‹ Mémoires du maréchal-général SoultChapitre 11 sur 32 · ME3I0IRES · texte numérisé non relu

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résistance fut \i\e et longue. Nul doute que si le général Moreau eut prévu cette ténacité et la force des Autrichiens, il eût différé, au moins de quelques heures , rengagement , pour le commencer avec plus d'avantage ; il persista néanmoins, soit que ses troupes lui inspirassent confiance , soit qu'il craignît de donner à son adversaire le temps d'augmenter ses moyens. Seulement , il fît venir de Taile droite une brigade de la division Lorge , et il envoya Tordre au général Saint-Cyr de se diriger sur Engen , en flanquant la gauche de la ré serve et en pressant sa marche. Après ces courtes dispositions, il aborda les ennemis.

Le général Delmas fui porté , avec sa division , sur Wetterdingen , d'où il repoussa une avantgarde aulrîchienne, et il la poursuivit jusqu'au bols de Welsch-Engen. Ici , huit bataillons de grenadiers hongrois , accourus au secours de leur avant -garde, obligèrent la brigade du général Lorge, et une partie de la division I-eclerc, commandée par le général Grandjean, à entrer en ligne. Attaqués à la baïonnette, les ennemis furent forcés et menés battant jusqu'au pied du pic de Hohen-Hoven , où le maréchal Kray avait établi sa ligne de bataille. Il fallut s'arrêter devant

elle.

Pendant que cela se passait à la droite, le gé-

néral Richepanse s'élevait à gauche, par Welter-

dingen et Leyferdingen , pour se mettre à portée de communiquer avec le général Saint-Cyr, aussitôt qu'il paraîtrait, et en Tatlendant, pour tourner le pic de Hohen-Hoven. Mais devinant ce projet, les ennemis se portèrent en force contre le général Ricliepanse ; ils débordèrent sa gauche et cherchèrent a Tenvelopper. De ce côté, le combat n'avançait pas ; nos troupes, à tout instant menacées d'être rejetées sur les divisions de droite, avaient la plus grande peine à se maintenir ; ce ne fut qu'à quatre heures du soir, qu'elles reprirent l'avantage, lorsque la tête de colonne du corps du

centre s'annonça.

Le général Saint-Cyr, retardé par une marche de six lieues , venait à l'instant de se débarralsser d'une arrière-garde autricliienne, commandée par l'archiduc Ferdinand, qui, pour lui faire perdre du temps , avait soutenu deux engagements à Sainte-Ottilia et au défilé de Zollhaus. A son approche, tout changea de face; l'action, jusqu'alors douteuse , se rétablit , et le général Richepanse se prépara à emporter sur le Hohen-Hoven la dernière position des ennemis,

11 était six heures du soir, et le maréchal Kray ne croyait pas encore qu'il eût perdu la bataille. Décidé à tenter un dernier effort , pour s'assurer le prix delà journée, il entreprit de couper la ligne française au village de Welsch-Engen , dont il

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s'empara d'abord. Mais il ne put s'y maintenir ; et après l'avoir repoussé, le général Moreau essaya à son tour d'emporter, à Echingen , le point d'appui de la gauche ennemie , d'où il aurait pris à revers leur position principale. Cinq bataillons des 1 0' et 67' de ligne s'y précipitent, sous le feu de la mitraille ; ils emportent le village ; le maréchal Kray le fait reprendre par huit bataillons de grenadiers, soutenus par une batterie de douze pièces d'artillerie et par un grand mouvement de cavalerie. Le général Moreau voit le danger de ses troupes dispersées ; il accourt , les rallie , rétablit le combat, et parvient, à la tête de quatre compagnies de la 53', à remettre un pied dans Echingen , sans pouvoir y faire entrer le second. Cependant la gauche faisait des progrès décisifs : le général Richepanse , renforcé par l'avant-garde du général Saint-Cyr , gravissait le Hohen-Hoven , où il allait entamer la droite des Autrichiens, tandis que le général Delmas se portait sur leur centre. C'était la dernière position du maréchal Kray ; aussi la défendit-il à outrance, jusqu'à dix heures du soir, sans doute pour assurer sa retraite ; car il n'avait plus d'autre espoir , après avoir si longtemps balancé la victoire. Pendant la nuit , il se dirigea sur Moéskirch, où le prince de Vaudemont avait rallié , ainsi qu'à Pfullendoif , les troupes retirées de Stockach.

