Î2 MR.MOlKliS
devait défendre la gauclie. La colonne du centre, diiigée par le général Chasteler , quartier-maitre général des alliés, obtint le même avantage à Trezzo , où elle établit un pont , avant que son mouvement fût soupçonné ; tandis que le général Mêlas put aussi , avec la colonne de gauche , emporter la tète de pont et le pont même de Cassano. Moreau , voyant sa gauche en péril , détacha la division Grenier pour la secourir. Un combat terrible s'engagea alors autour de Cassano , qui a donné son nom à cette désastreuse journée. Mais la division Grenier, avec une brigade de la division Victor , malgré des prodiges de valeur , ne put lutter contre les corps réunis de Chasteler et de Mêlas. Ainsi tout espoir fut perdu de dégager le général Serrurier , qui, de son côté, faisait une défense désespérée ; mais il fut enfin réduit à capituler avec les débris de sa division.
Perte La retraite des autres divisions se fit cependant
l'pléu'ont. avec assez d'ordre. Le général Moreau fit passer l'aile droite à Lodi et à Plaisance , le centre à Pavie et à Vogherra, et l'aile gauche à Vigevano et à Novare, pour réunir l'armée entre Tortone et Alexandrie. Milan Oit évacué, le 27 avril, Turin et toute la partie du Piémont située à la gauche du Pô, le 7 mai. De fortes garnisons, qui bientôt . devaient succomber , restèient néanmoins dans le château de Milan et dans la citadelle de Turin.
Les Français avaient perdu sur l'Adda le tiers de leur armée , plusieurs généraux et cent pièces de canon ; ils étaient réduits à moins de vingt mille hommes, quand ils prirent, entre Tortone et Alexandrie, leur nouvelle position. En s'v arrêtant, le général Moreau se proposait de retenir Souwarow sur la gauclie du Pô, pour favoriser la retraite du général Macdonald et couvrir Gênes ; mais ses moyens ne lui permettaient plus de défendre cette ligne , quoiqu'elle fût assez resserrée et qu'elle eut deux places , Tortone et Alexandrie , pour ses appuis. Le comte de Jïolienzollern venait de passer la Scrivia ; il s'emparait de Novi, de Gavi, tenait bloquée la garnison du cliàteau de Tortone, et découvrait entièrement la droite des Français, tandis que leur gauche était menacée par une avant-garde russe, qui allait passer le Pô au-dessus de Valence , et que sur leurs derrières , tous les habitants, depuis Cherasco sur le Tanaro jusqu'à Oneille, étaient en pleine insurrection, enlevaient des détachements , interceptaient les communications et les secours que 1 armée attendait de la Provence.
Alors le général Moreau concentra son armée entre le Pô et le Tanaro , appuyée d'un côté à Alexandrie, et de l'autre à Valence; il fit encore occuper par des détachements les villes de Casai el de A crue sur le Pô, et il parut résolu à se dé-
i 3 i MÉMOIRES
fendre jusqu'à la dernière extrémité , afin de favoriser les dispositions que le général Perignon faisait à Gènes, pour mettre cette place à l'abri d'un coupde main. Il obtint même deux avantages qui, dans toute autre situation auraient pu relever les espérances, mais qui, dans celle-ci, n'eurent d'autre résultat que de faire sentir l'impuissance d'en profiter.
Une division russe de sept mille hommes passa le Pô , le 12 mai , au-dessus de Valence. Piise en flanc par les divisions Grenier et Victor , elle fut enfoncée , faite prisonnière en partie ou culbutée dans le Pô. Sur la droite, un corps autrichien avait passé la Scrivia et s'était établie à Torre-di-Garofolo ; le général Moreau voulut le surprendre, et il l'attaqua, le 16 avril , avec sept mille hommes, il remporta un premier succès , mais une division lusse vint rétablir le combat , et la retraite se fit sur Alexandrie dans le meilleur ordre. Ces affaires isolées ne pouvaient pas avoir d'influence sur la marche des événements ; elles ne firent qu'accélérer les mouvements des alliés , pour livrer baetraite iiabiie taille à l'arméc française ou l'obliger à s'éloigner,
général Mo- ^i- •/•! i i //i
au sur Gênes. Cc demicr parti était le seul que le gênerai Moreau pût prendre. Étroitement resserré entre Alexandrie et Valence, il voyait sa gauche menacée par l'armée russe qui envahissait le Piémont, sa droite débordée, et ses communications.
