‹ Mémoires du Maréchal-Général Soult, duc de Dalmatie (volume 2)Chapitre 1 sur 39 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

.l'ai dit plus haut quel était le plan de campagne du Directoire. 11 voulait profiter de l'occupation de la Suisse, qui donnait aux armées françaises un avantage de position , pour s'emparer des passages des montagnes jusqu'aux vallées de l'Inn et de l'Adige, faire de ce centre le pivot des opérations, et prendre des revers, à droite contre les armées ennemies qui allaient opérer en Italie , à gauche contre celle de l'archiduc Charles, si elle )estait sur le Lech ou se portait en avant.

L'armée du Danube , réunie à Strasbourg , desait gagner la rive droite du Danube, s'élever à la hauteur de l'armée d'Helvétie et se lier avec elle. Enfin un corps d'observation, formé dans le Palatinat, devait soutenir la gauche de l'armée du Danube, et se tenir à portée de la rejoindre au besoin , en se portant sur Llm. Pour assurer de l'ensemble aux opérations, le général Jourdan,

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lie iMirn);igDe.

qui dirigeait raniiée du Danube , avait le comniantleinent supérieur sur l'armée d'Helvélie , commandée par le général Masséna, ainsi que sur le corps d'observation , aux ordres du général Bernadotte.

La combinaison de ce plan eût été bonne si ces trois armées n'eussent pas trouvé, dans leur trop grand éloignement les unes des autres, un obstacle au concert de leurs opérations, et surtout si l'on n'eût pas réduit les armées qui étaient chargées de l'exécuter, à des proportions tout à fait insuffisantes. Moins de quatre-vingt mille hommes, répartis depuis la sommité des Alpes, aux sources de l'Adige , jusqu'au Mein , allaient se livrer à des opérations décousues et des plus hasardeuses , en présence des cent soixante mille hommes que l'archiduc Charles tenait dans sa main, et qui étaient concentrés entre les Alpes el le Danube. Aussi devait-on aisément pré\oir ce qui , en effet, arriva, qu'une ligne aussi étendue serait percée par son centre, que l'armée du Danube serait écrasée , et que celle d'Helvétie serait alors d'autant plus compromise, qu'elle aurait poussé plus loin ses opérations, à l'ouNerlure de la campagne. Mais on paraissait enlrainé alors par un esprit de vertige. J'ai vu des lettres écrites, par ordre du Directoire, au général Jourdan, plusieurs jours après que l'armée avait déjà [)assé

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le Rhin, dans lesquelles on lui prescrivait d'attendre, pour commencer les hostilités, que la cour de Vienne se fût catégoriquement expliquée. On lui disait que les troupes autrichiennes ne voulaient point la guerre, et qu'elles ne se battraient point. A notre arrivée à Pfullendorf , le 17 mars, trois jours avant que nous fussions attaqués, j'ai aussi entendu le ministre de France à Ratisbonne, qui, en ce moment, revenait de son poste, soutenir qu'en traversant l'armée autrichienne, il avait fait la même remarque. La crédulité de cet agent doit avoir été bien grande, s'il s'est ainsi laissé tromper par les précautions , quelque habiles (ju'elles fussent , que prenaient les Autrichiens. Mais il était de toute impossibilité que le gouvernement français ne sût pas à quoi s'en tenir, et s'il essaya de faire partager au général Jourdan une aussi dangereuse illusion, ce n'était (juepour éluder les représentations pressantes que ce général ne cessait de lui adresser sur la faiblesse de l'armée, afin d'obtenir qu'elle fût au moins portée à l'effectif qui avait été promis et annoncé par le ministre de la guerre. Ce mensonge du Directoire était abominable ; il devait nous perdre, si le général Jourdan n'eût heureusement été mieux instruit de la vérité. Cependant, ce général n'en fut pas moins obligé, par les ordres qu'il recevait, ainsi que par la nécessité de soutenir l'armée

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cVlielvétie, qui, depuis plusieurs jours, avait déjà commencé ses opérations, et gagné du terrain, de s'engager enfin lui-même , dans un mouvement plus que téméraire, et qui se termina par une défaite. Si l'on avait encore des illusions, elles furent bientôt et cruellement dissipées.

