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chiens sur la Bi enta , et les séparer des places de Vérone et de Legnago. Le général Moreau donnait ce conseil au général Scherer; mais au lieu de le suivre, celui-ci eut la singulière idée de rappeler le général Moreau, sur la rive droite de l'Adige, pour recommencer par sa droite la même opération, quatre jours après. Cette fois, la leçon fut plus sévère; on y perdit une partie de la division Serrurier, qu'une suite de faux mouvements compromit sur la rive gauche de l'Adige, et qui, entourée par des forces supérieures, finit par être accablée.
Enfin, une troisième tentative, faite le 5 avril, fut encore moins heureuse. Malgré des succès, d'abord remportés au centre par le général Moreau, la droite de l'armée fut tournée, à la fin de la journée , par une manœuvre hal^ile du général Kray. Il y avait tant d'incohérence dans tous les mouvements, que cet échec ne put être réparé ; le désordre vint s'y joindre , et l'armée entière précipita sa retraite, non pas seulement derrière le Mincio , où le général Scherer aurait pu tenir, à l'appui des places de Peschiera et de Mantoue, mais derrière l'Adda.
La journée de Magnano décida du sort de l'Italie. Dix jours avaient suffi pour réduire l'armée à moins de trente mille combattants, pendant que, d'un autre côté, toutes les troupes éparpillées, depuis le Pô j-isqu'î» JNaples, étaient
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iion-seulemenl trop éloignées pour lui amener des renforts en temps utile, mais se trouvaient elles-mêmes, de jour en jour, plus compromises. En même temps, l'armée ennemie avait remplacé toutes ses pertes, et elle acquérait une supériorité de plus en plus grande, par les renforts qu'elle recevait à tout instant ; elle était , en outre , à la veille d'être rejointe par l'armée russe , qui , en effet, arriva sur l'Adige, le 1 5 avril.
L'exaspération de l'armée , dont le courage avait été si mal employé , était au comble , et elle eût produit des actes d'indiscipline et de désobéissance , si le général Scherer fût resté. II le comprit, il partit pour Milan, sous prétexte de diriger les levées extraordinaires qu'on y faisait, et ne revint plus. Il avait remis , avant son départ , le commandement au général iVIoreau.
Lorsque le général Moreau prit le commandement c|ue la confiance et le vœu des troupes lui avaient déféré, l'armée était sur la rive droite de l'àdda, dont elle voulait défendre le passage, pour couvrir Milan et avoir le temps de recevoir les renforts qu'on faisait enfin venir des diverses parties de l'Italie, de la France et de l'armée de Suisse. Mais déjà la plupart des places, où l'on avait laissé inutilement des garnisons , étaient tombées au pouvoir de l'ennemi, ainsi qu'un immense matériel d'artillerie et les équipages de
Arirvée ;irmée russe.
puiit. J.es Russes entraient en ligne avec Je maréchal Souwarow, qui prenait alors le commandement supérieur des armées impériales alliées. La faible armée française devait être écrasée par des forces aussi disproportionnées, et que secondaient encore les dispositions des peuples d'Italie, toujours favorables au parti victorieux , pour changer de domination.
Le iiu.récii.,1 Les exploits de Souwaiow, contre les Turcs et
Souwarow.
en Pologne, avaient retenti dans tous les coins de l'Italie. Quand il y fut, tout en lui parut admirable aux italiens : son maintien, ses regards, qui parfois étaient terribles, l'air inspiré d'un enihousiaste, la rudesse demi-sauvage de ses manières, que son génie, fécond en ressources, sa- \ait vaiier suivant les effets qu'il voulait produire, son austérité, l'originalité et l'àprelé de son éloquence, qui captivaient la multitude. Son approche faisait éclater un tel enthousiasme, qu'il dut souvent en laisser réprimer les transports, ou d'autres fois s'arrêter pour satisfaire l'avide curiosité de la foule. Souvent burlesque et puéril, extravagant dans ses caprices, bravant (outes les convenances, heurtant la raison, il paraissait avoir pris à tâche de cacher, sous des formes aussi bizarres, et où le merveilleux couvrait le ridicule, les talents d'un militaire consommé,;» vues justes et grandes. D'un coup d'œil sur, bardi
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dans ses projets, impétueux dans leur exécution, vaillant et intrépide au delà de toute expression, accoutumé à voir couronner par le succès toutes ses entreprises, à faire plier tous les obstacles devant ses volontés, il possédait, par-dessus tout, le merveilleux talent d'exercer sur son armée un empire sans limites. Adoré de ses soldais , qu'il connaissait à fond, il leur avait inspiré une soumission et une confiance ([uasi -superstitieuses, une sorte de fanatisme ; il les a\ ait rendus insensibles aux rigueurs de la discipline la plus outrée, aux jeûnes', aux privations, aux fatigues et à tous les dangers; et en même temps, il était prêt à les sacrifier, jusqu'au dernier, pour soutenir sa renommée. Il amenait en Italie, pour les faire passer ensuite en Suisse, quarante mille de ces soldats, qui semblaient devoir renverser nos derniers efforts de résistance.
