‹ Mémoires du Maréchal-Général Soult, duc de Dalmatie (volume 2)Chapitre 32 sur 39 · II · texte numérisé non relu

II

Le général en chef Masséna au général Soult. Zurich , 9 brumaire an viii.

Le Directoire exe'cutif a présenté à l'armée du Danube, par sa lettre du 2*2 vendémiaire dernier, le tribut de la reconnaissance publique et de sa satisfaction particulière pour ses glorioux travaux. L'attention du Directoire a voulu s'étendre aussi sur tous ceux qui y ont le plus vaillamment contribué. Déjà je me suis empressé, citoyen général, de faire connaître la part active que vous avez eue dans ces mémorables événements. Je vous ai présenté exécutant, avec une précision admirable, un passage de rivière hasardeux et difficile, tombant sur l'ennemi avec impétuosité, le culbutant sur tous les points, et remportant sur votre ligne une victoire complète et décisive. J'ajoute aujourd'hui que le gouvernement a apprécié vos services ; je me félicite de devoir être son interprète auprès de vous.

Masséna.

Zurich , 8 frimaire an viii.

En quittant le commandement de l'armée du Danube pour prendre celui de l'armée d'Italie, auquel m'appelle un arrêté du gouvernement, je me sépare avec regret des braves avec qui j'ai fait une campagne

DU aURÉCHAL- GÉNÉRAL SOULT. 339

si heureuse pour notre pays, et des généraux dont l'intrépidité et les talents m'ont si bien secondé. Vous devez croire, mon cher géncîral, que vous êtes un de ceux qui me font éprouver le plus vivement ce regret. Si quelque chose peut l'adoucir, c'est l'espérance de vous rapprocher de moi, et j'y vais travailler avec empressement. Entre militaires , les points de rapprochement doivent être la franchise et l'attachement , et vous me connaissez assez, mon cher général, pour compter sur l'une et l'autre, de ma part. J'y compte aussi de la vôtre.

Masséna.

Paris, 19 frimaire an v/ii.

En quittant le commandement de l'armée du Danube , mon cher général , je me suis bien promis de rapprocher de moi les généraux dont l'affection pour moi ne s'est pas démentie, et à qui je devais la confiance de l'estime et de l'attachement. Ce vœu se réalise; vous recevrez incessamment votre ordre pour vous rendre à l'armée d'Italie; c'est une affaire terminée avec le ministre.

Je vous engage , mon cher Soult , à faire vos dispositions de départ ; moi-même je me rendrai bientôt à mon nouveau poste.

Il me tarde de vous assurer de nouveau de toute mon amitié et de vous embi'asser.

Masséna.

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