I.e 1^"^ mars 1799, Tarmée du Danube passa le Rhin à Strasbourg et à Bâle. J'avais rejoint cette armée après la reddition d'Ehrenbreitstein , et j'étais encore à la tête des troupes légères de l'avant-garde , que les généraux Vandamme et Klein commandaient provisoirement, en attendant l'arrivée du général Lefebvre.

L'armée, formée sur trois colonnes, se dirigea sur la rive droite du Danube, entre ce ileuve et le lac de Constance. La colonne de gauche, commandée par le général Gouvion Saint-Cyr, prit par Freudenstadt, où elle éleva des retranchements, Rothweil, Sigmaringen et Mengen. Celle de droite, aux ordres du général Ferino , suivit par W aldsliutt la route des villes forestières, et gagna Uberlingen sur le lac. La colonne du centre, formée par l'avant-garde, la grosse cavalerie et une division de réserve , se dirigea par le Hornberg , Tùttlingen , Mœskirch et Pfullendorf , sur rOstrach , oii elle prit position , et se mit en ligne avec le restant de l'armée. Cette marche fut trèslongue, et ne dura pas moins de dix^sept jours,

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parce que le général en chef sentait qu'il s'engageait imprudemment, et parce qu'il s'arrêtait souvent pour attendre les renforts qui lui étaient promis. Nous avions aussi l'ordre de ne pas être les premiers à attaquer. On essayait de se couvrir encore du prétexte que la marche de l'armée n'était qu'un mouvement de j)récaution , pour s'assurer des positions iniporlantes'. Ce prétexte ne pouvait ti'omper personne , car la marche offensive de l'armée suffisait pour constituer l'état de guerre; et d'ailleurs l'armée d'Helvélie avait commencé les hostilités depuis le 5 mars, en attaquant les positions autrichiennes sur la rive droite du Rhin. De notre côté cependant , les patrouilles ennemies qui appartenaient au corps du général Nauendorf, fort de dix-huit mille hommes, avaient aussi reçu l'ordre de ne pas engager les hostilités, et elles se repliaient à notre approche. C'était une manœuvre habile de l'archiduc pour nous entretenir dans une fausse sécurité, et nous attirer sur le point où nous devions nous heurter contre l'armée impériale concentrée.

1^' armée du Danube aurait dû être soutenue par le corps d'observation aux ordres du général Bernadotte; mais ce corps, qui avait passé le Rhin vis-à-vis Mannheim, s'était borné, après avoir pris

i. Voir à la fin du chapitre, n° 12.

possession de cette ville, à investir Pliilisbourg, et à s'avancer sur le iSecker jusqu'à Heilbronn, où il s'arrêta , malgré toutes les sollicitations du général Jouidan , qui pressait vivement le général Bernadotle de se rapprocher de l'armée du Danube. Le général Bernadotte répondait que son corps était trop faible pour s'aventurer en pays ennemi , et c'était vrai. Cependant le général Bernadotte n'avait devant lui qu'un corps autrichien encore plus faible, et qu'il devait mépiiser. S'il ne pouvait pas l'éviter ni lui dérober quelques maixhes, le. pis-aller eût été de repasser le Rhin et de le remonter par la rive gauche, jusqu'à ce qu'il fut à une hauteur suffisante pour faire sa jonction avec l'armée du Danube. Pendant cette opération , le Rhin eût suffi pour arrêter les faibles corps autrichiens qui étaient dans cette partie. L'importance de renforcer l'armée du Danube, devant laquelle la campagne allait se décider, était telle , que toute autre considération devait lui être subordonnée. Il est probable que cette absence de concours du général Bernadotte a dû être déterminée par les ordres directs qu il recevait du ministre de la guerre. Quoi qu'il en soit , le corps qu'il commandait n'a joué aucun rôle , et est resté complètement inutile , lorsque l'armée du Danube avait un si urinent besoin du soutien qu'il devait lui apporter.