Des deux côtés , on fit des pertes considérables ètï hommes tués ou blessés ; il n'en pouvait être autrement. Mais les Autrichiens laissèrent en outre du canon , des drapeaux et sept mille prisonniers entre les mains des Français.

Plusieurs motifs, qu'il suflfitd'énumérer, obligèrent le maréchal Krav à s'arrêter devant Moéskirch : l'évacuation des magasins que cette ville renfermait, et qui étaient devenus plus précieux par la perte de ceux abandonnés à Stockach ; le ralliement de l'aile droite de l'armée, sous les ordres du général Sztarray , dont la marche n'était pas terminée ; la crefinte de compromettre les communications avec le Tyrol; la nécessité de modérer l'ardeur des Français , pour gagner le temps d'opérer son mouvement sur Sigmaringen, ou le maréchal se proposait de passer le Danube ; enfin sa confiance dans la forte position de Moèskirch. Couverte par les ravins profonds que forment les affluents delà rivière d'Ablach , cette position domine toutes les approches et découvre , à la portée du canon , la route de Grombach qui vient la traverser, après avoir passé entre deux bois très-fourrés. Résolu d'accepter une seconde bataille, le maréchal Kray réunit sur ce point son armée.

Le général Moreau ne pouvait pas laisser son ennemi se rallier aussi près de lui ^ et il voulait

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recueillir les fruits de la \ictoire d'Engen ; ainsi , quoique ses troupes fussent à peine remises de la bataille de la veille, il reprit le mouvement, dès le lendemain. L'aile droite était plus avancée et moins fatiguée que les autres corps ; elle reçut ordre de marcher sur Moêskirch, La droite suivait cette direction en s'échelonnant, le général Saint- Cyr se portait par Liebtingen sur le Danube, et le général Sainte-Suzanne , arrivé à Geisingen , devait se tenir à hauteur du centre, en descendant la rive gauche. La destination de ces deux derniers corps indique assez que le général Moreati prenait son appui au Danube , et qu'il voulait se ménager l'avantage de suivre , de Tune a l'autre rive , les mouvements des ennemis , ainsi que de maîtriser les positions perpendiculaires au fleuve. Enfin, il disposait d'une plus grande étendue de pays, pour satisfaire aux besoins de son armée. Cependant il continuait à engager sa droite , pour couper les communications de Farmée autrichienne avec le Tyrol.

taille L'attaque de Moëskirch fut dirigée suivant ce

plan , de manière à forcer le centre de la position et à déborder la gauche des ennemis. Le premier de ces deux objets était difficile à remplir ; vingtcinq pièces de canon battaient le débouché de Grombach, que la division du général Montrichard devait suivre , pour se déployer à la lisière d

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bois. Elle y parvint, malgré le feu de la formidable batterie. Aussitôt formée, cette division marcha aux ennemis , chargea leur première ligne et la renversa sur Moêskirch. Ce succès obtenu , elle attendit Tefiet du mouvement de droite. Le général Molitor avait été porté avec une brigade de la division Vandamme dans la direction de Pfullendorf ; l'autre brigade était plusàdroite, pour intercepter les routes qui y aboutissent et, pour tourner la gauche des Autrichiens. A Klosterwald , ce double but était atteint; une conversion rapide ramena le général Molitor devant Moêskirch , au soutien de Tattaque que le général Montrichard allait recommencer. Cette attaque , faite de coïW cert et conduite avec audace, réussit compléteinent. La ville fut emportée , et les ennemis , forcés à se replier , y abandonnèrent encore leurs magasins. Quoique les Autrichiens sentissent vivement cette perte , ils n'en furent point ébranlé^. Le maréchal Kray recueillit sa gauche, changea de front, en combattant et prit , parallèlement au cours du Danube, une nouvelle ligne, d*oii il battait d'écbarpe les Français , sur le débouché de la route de Grombach. Faisant un grand effort par sa droite , il reprit d'abord , sur la division du général Lorge , le village de Heudorf , dont cette division s'était emparée au commencement de la

