s'en fallut peu que ce jeune ministre ne le perdît.
Durant le peu de séjour que le marquis de Yillars fit à la cour, il apprit la mort de l'abbé de Yillars^, aoo frère, qui sortoit de l'agence générale du clergé. Il mourut à Florence : jeune homme d^un mérite distingué dans sa profession, et qui par ses parents y eût bientôt mérité les premières places. L'amitié étoit très vive entre ces deux frères, et cette perte n'a jamais cessé d'être sensible au marquis de Yillars.
Il retourna en Flandre, d'où le marquis de Boufflers partit peu de jours après, et lui laissa en son abseooe le commandement général de la frontière, que le mar* quis de Yillars alla visiter. Il reçut à Tournay le prkioe royal de Danemarck^, qui fut roi dans la suita : fl voyageoit en ce temps-là, et le marquis de Yillars le traita magnifiquement.
Le marquis de Yillars s'établit à Ypres, où le marquis de Boufflers à son retour de la cour yiot le joindre, et y reçut un courrier dont les lettres lui Gaii«sèrent de vives inquiétudes. On le cbargeoit de surprendre Ostende : c'étoit un projet formé par quelques ingénieurs, et remis au maréchal de LuxendxMirg, qui
1. Félix de Yillars, abbé de Moustiers en Argonne, agent général du clergé en 1688, f oct. 1691.