L'armée était restée en cantonnements au pied de la forêt Noire, jusqu'au 1 1 mars. Elle ne passa le Danube que le 12, à Tùttlingen et au-dessus, pour se porter sur la ligne de l'Oslrach. Ce mouvement fut décidé par la nouvelle que, depuis le 5, l'armée d'Helvétie était entrée en opérations, et qu'elle avait déjà eu plusieurs belles affaires dans les (irisons. Le passage du Rhin avait été forcé à la fois par le général Démon t, à Reicbenau, au-dessus de Coire, et pai- le général Masséna, en avant de Sargans, et au pied des retranchements de Luciensteig, qui, malgré leur force et la vigoureuse résistance que les Autrichiens opposèrent, finirent par être emportés. La division du général Auftemberg, morcelée et coupée de ses conununications par des attaques aussi brusques, fut presque en entier détruite autour de Coire, et lui-même fut obligé de se rendre. .Mais l'opération la plus importante, l'attaque contre les retranchements de Feldkirch échoua, malgré toute la valeur et l'opiniâtreté qu';i plusieurs reprises le général Oudinot y déploya. Cette position céiè])re occupe la communication entre les vallées du Rhin et de l'Inn, et elle est la clef de cette partie du \ oralberg et du Tyrol. Deux tentatives infructueuses, Ait.qnes faites, les 6 et 1 4 mars, par le général Oudinot, fu- "an" Flhîkirci,! renl renouvelées, le 22, avec des forces plus considérables, mais sans plus de succès, par le général

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Masséna lui-même. Tout échoua devant la force inexpugnable de la position, et devant la résistance qu'opposèrent les généraux Hotze et Jellachich.

Dans le même temps, l'aile droite de l'armée d'Helvétie, commandée par le général Lecourbe, était partie de Bellinzona ; forçant le passage, du Splugen, elle avait suivi la vallée du Rliin jusqu'à Tusis; de Là, se jetant à droite, elle avait remonté la vallée de l'Albula, et f\\e était descendue dans la vallée de l'Inn, en la prenant à revers. Parallèlement à ce mouvement , le général Dessoles, détaché de l'armée d'Italie, avait remonté la vallée de l'Àdda; il avait ensuite traversé les glaciers du Woimserjoch , un des points les plus élevés des Alpes Juliennes, pour passer dans la vallée de Munster, et, par une manœuvre des plus habiles, il avait emporlp la forte position de Taufers^ en culbutant le corps du général Laudon qui la défendait. Ce dernier se relirait dans le plus grand désordre , par Glunis et la vallée de la Taufers, sur Nauders, où il espérait rejoindre la vallée de rinn , lorsqu'il apprit que le général Lecourbe, qui avait concerté ses mouvements avec ceux du général Dessoles et qui avait remporté des avantages pareils dans la vallée de l'Inn, à Martinsbruck , à Fintermun/. et sur plusieurs autres point», était déjà maître de Nauders. Il ne restait

plus d'autre ressource au général Laudon, jjour s'échapper, que de se jeter, à travers les glaciers, dans les vallées latérales, où il arriva avec quelques hommes seulement; la plus grande partie de sa division avait été détruite.

Une suite d'actions brillantes avait ainsi amené l'aile droite de l'armée d'Helvétie à Nauders et à Glurns, où elle occu])ait les tètes des deux grandes vallées du Tvrol, la vallée de l'hin et celle de laufers, un des deux bras de TAdige. Si l'armée entière eût pu s'y porter, elle eût eu la facilité de faire des diversions en faveur de l'armée d'Italie ou de celle du Danube; mais les échecs réitérés que son aile gauche avait éprouvés devant Feldkirch et la défaite du général Jourtian l'obligèrent bientôt, pour sa prf)pre sûreté, à abandoriuer les brillants avantages que son aile droite avait remportés, et (]ui furent ainsi obtenus en pure perte. C'est un effet très-remarquable de la résistance d'un poste, dont la conservation fut pour les Autrichiens une des principales causes des succès qu'ils obtinrent, tandis que les o]K'ration des armées fi'ançaises restèrent isolées et ne purent se lier entre elles.