journée ; mais il fut enfin arrêté par les trois divi- III. 12

sioDS de la réserve , Delmas, Bastoul et Bicliepansey qui entrèrent successivement en ligne. L'arrivée de la dernière acheva de déterminer la retraite du maréchal Kray , malgré tous ses efforts et les attaques les plus vives qu'il ne cessa de renouveler jusqu'à la nuit, pour enfoncer la gauche des Français. Il avait donné l'exemple de la valeur, en chargeant plusieurs fois lui-même à la télé de ses troupes. Il parvint seulement à garder, pendant la nuit, sa position pour communiquer avec le corps de l'archiduc Ferdinand, qui, pendant la bataille, était poursuivi par le général Saint-Cyr du côlé de Liebtingen. Après avoir rallié ce corps, le maréchal prit, à la pointe du jour, la route de Sigmaringen , et y passa le Danube.

Sigmaringen est au centre d'une presqu'île formée par le cours du Danube , et dont les angles saillants servaient d'appui aux Autrichiens. Le général Saint-Cyr arrivait au moment où les ennemis commençaient à passer ; il avait gagné les bords du fleuve à ïutllingen , et il avait jugé le mouvement, à la direction qu'il avait vu prendre au corps du prince Ferdinand. 11 pressait l' arrièregarde du prince, et il lui avait déjà fait quinze cents prisonniers. Espérant augmenter ce nombre , ou du moins porter le désordre parmi les ennemis entassés dans un espace aussi étroit, il fit ouvrir le feu de son artillerie ; mais une batterie trois ou

quatre fois plus forte et placée sur les hauteurs dominantes de la rive gauche , lui imposa silence et l'obligea même à se mettre à couvert pour rester spectateur du passage. Trop éloigné des corps de droite pour être soutenu , le général Saint-Cyr ne pouvait entreprendre davantage, ni espérer que le général Sainte-Suzanne pût venir à lui. Ce dernier général, dont la position sur la rive gauche du Danube était plus que jamais nécessaire, pour observer la marche de toule l'armée autrichienne , ne devait avancer qu'avec une grande prudence, pour éviter d'êlre compromis.

A la vérité, les ennemis ne songeaient pas à l'attaquer ; ils étaient battus ; mais ils n'étaient pas découragés, malgré la perte d'une seconde bataille si vivement disputée, et où ils avaient laissé leurs approvisionnements , sept à huit mille hommes morts, blessés ou prisonniers, ^et cinq pièces de canon. Ils précipitaient leur marche pour repasser le Danube au-dessous de Riedlingen et prendre position sur les deux rives de la Riss , en couvrant Biberach , qui renfermait également de grands magasins de subsistances. Une troisième bataille allait donc se livrer. La persévérance du maréchal Kray , la précision de ses manœuvres , sa vaillance dans les combats , la célérité de ses marches, tout ce qu'il fit enfin pour réparer l'erreur dans laquelle il était tombé , au début de la cam-

pagne ^ est digne des plus grands éloges , et si la fortune lui fut contraire, il n'en eut pas moins riionneur d'avoir fait tout ce qu'il devait, pour se la rendre favorable.

Aussi actif que son adversaire, et plus heureux, le général Moreau profita de ses avantages, en continuant à s'étendre en Souabe , autant pour gagner du pays, que pour se mettre en mesure de combattre l'armée ennemie, si elle revenait sur la rive droite du Danube. Cependant, il pouvait également supposer que le maréchal Kray conduirait son armée, par la rive gauche, à Ulm, pour s'appuyer de celte place , et prendre position sur l'Iller. En marchant sur Moéskirch, le général Moreau avait détaché une brigade de la division Vandamme , pour observer les débouchés du Tyrol ; cette brigade se dirigea, de Salsmansweiler, sur Ravensboyrg et Wangen; elle occupa Lindau, sur le lac de Constance, et ensuite Brégenls, où elle prit la flottille des ennemis et d'immenses magasins de fourrages. Mais cette expédition n'avait pas tant pour but de recueillir ces avantages; Tobjet principal était d'éclairer la droite de l'armée, qu'un mouvement rapide allait mettre, de nouveau, en présence des ennemis.

