‹ Mémoires du Maréchal de VillarsChapitre 97 sur 130 · L'Électeur de Bavière au comte de Kaunits · texte numérisé non relu

L'Électeur de Bavière au comte de Kaunits

Munich, 12 mai 1688.

Vous vous souviendrés, Monsieur, que je vous ay dis que je ne (léterminairay pas de faire la campagne en personne, sans que je vois auparavant les projets et les résolutions de Sa Majesté Impériale pour les opérations de ceste campagne. En attendant j'ay fait mon équipage et suis prest pour estre à Viene alla fin de ce mois, mais comme le temps est fort court et que je ne partiray pas avant de sçavoir la résolution de Sa Majesté touschant les opérations de ladiste campagne, j'envois Mayer pour m'an aporter les éclercissemcnts et certitudes que j'en désire, vous priant, Monsieur, de contribuer de vostre mieux d*une pronte expédition, et que l'on me fasse scavoir fidèlement et sincèrement les véritables intenlions (le Sa Majesté, auxquelles je me conformeray et en garderty

le secret inviolable, je crois que jusqnes asteare^ Ton ne s^estoit déterminé de rien positivement, pnisqoe ni vous ni personne ne m'an as rien mandé, mais à presant, appres les conforencM que ron a desja tenu avec M' le duc de Lortine, il faut nécessairement que le desein de la campagne soit fait et que 8a Majesté a]rt prit sa résolution pour cella.

Monsieur, comme vous sçavés que j'ay tosjours tonte ma confience en vous, je vous dis que je ne souhaite autre chose à sçavoir que si Ton est résolu de passer la Sawe pour ataquer fielgrad, ou en cas que cela ne se puisse pas si Ton est en estât d'ataquer deux places à la fois, ou de tenir toujours les deux corps séparés, en ce cas-là, je viendray en personne avec plaisir, mais, si oella n*est pas, je ne suis ni utile à l'Empereur, ni Tne peut faire avec réputation. Ce n*est pas que j'ay aqun sujets d'estre mescontant de M. le duc de Loraine, lequel en a tosjours agit avec toutes les honestetés possibles , mais , pour vous dire la vérité, il faut tosjours qu'il y an est un qui mené le timon, et ay trop de modestie et trop grande vénération pour le mérite et la longue expérience de Monsieur le duc de Loraine pour luy vouloir disputer, et voisla la cause que j'ay fait par Tenvie d'apprendre et par on' ambition de gloire le premier exemple qun électeur s'est trouvé dans la mesme armée avec le général-lieutenant de l'Empereur sans le oomander; mais que cella arrive davantage, se seroit un trop grand préjudice et point convenable à moi de fiûre ainsi la sisieme campagne. Si vous estes donc véritablement de mes amis. Monsieur, vous me le fairés connoistre en faisant en sorte qu'on me fasse sçavoir la vérité de ce que Ton a résolu ; je ne demande pas que TEropereur sépare les armées pour me faire plaisir, mais que l'on fasse ce que la raison de guerre veut, car je ne voudrois pas que cella m'arrive comme les autres fois, particulièrement l'ané passé, que l'on a fait deux armées, que j'ay comandé à part seulement pour faire une marche, l'Empereur ayant desjà résolu in peetore de faire joindre les armées ; je vous asseure que si l'on me dit asteure ce qui en est et qui doit estre constant (car les circonstences avant la campagne ne se peuvent plus changer) : que j'en auray beaucoup d'obligation à Votre Mijesté, mais ausoy an contraire si l'on me faissoit aller sou un'apparence d'un siège de Belgrad ou d'un commandement à part et quand je sairay en

1. A eeUe hewre. J'ai cm devoir conserver rorthographe de Max- Bmnunuel, comme curiosité : il écrivait presque tM^oors ea fraaçais : son orthographe s'améliora avec le temps.

dence on me fît entendre que le service de TEmperear et la raison de guerre veulent la conjonction des armées, de quoy Ton est sûr que lors je n'y contredirai point par le zelle et promptitude que j'ay tosjours fait connoistre quand il 8*agit du bien de la crestienté ; mais, de cette manière, je vous asseure que cela me touscheroit au vif, de quoy je vous avertis auparavant^ et vous dis encore que je ne demande austre chose que de voir clair pour pouvoir prendre mes mesures pour ma personne que je ne cometeray plus auxdits accidents, et finis et vous suis

(Copie. Arch. des Aff. étr.)

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