DU MARÉCHAL-GÉNÉRAL SOULT. d35
de jour en jour, plus compromises par les iiisurreclions qui éclataient sur la ligne des Apennins, lue seconde bataille , qu'il n'avait pas l'espoir de gagner, eût exposé les débris de son armée à être enveloppés, avant d'atteindre les frontières de France. Pour prévenir cette dangereuse extrémité, Moreau laissa une forte garnison dans la citadelle d'Alexandrie, et il se mit en marche, le 19 mai , dans la direction de Coni. Mais arrivé a Fossano sur la Stura, il changea brusquement de direction, se rejeta dans l'Apennin, fit enlever, en passant, Mondovi et masquer la petite place de Ceva, dont les habitants s'étaient soulevés, et il parvint enfin, par une marche à la fois des plus pénibles et ôes plus habiles, à traverser la montagne et à arriver, le 6 juin, à Loano dans la rivière de Savone, d'où il gagna Gênes.
A celle époque, tous les passages de l'Italie et du Piémont vers la Suisse , la Savoie et le Dauphiné étaient ouverts aux armées alliées. Les armées françaises de Suisse et d'Italie n'avaient plus entre elles aucune communication. Les ennemis poussaient vivement les sièges des citadelles de Turin , d'Alexandrie et de Tortone, dont les garnisons allaient bientôt être réduites à capituler, comme l'avaient déjà fait celles de Peschiera , de Pizzighitone, du château de Milan et de Ferrare. Une escadre russe et turque , commandée par
iôG MÉMOIRES
l'amifal Putowskin, bombardait la forteresse d' Ancône. Les légations, ainsi que les duchés de Modène et de Parme, étaient envahies, et déjà de l'autre côté des Apennins, des partis ennemis faisaient des incursions jusqu'à Massa Carrara et au golfe de la Spezzia, sur la Méditerranée. A la gauche du Pô, la seule Mantoue tenait encore; les ennemis , qui d'abord en avaient pressé les attaques, se bornaient alors à la bloquer, et ils se hâtaient de réunir leurs forces sur la droite du Pô, pour les opposer à l'armée de Naples, prête à déboucher des Apennins.
Le général 3Iacdonald avait eu de nombreux combats à soutenir contre des soulèvements de la population , qui était vivement excitée , contre des insurrections dans plusieurs provinces, et en dernier lieu contre une entreprise que le cardinal Ruffo, avec les insurgés calabrais, avait dirigée sur Naples, à l'aide d'un corps de troupes anglaises débarquées à Salerne. Lorsqu'il fut rappelé dans la haute Italie au secours de l'armée battue, il dut abandonner le pays et hâter son retour, qui avait été trop différé. Il laissa pourtant une forte garnison au fort Saint-Elme, qui domine Naples, afin d'entretenir la confiance des partisans que les Français avaient dans cette capitale, et de leur donner un gage de la promesse qu'il leur fit de revenir parmi eux , quand les affaires du nord de
l'Italie seraient rétablies. Mais le gage fut perdu, faute d'avoir pu tenir la promesse, et il en fut de même à Capoue , à Gaéte , à Rome , à Civita- Yecchia, à Ancùne et dans plusieurs autres places. Plutôt que d'y laisser des garnisons qui affaiblirent l'armée et qui furent sacrifiées, on eût mieux fait d'évacuer ces places ; si les alliés les eussent occupées : c'eût été au\ dépens de leur propre armée.