L'armée alliée, en Italie, était ainsi portée à cent dix mille combattants, et le général Moreau n'en avait ([ue vingt-sept à vingt-liuit mille, sur l'Adda. On ne peut pas imputer au général Moreau le cboix de cette ligne de l'Adda, ])uisque le général Scherer avait déjà pris toutes les dispositions , lorsqu'il remit le commandement à son succes-
\ . Souvent, quand il manquait de vivres, il ordonnait un jeûne, en expiation de telle ou telle faute qu'il reprochait à sessoldats,et il n'yen avait pas un seul qui pensât à muiinurer. II. "J
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seur, qui, allacjLié au même inoiiienl, n'eut pas le temps de les changer. Celle ligne était mal choisie. Quelque intérêt qu il put v avoir à couvrir Milan, il eût mieux valu prendre immédiatement le parti de repasser le Pu et d'aller au-devant de la divi- ^>ion qui venait de Toscane , poui- piendre avec elle une bonne position , sur la rive droite du fleuve, et attendre l'armée du général Macdonald, qui commençait l'évacuation de INaples. Il fallait surtout éviter de s'engager contre des forces supérieures, avant d'être joint par cette dernière armée. Dans ce cas, la division du général Dessolles, qu'envoyait le général Masséna, et les détachements qui seraient venus de France, auraient été destinés à défendre les débouchés des Alpes, vers la Suisse et la Savoie , où les défilés et les obstacles de localité donnent l'avantage au premier occupant , et suppléent à son infériorité. La jonction des deux armées eût réuni soixante mille hommes, auxquels le maréchal Souwarow eût eu de la peine à opposer un nombre supérieur , parce que la moitié de son armée eût été nécessairement employée aux sièges et aux blocus de toutes les places situées sur la rive gauche du Pô, depuis Mantoue jusqu'à la citadelle de Turin, ainsi qu'à l'observation des divers débouchés des Alpes, que nous occupions. Le général Lecourbe occupait alors les bailliages italiens.
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La [)Osition prise sur l'Adda ne pouvait s'expliquer que par l'espoir de s'y défendre avec avantage, d'y attirer l'attention et les principales forces des ennemis, de dégager la droite de l'armée, et si ensuite on était forcé à la retraite , de l'opérer plus facilement , en refusant tout à coup l'aile gauche, pour se diriger sur Alexandrie. Mais ce mouvement, qui peut-être eût été bon avant la bataille et avant que l'armée fut entamée , avait un tout autre caractère , en l'exécutant après une affaire mallieureuse et avec une armée battue; car , affaiblie encore par de nouvelles pertes , l'armée devait éprouver alors de plus grandes difficultés pour se relever, et peut-être même, si l'ennemi la poursuivait avec vigueur, ne plus être en état d'opérer sa jonction avec l'armée de Naples.
Le maréchal Souwarow disposait d'une telle , B't'iiie
* de (iissano,
supériorité de forces, qu'il put laisser le général Kray aux sièges de Mantoue et de Peschiera et détacher le comte de Hohenzollern sur la rive droite du Pô , pour menacer Tortone. Avec le gros de son armée, formée sur trois fortes colonnes, il se présenta lui-même, le '25 avril, sur l'Adda. L'attaque générale eut lieu le 27. Le général Kosenberg se porta avec la colonne de droite vers le point oriental du lac de Corne, surprit le passage de l'Adda , à Brivio , et isola du restant de l'armée française la division du général Serrurier , qui