On peut faire ici la remarque que si le général Masséna, au lieu d'engager deux de ses divisions dans les vallées de l'Inn et de la Tau fers, mouvement qu'il pouvait différer sans inconvénient, les

eut portées dans le Yorall3erg, à la gauche du Lecli, vers les sources de l'iUer, le corps autrichien qui occupait Feklkirch eût été trop exposé pour se maintenir dans cette position, et eût été obligé de l'évacuer. Dès lors les armées françaises eussent pu lier leurs opérations, et le vaste plan dont l'armée d'Helvélie devait être le pivot eût eu quelques chances de réussite.

[.es instructions que le général Masséna avait reçues lui imposaient, il est vrai, une double tâche sur les deux revers des àlpes, pour soutenir à la fois les deux armées d'Italie et du Danube. Mais le meilleur moyen de la remplir n'était pas de se tenir entre les deux armées, et à une trop grande distance de l'une comme de l'autre, pour pouvoir les appuyer efficacement. Il eût mieux valu que le général Masséna commençât par se porter avec toutes ses forces sur la gauche de l'archiduc, qu'il eût pris à revers, pendant que le général Jourdan l'eût attaqué de front; cette opération combinée eût eu des chances de succès, pour rejetei- l'archiduc au delà de Tlller, du Lech, et même de l'Inn. Après ce résultat obtenu, l'armée d'Helvétie eût pu répéter la même manœuvre du côté de l'Italie, par les vallées de la Taufers et de l'Âdige, en menaçant même la vallée de la Brenta. Cette combinaison était la moins compliquée et la moins hasardeuse, parce qu'elle ne

disséminait pas les forces, et qu'elle apportait successivement un secours efficace à Tune et à l'autre des deux armées. Il est probable que le général Masséna eût préféré cette disposition, si les ordres qu'il recevait lui en eussent laissé la liberté. On eût mieux fait de s'en rapporter à son coup d'œil et à son expérience.

Quoi qu'il en soit, l'archiduc Charles profita habilement des fausses dispositions qui isolaient les unes des autres larmée d'observation, l'armée du Danube et l'armée d'Helvétie. Placé au centie avec des forces supérieures, il ne laissa devant le général IVIasséna (jue ce qui était indispensable pour défendre les inexpugnables retranchements de Feldkirch, et pour éclairer les principaux débouchés du Tyrol. Formant ensuite son armée sur trois colonnes, il s'avança sur l'Ostrach, pour nous attaque!'. Le 18 mars, nous étions en présence, près d'en venir aux mains, lorsque le général Jourdan fit demander au prince s'il n'avait pas reçu de son gouvernement des dépêches pour le Directoire, et des ordres pour ne point engager les hostilités. Le général-major, prince de Schwartzemberg, qui m'était opposé, se rendit à mes avant-postes, où nous eûmes une entrevue, et il me transmit verbalement la réponse négative de l'archiduc. J'en donnai aussitôt connaissance à mon général en chef; elle le décida à marcher,

dès le lendemain , sur Tennemi. Cette démarche auprès de l'archiduc était au moins superflue. Lui demander s'il n'avait pas reçu l'ordre de ne pohit engager les hostilités était dérisoire, lorsque depuis quinze jours on se battait avec acharnement devant Feldkirch, que l'armée d'Helvétie, après avoir pénétré dans les Grisons, allait envahir le Tyrol, et que déjà la division autrichienne du général Auffenberg avait été forcée à capituler. J'avoue que, dans mon entretien avec le prince de Schwartzemberg , je fus fort embarrassé ])Our pouvoir concilier ces agressions de notre part avec le langage pacifique qu'on m'avait ordonné de tenir; j'étais confus du rôle de duplicité qu'on me faisait jouer, et que je ne pouvais soutenir par aucune bonne raison.

Le 19, je reçus l'ordre de me porter en avant avec une partie de l'avant-garde, pour reconnaître la position que l'armée autrichienne occupait sur notre front. Ayant formé mes troupes sur deux colonnes, je les dirigeai sur Hoskirch et Saulgen. l n long combat s'engagea siu" ces deux points , et il me mit à même d'apprécier la supériorité numérique des ennemis ; je jugeai , à leurs mouvements, qu'ils se disposaient à marcher sur nous. L'objet de ma mission rempli , je me retirai avec cent cinquante prisonniers, qui confiniièrent tous les observations que j'avais faites Je m'empressai

d'en rendre compte , et j'établis mes troupes en avant du bois de Bolstein , couvrant Friedberg et le village de Kônigswald.