Cette faute , dont les conséquences furent graves, était due aux instructions du Directoire, qui partout poursuivait le même système. Il est regrettable toutefois que le général Macdonald, qui était sur les lieux et qui pouvait mieux en juger, n'ait pas cru devoir prendre sur lui de contrevenir à de pareilles instructions. Je fais cette observation avec d'autant plus de liberté, qu'à côté d'elle on doit placer le talent et l'énergie que le général Macdonald déploya dans une retraite bérissée de difficultés, et qu'il fut trompé dans l'assurance que lui avait donnée le général Moreau de seconder le mouvement de l'armée de Naples, en manœuvrant avec l'armée d'Italie dans sa direction.
On ne peut qu'admirer le mouvement que fit le Mm.iie
, lialiiledii général
général Macdonald pour évacuer le royaume de Macdonald. ISaples, traverser les Etats de l'Eglise, et se présenter par la Toscane aux déboucbés des Apennins. 11 faut donner les mêmes éloges à la célérité,
i 38 MÉMOIRES
à la parfaite combinaison de ses marches , au bon ordre (|ue ses troupes observèrent et à la confiance qu'il sut leur inspirer , même en les faisant renoncer à leurs bagages , auxquels l'habitude et l'intérêt les attachaient. Les ennemis en furent vivement alarmés , et leurs craintes se seraient probablement réalisées, si les généraux Macdonald et Moreau avaient mieux concerté leurs dispositions, ou si, pour être plus exact, ce dernier avait montré plus d'empressement à favoiiser de tous ses moyens les opérations de son collègue, au lieu de rester, de son côté , à peu près inactif.
Les garnisons qui furent laissées dans le royaume de Naples et dans les États romains avaient réduit l'armée du général Macdonald à moins de vingt mille hommes ; elle fut lenforcée en Toscane par la division du généial Gauthier, qui gardait les passages des Apennins, et par celle du général Montrichard , placée en observation pour défendre Bologne ; elle reçut ensuite de l'armée du général Moreau la faible division du général Victor. Tout cela réuni donnait au général Macdonald trente mille combattants et une belle artillerie. Arrivé à Florence, le 24 mai, son premier soin fut de rétablir les communications avec Gênes; il assura la défense de Livourne , porta des avant-gardes dans la direction de Modène et de Reggio , fit reprendre Pontremoli, établit le gros de ses troupes dans
DU iMARÉCHAL-GÉlNÉRAL SOULT. 139
un camp retranché près de Pistoie, et fut avec la réserve attendre, à Lucques, que le général Moreau se rapprochât , pour concerter de nouvelles opélations.
Par ces dispositions, le général Macdonald s'était préparé à agir ofïensivement. Il proposa au général Moreau de réunir les deux armées an débouché de Bobbio, d attacpier conjointement les corps séparés des ennemis sur la droite du Pô, et si , comme il l'espérait , la fortune favorisait leur entreprise, de passer le fleuve, pour aller débloquer Mantoue, couper la ligne d'opérations de l'armée deSouwarovv, et lui enlever une partie tle ses détachements, avant (pi'il eût le temps de les rallier sur le haut Mincio ou sur l'Âdige.
Le succès de ce plan dépendait de l'accord des inartii.n deux généraux , et surtout de la célérité de leurs Mo.eau. mouvemenis. Le général Alacdonald consentit à des modifications, pour obtenir la déteimination du général Moreau; mais il ne parvint pourtant pas à vaincre son hésitation , et quoique Moreau eût fini par promettre son concours au plan convenu , il ne le donna cependant pas au dernier moment , et il se borna à détacher à l'armée de Naples la faible division du général \ ictor. Après le dépari de cette division, il se trouvait encore à la tête de vingt-cinq mille hommes , grâce aux renforts qu'il avait reçus de Fiance, et aux déta-
1 iO MEMOIRES
cliements de son armée qu'il avait réunis, et il pouvait, sans aucun danger, les joindre aux trente mille hommes du général iMacdonald , soit au débouché de Bobbio , soit dans la vallée duTaro, par Pontremoli, Mais la crainte d'être seul responsable d'une manœuvre aussi hardie , et un excès de prudence hors de saison , tinrent le général Moreau longtemps indécis, et finirent par lui taire manquer l'occasion d'assm^erle succès d'une combinaison qu'il avait lui-même encouragée. Il se renferma dans une timide défensive entre Gênes et les sources de la Scrivia, tandis que, persistant dans ses premiers desseins, le général Macdonald s'élançait avec audace au milieu des ennemis.
