DU CHAPITRE XIII
NOTE
L'organisation que reçut à cette époque la lovée en masse des habi ants de la rive droite du Rhin, était parfaitement entendue. Le peuple, soulevé jjar des proclamations (jui lui rej)résentaient les Français comme se livrant à tous les excès, enlevant les lessources du pays el exigeant des contributions, courut aux amies avec enlliousiasme. Le nombie fut si grand , que le baron d'Albini dut en renvoyer une partie, mais il g.irda vingt mille hommes des plus dispos, auxquels il donna une formation régulière, et il choisit parmi eux des corps d'élite, grenadiers, chasseurs, hussards, même des artilleui's. Tous ces corpj reçurent des anciens officiers et fies soldats qui avaient servi dans la ligne , à raison d'un homme surdix, pour les instruire et pour former leurs cadies.
182 ^lÉMOIRES DU MARÉCHAL-GÉNÉRAL SOULÏ,
Les paysans renvoyés furent divisés en deux classes; tous les huit jours ils devaient se rassembler dans leurs communes, et se tenir prêts à partir, soit pour aller tour à tour remplacer la première classe , soit pour marcher à son secours s'il le fallait; en temps ordinaire, ils veillaient à la sûreté de la commune. Rien de plys simple que cette organisation , qui réunissait les avantages de la régularité , de la promptitude et de l'économie, qui entretenait la sécurité et utilisait l'ardeur belliqueuse d'une nombreuse population , sans avoir aucun des inconvénients qu'on rencontre dans l'emploi des masses irrégulières et levées à la hâte. Les vingt mille hommes de la première classe, qui étaient en ligne, étaient seuls payés ; les deux autres classes , ou bans de réserve, ne recevaient pas de solde, tant qu'elles n'étaient pas appelées à l'activité.
Cet exemple, dont l'application pourrait convenir à tous les pays populeux qui ont à craindre une invasion ennemie, surtout s'il existait dans ce pays des éléments de formation de garde nationale et d anciens militaires retirés du service, m'a paru assez remarquable pour être signalé. C'est une même landsturm , ou levée en niasse , qui fut si incommode à l'armée du général Jourdan , lorsque , en 1 796, elle se retiia sur le Rhin , après la perte de la bataille de ^Yurtzbourg.
CHAPITRt; XIV