‹ Mémoires du Maréchal-Général Soult, duc de Dalmatie (volume 2)Chapitre 20 sur 39 · CHAPITRE XrV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XrV

Situîitioii des iirmt'Ps en

Le plan général de la guerre qui se poursuivait avec un é*^al acliarnement, depuis Naples jusqu'au Suisse Texel , avait fait de la Suisse le pivot des grandes opérations d'alta(|ue et de défense générales, que les parties belligérantes suivaient depuis l'ouverture de la canq^agne. Les armées en Suisse éprouvaient l'uifluctice immédiate des succès ou des revers des autres armées, et elles étaient souvent obligées de changer leurs dispositions, pour suivre l'impulsion des armées voisines. C'est ainsi que le général Masséna fut obligé d'abandonner les avnnta^es qu'il avait obtenus dans les Grisons et dans l'Engadin, lorsque sa gauche fut découverte par les défaites du général .lourdan à Ostrach et à Liebtingen , et sa droite, par celles du général Schérer, cpi'il fut même forcé de secourir, en lui envoyant une de ses divisions. C'est encore ainsi, qu'après les batailles qui se

livrèrent en avant de Zurich , 1 archiduc Charles dut suspendre sa marche pour renforcer, de toute son aile gauche, le maréchal Souwarow, et que, près de remporter le prix de ses combinaisons, il vit son armée tout à coup privée de sa supériorité, et mise en équilibre avec celle du général Masséna. 11 devait en résulter, sinon l'interruption des hostilités, du moins leur ralentissement, et une sorte de balancement qui en modérait l'activité. Les deux armées comptaient chacune environ soixante mille hommes , et elles s'occupaient , l'une et l'autre , à s'affermir dans les excellentes positions où elles s'étaient arrêtées après la bataille du Zurich-Berg. Aucune ne pouvait prendre une supériorité marquée sur l'armée opposée, ni se permettre de grands mouvenients, sans se découvrir elle-même et s'exposer. Le danger, égal de part et d'autre, contribua assez longtemps à maintenir l'équilibre et à empêcher des entreprises d'un effet décisif. Il y eut bien , pendant cette période, de fréquents engagements, tantôt au centre, entre les avant-gardes, tantôt sur les ailes, pour se déborder réciproquement ou s'enlever des appuis; mais toutes ces affaires, de postes ou de divisions, étaient plutôt des essais, pour provoquer des fautes chez son adversaire et les mettre à profit, que le développement d'un plan général, pour changer de situation. On s'ob-

DU MARÉCHAL -GÉÎiÉR AL SOULT. 187

sei'N a des deux côtés en temporisant ; on éleva des retranchements, on reçut des renforts, et, en attendant que ((uelque occasion se présentât d'ébranler les masses, on fit des préparatifs.

Nous avons laissé, le 7 juin, l'aile droite de l'armée française, formée de deux divisions, aux ordres du général f.ecourbe, et s'étendant, depuis le lac des Quatre-dantons, en arrière de celui de Lauer et en avant de celui de Zug , jusqu'à la rive gauche de la Sihl, vers Menzigen. Elle avait, devant elle, le corps du général Hotze, commandé provisoirement par le général Jellachich. Le centre, composé de quatre divisions, dont celle que je commandais formait l'avantgarde , s'étendait depuis le pont de Sihlhruch , par la chaîne de l'Alhis et Albis-Rieden , jusqu à la Limmatb, et suivait cette rivière jusqu'à l'Aar. En face étaient les principales forces de l'archiduc, avec une forte avant-garde en avant de Zurich , et occupant aussi Alstetlen. Des corps d'observation gardaient 1 Aar et le Rhin, jusqu'à Rheinfelden , et se liaient à l'aile gauche qui occupait le camp retranché du petit Basle, et en avant, la position de Larrach. Enfin , un corps détaché, sous les ordres du général Turreau, gardait le \ alais.

Aussi resserrée que les localités pouvaient le permettre, la position de l'armée française réunissait les avantages de traverser tous les versants ,

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