Le général Macdonald dut avoir conservé jusqu'au dernier moment l'espoir d'être soutenu par l'armée d'Italie, ou du moins de lui voir faire une puissante diversion, pour retenir devant elle, sur la Scrivia, le gros de l'armée ennemie. On ne pourrait pas s'expliquer autrement la témérité avec laquelle il se serait engagé , au milieu de l'armée ennemie, avec des forces tellement m férieures, et aurait été la chercher, pour lui livrer bataille; car il n'avait certainement pas l'espoir de passer au travers d'elle, pour aller se présenter devant l'armée du général Moreau, au j)ied des Apennins, et la tirer de son inactioii. 11 était beaucoup plus simple de faire sa jonction aNcc cette armée , sans
DU MARÉCHAL- GÉÎSEKAL SOI LT. lil
avoir besoin de combattre, parla route de Sarzaïie et de la Spezzia; d'ailleurs le général Macdonald devait être instruit que Souvvarow se hâtait de réparer la faute qu'il avait commise ,, après la bataille de Cassano, de disséminer ses troupes.
En effet, le maréchal Souwarow avait alors répandu son armée sur toute la surface de l'Italie, pour attaquer à la fois les diverses places oîi étaient restées nos garnisons, envahir tout le pays, depuis l'Adriatique jusqu'aux Alpes françaises, et j)ousser même des avanl-i;ardes jusque dans les passages qui conduisent en France. C'était le moment qu'il fallait choisir pour réunir les cinquantecinq mille honnnes des deux armées françaises sur la rive droite du Pô, où elles n'eussent trouvé que des divisions éparses et hors d'état de leur résister. Ce moment, mis à profit, pouvait réparer les malheurs de la campagne, nous faire reprendre l'avantage sur les ennemis et changer le sort de l'Italie : c'est ce ([ue fit le général Masséna, en Suisse, au mois de septembre sui\ant. Mais un jour de retard , le moindre désaccord dans les opérations combuîées des deux armées françaises , laissait échapper celte unique occasion, et devait nous attirer de nouveaux désastres, en donnant le temps à Souwarow de réparer , par une prodigieuse activité, l'imprudence qu'il avait commise. Tous les corps de l'armée alliée étaient alors en mouvement ,
et allaient à marches forcées, pour se présenter sur
la Trebl)ia avec une supériorité imposante.
A la ^ue de ces préparatifs, le général Macdonald fit accélérer son mouvement ; déjà sa droite était dégagée j et la division détachée à Bologne avait livré deux combats avantageux au corps autrichien du général Klénau, qui fut forcé d'abandonnei- le blocus d'Urbin et de se replier sur Ferrare. Le 8 juin , le restant de l'armée passa, sur trois colonnes, les Apennins. Une division, partie de Florence, se réunit à celle qui était à Bologne, pour former l'aile droite. Le centre, également composé de deux divisions , se dirigea sur Modène, et l'aile gauche marcha, de Fivizzano , sur Reggio. Le 11, les Français engagèrent une affaire de cavalerie, qui fut suivie, le lendemain , d'une action très-vive contre le corps du comie de Hohenzollern, chargé de défendre Modène. 11 y eut plusieurs mêlées, dans l'une desquelles le général Macdonald fut blessé. La ville fut pourtant prise, et les ennemis , qui avaient beaucoup souffert , furent forcés de s'éloigner. Macdonald envova ime division à leur poursuite , et il la chargea de répandre le bruit qu'il allait passer le Pô, pour débloquer Mantoue; tandis que, rassemblant le gros de ses troupes près de Reggio , il traversa cette ville , se poita sur Parme, et entia, le 5, à Plaisance, où il fit aussitôt commencer Tattaque de la citadelle.
