‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 8 sur 130 · avril · texte numérisé non relu

avril

3. Jules-Louis Bolé, marquis de Ghamlay, né en 1650, mort en 1719, maréchal des logis aux camps et armées du roi. Voyez la notice que M. de Boislisle a consacrée à cet officier d'un rare mérite et d'gne grande modestie, dans le Cabinet historique, janvier 1877.

1677] MÉMOIRES DE VILLARS. il

désordre dans cette aile, si la bataille est en danger où vous dites, nous allons infailliblement la gagner de oe. o6té-Gi ; ainsi je marche. » Ghamlay voyant que le marquis de Yillars suivoit toujours son premier dessein, alla parler à M. de Soubise qui conmiandoit la gauche de la cavalerie et qui vint empêcher le marquis de Yillars de passer. Voyant bien cependant qu'il avoit raison, il lui dit : c Que si c'étoit un autre aide de camp que Ghamlay, il se dispenseroit de suivre TcMrdre qu'il apportoit, mais que celui-là étoit Thomme de confiance du roi. » Le marquis de Yillars obéit, et quelque temps après, le maréchal de Luxembourg, ayant emporté Tabbaye de Piennes et voyant la droite des ennemis se retirer sans perte, dit au marquis de Yillars : c Je voudrois que le cheval de Ghamlay eût eules jambes cassées quand il vous a porté ce maudit ordre. » Il est certain que Tarmée ennemie pouvoit être entièrement défaite, mais elle perdit seulement le champ de bataille et son canon et fut en état six semaines après de tenir la campagne. Gependant cette victoire assura le siège de Saint-Omer. Le marquis de «Yillars s'étant trouvé à la tranchée, dans le temps que la chamade battit, fut envoyé dans la place pour régler la capitulation. Le prince de Robecq convint de tout et demandoit avec empressement deux pièces de canon ; on ne voulut pas les mettre dans les articles, mais Monsieur les accorda, à la prière du marquis de Yillars.

Cambray fut pris après une assez foible résistance. Ainsi, avant la fin de mai, Yalenciennes, Saint-Omer et Gambray furent soumis à la puissance du roi. Après quelques semaines de rafraîchissement, nécessaires à

40 MÉMOIRES DE VILLAHS. [1677

Mont-Gassel. Monsieur ne balança pas à lever ses quartiers; il laissa au marquis de la Trousse^ le conimandement de la tranchée et marcha à Tarmée du prince d'Orange qui avoit devant elle le p^tit ruisseau de Tabbaye de Piennes^. Les ennemis le passèrent en divers endroits et il y eut dans le centre un assez rude combat d'infanterie où le régiment des gardes du roi perdit beaucoup de monde. Alors le maréchal d'Humières poussa la gauche des ennemis, et dans le même temps le maréchal de Luxembourg attaqua Fabbaye de Piennes. Il avoit donné au marquis de Yillars une réserve de cinq escadrons qui avoient la gauche de tout et qui par conséquent débordoient la droite des ennemis.

^ Le marquis de Yillars fît réparer un pont sur le

ruisseau de Piennes et commençoit à le passer, pour prendre en flanc la droite des ennemis occupée des troupes qu'elle avoit devant elle, lorsque Ghamlay ' vint, de la part de Monsieur, lui donner ordre de marcher au centre où les troupes avoient perdu quelque ter^ rain. c S'il est arrivé quelque désordre dans le centre, lui dit le marquis de Yillars, j'arriveroi trop tard pour le réparer, mais je vois la droite des ennemis ébranlée, et je crois qu'il vaut mieux achever de mettre le

1. Ph.-Âug. le Hardy, créé marquis de la Trousse en 1651, se distingua dans toutes les campagnes ; maréchal de camp en 1675, lieutenant général en 1677, cordon bleu en 1688, mort en 1690.

Page 1