‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 72 sur 130 · Lacune dans rexpédition originale · texte numérisé non relu

Lacune dans rexpédition originale

2. L'infanterie, qui depuis deux mois n'a pas mangé un morceau de viande, commençoit même à manquer de pain. Arch. VogUé.

pour la première que la paix eetoit presto à se Cure. Il est certain qu'elle se traité depuis le commencement de la campagne; l'on est persuadé que la mort de quelques-uns de cens qui ndgocioient avec Caraffa, lesquels ont esté tuée par les Hongrois, y a apporté du retardement *. La perte de la bataille détennioera les Turcs & donner ce qu'on leur demandera, et le peu de fruit que l'empereur tire de la victoire l'obligera à accepter.

J'ay trouvé que les ennemis de M' de Lorrayna reprenoient courage. Ils étoient entièrement abbattus, et en partant pour l'armée il a fait icy tout ce qu'il a voulu : les preailères dignités de la guerre, les plus gros gonvememens ont esté donnî& à ses créatures, qui en dernier lieu sont obligées à rompre ouvertement avec la maison de Bade; il n'a pas voulu donner au prince Louis le commandement de l'armée qui est demeurée BOUS les ordres de Duneval, que l'empereur destinoit en quelque sorte au premier. Aussi le prince Louis est party de l'année sans prendre congé de M. de Lomyne; il l'attaque sur toutes sortes de choses, cependant l'on est persuadé que ses raisons ne seront pas escoutées.

L'on veut oster la charge de président de guerre au prince Hermand et, pour luy faire consentir, on Iny ofTre la place de Vindi^netz à Hatisbouue, mais il n'y veut point entendre ; il demande qu'on le dégrade s'il a manqué à son devoir. L'on trouve fort mauvais qu'on n'ayt point fait de siège, l'Électeur avoit proposé défaire celui d'Erla et me fit l'honneur de m'en consulter auparavant ; je luy en fis voir les difficultés et deus jours après il me dit que M' de Lomyne luy avoit représenté que cela estoit impo^ Bible *. Le party d'aller en Transilvanie estoit aBsurément le meilleur, mais il falloit le prendre dabort, sans donner le temps a|u| Trausilvaio de mettre ordre ii ses affaires et au Turc île respirer. Le premier a fait dire icy que si l'on se conlentoit de cuntribn-

t. H estoit question, i ce qn<' ) *> niiy dire, de Canioe el de Slget; Im Tores consentoient 1 donner Mt'c R»;iktlc tl Erla. Arcli. Voçié.

2. C'est le priace de Bsden qui I > pnrie, paTr« que. u l'Élor.tcur pari, comme on le croit, il raot qu'il f'i-n n^louriic ntec lujr ou qu'il dt^meare lODi les ordres de H' de Lorraim.-, i i|uu]i il ne peut se résoudre, 1i vient de me dire qu'on lui falsoit de» dirGcultii el il eal cvrliia que riotcn- Uon de H. de Lorraine et l'envia dt luns les généranx est de ronaerver les trouppM qui ont besoin de Eiretiiire la quarlit^rs en Traa«llTanir, et Je crois que la cour de Vienne seru du lufaw kt'Ollineol el d'iilleDdrr, rd pillant le paurre Transllvaln, la coucluslon de la paît. AreU VofUé.

tions il feroit ses efforts pour y satisfaire, mais que si l'on voaloit Taccabler il tascheroit de se deffendre; ainsi j'ay ouy dire qu'on se contenteroit de prendre Coula * ou Lippa et qu'en snitte on renverroit une partie de Tarmée achever de ruiner la Hante- Hongrie et le reste dans les pays héréditaires.

Je reçois dans ce moment des lettres de l'armée du 9"^ septembre, les Turcs avoient recommencé à paroistre et à prendre des fonra* geurs. Le grand vizir estoit à Petervaradin avec le gros corps de ses troupes et Téquéli, disant qu'il vouloit secourir Erla. Il y avoit un corps à Valkovar pour soutenir Essek. L'on parle bien moins icy de paix qu'au commencement de la campagne, mais, comme je scay de science certaine qu'elle estoit résolue avant une bataille dont la victoire jusques icy ue rapporte aucun fruit, je ne scaiirois douter qu'on ne persiste dans le dessein de finir une guerre qu'ils avouent eus-méme ne pouvoir plus soutenir. L'on a de grands ménagemens pour l'Électeur; M' de Lorrayne n'a rien négligé pour luy éviter toutes sortes de sujets de plainte; tout travaille à l'armée et icy à le fortifier dans les interest de l'empereur, les jeunes officiers généraus par l'espérance de voir renoaveller une guerre si la pais du Turc se fait. Cependant il m'a af&rmé qu'il estoit toujours dans les mesmes sentimens. U a esté transporté des louenges que M« la dauphine luy mande que Vostie Majesté luy a données. Il m'a conté tout ce qu'elle lui mandoit avoir dit au comte de Lobcovitz; enfin, quoyqne tout le monde travaille à le conserver, il n'y a qu'une seule personne qu'on puisse craindre, c'est la comtesse de Kaunits, et, si elle revenoit à Munich, je n'oserois pas me flatter de tenir contre elle; quoyqne l'Électeur ayt d'autres inclinations, elle a conservé une autorité entière.

Le comte de Kaunitz est revenu depuis deux jours d'Angleterre, et Ton m'a affirmé qu'on le renvoyoit à Munich; pour sa femme, je ne crois pas que l'empereur consente qu'elle y aille si tost, l'Électeur luy-mesme ne s'y attend pas; il médite toujours un voyage hors de ses Estats cet hivert. Il parle présentement plus de Venise, ce n'est pas qu'il ne préférât céluy de France, mais l'on ne parle point décela dans ces lieus-cy; du reste l'Électeur fait plus tost qu'il ne délibère. Je crois devoir dire à Vostre Majesté qu'il y a une prodigieuse quantité de François dans ces armées, presque tous leurs grenadiers le sont, et il est certain que

Page 1