Pendant que je faisais cette reconnaissance , le général Ferino , qui commandait la première division et qui était à notre droite sur le ruisseau d'Asch , en dirigeait une autre en avant de Buchhorn et ramenait aussi des prisonniers. Le général Gouvion Saint- Cyr, qui commandait la 3'' division campée à Mengen sur notre gaucbe, délogeait les Autricbiens de quelques villages , sur la rive droite del'Ostrach où ils s'étaient établis. En même temps, sur le faux bruit que les ennemis faisaient un grand mouvement sur la rive gauche du Danube , il renfoiçait le corps de flancjueurs , commandé par le général Vandamme , qui , sous ses ordres, était chargé d'éclairer cette partie. Les réserves de l'armée étaient concentrées aux environs de PfuUendorf, où était le grand quartier général.

La position de l'armée sur l'Asch et sur l'Ostrach était beaucoup trop étendue pour les forces que nous pouvions opposer à celles de l'ennemi , et on venait encore de les affaiblir en envoyant un détachement , qui équivalait à une division , sur la rive gauche du Danube. Le général Jourdan se flattait de l'espoir qu'il aurait le temps de faire fortifier les obstacles naturels que présentent les

deux petites rivières de l'Asch et de l'Ostrach. Prenant leur source à peu de distance l'une de l'autre, près de Riedhausen , pour aller se jeter, l'Asch dans le lac de Constance, et l'Ostrach dans le Danube , elles sont bordées l'une et l'autre de marais dans tout leur cours , et elles n'offrent de passages praticables que par les routes qui les traversent. De bons retranchements eussent, en effet, pu couvrir le petit nombre de ces débouchés , faciles à garder si l'ennemi nous en eût laissé le temps ; mais dès le lendemain , il dirigea une attaque générale contre notre avant-garde.

L'extrait suivant du rapport que j'adressai au général en chef, comme commandant supérieur de l'avant-garde , en remplacement du général Lefebvre, blessé pendant 1 action, contient les principaux détails de cette affaire.

<( Les troupes étaient à peine établies , que l'ennemi commença différentes attaques sur toute la ligne , mais plus particulièrement à notre gauche. Le 1" germinal (20 mars) à une heure du matin , les postes placés en avant de Friedberg fiuent assaillis par une nuée de manteaux rouges' et forcés de se replier à la tête du bois de Davids-

i. Les manteaux rouges élaient des corps francs d'infanterie levés en Croatie , et que nos soldats, au commencement de la guerre, redoutaient beaucoup , à cause de leur cruauté. Ils étaient entreprenants, et ils ne faisaient point de prison-

vviler. Six bataillons de corps francs attaquèrent au même instant les bivouacs postés en arrière de Bolstern. La 15^ demi-brigade, qui défendait tous ces débouchés, se retira successivement sur Davidswiler, et ensuite: partie sur Ostrach, partie sur Ickofeu , et partie sur Einhart, pour défendre ces trois points importants.

« Cette demi-brigade se distingua d'une manière éclatante dans sa retraite, qui commença à deux heures du matin , et ne fut terminée qu'à sept. Le ]" régiment de chassems à cheval et le 4" de hussards, faisant partie de la colonne de la 25" demi-brigade, exécutèrent leurs mouvements dans le plus grand ordre, en soutenant l'infanterie légère. Par ce mouvement, la majeure partie de la 25" demi-brigade se trouva au bas de la position et sur le front de la division d'avant-2;arde. Ouatie cr)mpagnies , sous les ordres du chef de bataillon Drouin , furent placées au pont d'Ostrach , et à la tète de ce village. Dix autres compagnies, longeant la rive gauche de l'Ostrach , s'étendirent sur la gauche, pour défendre les approches aux ennemis, et couvriieni les débouchés (|ui de Wangen et d'Einhart conduisent à Meyenbruck.

« Un bataillon de la GT" demi-brigade fut formé

niers. On leur rendit la pareille , et on finit par les détruire. Le gouvernement autrichien ne les fit pas remplacer, ou du moins on n'en revit plus aur armées.

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