Jusque-là , tout avait réussi : le débouché de Ijobbio se trouvait dégagé , et le général Macdonald devait croire que le général Moreau ne tarderait pas à le joindre , comme il l'avait promis. Mais le général Moreau ne bougea pas, et ce ne fut que deux jr)urs après, quand tout était fini sur la Trebbia, qu'il fit avec deux divisions un tardif mouvement dans la plaine, entre Alexandrie et Tortone. Le général Groucbv v remporta un brillant avantage sur le général autrichien Bellegarde; mais cet avantage partiel ne servit a rien. Le général Macdonald comptait sur une autre coopération de la part de l'armée d'Italie ; il s'attendait à la voir à tout instant déboucher de Bobbio, et ce fut dans cette confiance qu'il s'engagea sur la basse Trebbia.
Toutefois , je ne puis me dispenser de placer encore ici la lemarque, qu il v avait là trop d'imprudence. La première condition du plan d'attaque élaitlaréunion des deux armées ; tant cpi'elle n'était pas effectivement remplie, le général Macdonald ne devait pas prendre sur lui d'engager l'affaire, à lui seul, et, puisqu'il ne voyait pas arriver l'armée d'Italie , il eût mieux fait d'aller se présenter luimême au débouché de Bobbio ; il n'est pas douteux qu'il n'eût ainsi forcé le général Moreau à sortir de son inaction. Mais le général Macdonald fut emporté par trop d'ardeur ; il calculait combien
m MÉMOIRES
le leiiips était précieux, et ([ue le succès de l'alla- (pie dépendait de sa célérité; il croyait peut-être trouver l'armée alliée non encore concentrée. Toutes ces raisons étaient entraînantes sans doute, mais elles n'am^aient pas du l'emporter sur la considération fondamentale : que la réunion des deux armées était la première condition à remplir.
Quoi qu'il en soit , le général Macdonald , dont le parti était pris, ras.sembla son armée, le 17 juin, en avant de Plaisance, et fit passer la Trehbia à la division du «:;énéral Salm , pour aller reconnailie les ennemis. Ce général rencontra le corps autrichien du général Ott, qui était de sept à huit mille hommes, et le poursuivit jusque près de Castel San-Giovani , où ce corps se rallia à l'avant-garde du général Mêlas, qui arrivait à son secours et qui était suivi de l'armée entière de Souwarow. Le combat s engagea de nouveau; bientôt le général Salm fut grièvement blessé. Sa division, accablée par le nombre et menacée d être enveloppée, dut se retirer, et elle eût infailliblement péri, en son entier, si le général Macdonald ne s'était préparé à la protéger, et ne 1 eût fait écouler par les intervalles de sa ligne. Mais déjà Souwarow était devant lui avec ses Russes , et il les précipitait en foule dans la Trebbia , poui' en forcer le passage. Les Français tim-enl ferme à leur position , sur la rive opposée, et ils reçurent les ennemis, pres((ue à l)out
portant, avec un feu terrible. Repoussés dans leurs attaques réitérées et ayant perdu beaucoup de monde, les Russes s'éloignèrent enlîn.
De part et d autre, on se prépara à livrer bataille, le lendemain. Elle commença par des attaques simultanées des deux côtés , et elle dura , avec une fureiu' sans égale , toute la journée et même une partie de la nuit. Enfin la gauche de l'armée française, sur laquelle Souwarow avait porté son principal effort , se trouva débordée, et toute l'armée se retira de nouveau sur la rive droite de la Trebbia.
Ces deux essais auraient dû faire sentir au général Macdonald, que désormais ses efforts seraient inutiles, et qu'il ne parviendrait pas à s'ouvrir un passage à travers l'armée ennemie. I.a force de cette armée élait le double de ce qui restait à l'armée française, et elle augmentait encore incessamment par les renforts qu'elle recevait. .Néanmoins, le général Macdonald ne voulait pas encore croire que le général Moreau l'eût entièrement abandonné ; il s'attendait à le voir, attiré par le furieux combat qui se livrait depuis deux jours, déboucher, le lendemain , par Robbio, et descendre la vallée de la Trebbia , ou bien à apprendre qu'il avait marché par la Bocchelta, surTortone et sur Voghera, sur les derrières de l'armée alliée , et qu'il y était aux prises avec l'ennemi D'après ce raisonne-
ir. lu