‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 73 sur 130 · Gyula; ailleurs, Villars écrit Youlo · texte numérisé non relu

Gyula; ailleurs, Villars écrit Youlo

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dans toutes les attaques et à la teste de toutes les escarmouches, Ton ne voit que François ^ ; les volontaires se sont assurément distingués des autres nations, et Ton doit rendre comte à Votre Majesté de tout ce que messieurs de Gréquy, de Louvois, de Roye et du Héron ^ ont marqué de bonne volonté. J*ai creu, sire, ne pouvoir rien faire de plus agréable pour Vostre Majesté que de tascher d'obliger le fils du comte de Roye, qui est icy, à suivre Texemple de ses frères ; je ne suis pas casuiste, mais je Tay un peu ébranlé, et il est tombé d'accord que nous tascherions d'approfondir à Vienne ce qui luy fait de la peyne ; j'auray sur cela une extrême application.

Le comte Bielk arrive icy dans cinq ou six jours, je sauray plus positivement quel succès il se promet des propositions qu'il a déjà faite à son maistre, et, si Vostre Majesté trouve qu'il y ait quelque reflection à faire sur cela, il ne me sera pas difficille, sans donner aucun soubçon à la cour de l'Electeur, de faire des voyages de trois semaines et de bien cacher ma marche. Enfin je supplie très humblement Vostre Majesté d'estre persuadée qu'en tout ce qui regardera son service mon application suppléera au peu de capacité.

J'ay si peu mérité de Vostre Majesté que je suis honteus de luy demander des grâces, mais le zélé ardent que j'ay pour son service et l'envie que j'ay d'y sacrifier ma vie me donne quelque confience, et je ne souhaitte rien tant au monde que de pouvoir me rendre digne de la servir dans tous les employs dont elle voudra bien m'honorer. Je supplie donc très humblement Vostre Majesté de vouloir bien se ressouvenir que mon père a passé sa vie entière à son service ; pour moi, Sire, je n'oserois conter les miens, cependant il y a dix et sept ans que je sers, et j'ay esté assés heureus pour que Vostre Majesté ayt paru contente de ma bonne volonté, je la supplie de vouloir bien nous tirer de la misère; la lieutenance de Guienne est vacante, ce seroit une trop grande grâce que de la prétendre toute entière, mais, si Vostre

1. C'est lout ce qu'il y a eu de vif dans ces guerres-cy, que les escarmouches; car, pour la bataille, comme j'ay déjà eu l'honneur de le mander à Votre Majesté, après beaucoup de mouyements fort lens qui nous auroienl perdu sy l'on eust eu affaire à des gens qui eussent sceu profiter de nos irrésolutions, les ennemis^ sans nous attendre, ont plié, et on a couru après. Arch. Vogilé.

2. Du Marton et beaucoup d'autres dont les noms ne sont peut-estre pas connus de Votre Majesté. Arch. Vogilé.

Majesté vouloit bien en ordonner quelque récompense conforme au peu de bien qui nous reste, le revenu que nous en tirerions donneroit au moins à mon père et à moy le moyen de pouvoir subsister dans les employs dont elle voudra bien nous honorer, et, sans quelques secours de Vostre Majesté, il est certain que je ne sçais où donner de la teste. Je conjure Vostre Majesté de vouloir bien me les accorder, et je la supplie très humblement d'estre persuadée qu'elle ne peut faire de bien à personne qui ayt un plus ardent désir de la bien servir jusques au dernier moment de sa vie.

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