La marche fut donc très-prompte. Le troisième jour, le 8 mai , le général Lecourbe fit prendre position à l'aile droite sur la rivière d'Eschach,

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entre Lentkirch et Wuzzach. Le général Saint-Cyr arrivait à Buchau. I^s trois divisions de la ré* serve se tenaient entre ces deux directions , et le général Sainte-Suzanne descendait toujours la rive gauche du Danube. Le 9, le mouvement continua, excepté à l'aile droite. Depuis la veille, Tarmée autrichienne avait terminé le sien; elle se trouvait en position, la droite sur le plateau de Mettemberg, la gauche à Mendorf et le centre, qui formait avant-garde, en avant de Biberach, où il gardait , par des postes établis à Oberndorf , la route de Buchau, et, par d'autres postes détachés à Ingoldingen, celle de Pfullendorf. Les premiers se replièrent, à l'approche du général Saint-Cyr, qui, se présentant aussitôt sur la ligne ennemie, jugea qu'elle n'était pas de force à résister à une vive attaque. Il marcha immédiatement à l'ennemi ; les Autrichiens furent rompus, et précipités dans le ravin en arrière; ils auraient tous été pris, si le maréchal Kray ne fût promptement arrivé à leur secours.

On était entré dans Biberach , pêle-mêle avec combat les fuyards, et le général Richepanse rejoignait en ce moment le général Saint-Cyr; ils voulurent tenter ensemble un coup d'audace. Le lit de la Riss est très-encaissé , et les bords en sont , dans plusieurs endroits, marécageux. Les ennemis n 'avaient pas eu le temps de détruire le pont de Biberach ;

mais ce pont recevait les feux plongeants d'une nombreuse artillerie , et il présentait les inconvénients d'un passage de défilé. La cavalerie du général Richepanse ne le franchit pas moins au galop, sous une grêle de mitraille, pendant qu'une autre partie traversait la Riss , au-dessus de Biberach , et cette cavalerie vint se former sur le plateau de Mettemberg, à l'extrême droite des ennemis. L'infanterie du général Saint-Gyr et la division Delmas passaient aussi la Riss à gué , et gravissaient les hauteurs, la première débouchant siu* Berghausen, et la seconde sur Umendorf, pour attaquer la gauche des iVulrichiens. Ceux-ci, surpris de voir déboucher ces trois colonnes avec tant de résolution, se persuadent que toute l'armée française vient à eux; ils hésitent, s'ébranlent, et quittent leur position. Leur nombreuse cavalerie couvre leur retraite ; ils traversent Ochsenhausen, passent l'Iller, et détruisent tous les ponts , pour se mettre à l'abri de nouvelles poursuites. Us perdirent, outre leurs magasins, quatre mille hommes^ Jont deux mille prisonniers.

.>rahat L'aile droite n'avait pas pris part à cette affaire.

araroingen.

Le lendemain, 10 mai, le général Lecourbe la mit en marche pour se porter sur Memmingen. La division Montrichard tenait la tête de colonne ; elle surmonta une résistance opiniâtre et les diffi"» cultes du passage, gagna la rive droite^ se forma ,

et soutenue par la division Lorger, elle combattit tout le jour contre une partie de Tarmée autri-^ chienne, qui avait pris position sur un plateau élevé^ entre Flller et Memmingen. Les Autrichiens s'y défendirent encore très -vivement; mais, à la ùuit , ils furent forcés de céder le champ de ba* uille ; ils laissèrent, en s' éloignant, une arrière** garde à Memmingen. Le lendemain, un second combat ouvrit cette ville aux Français, qui y firent encore dix -huit cents prisonniers, Croates ou Bavarois.

Cette action vigoureuse termina la première L'armw

aatricliienuf

partie de la campagne de l'armée du Rhin, en Al- retire à ui lemagne. Le maréchal Kray se hâta de concentrer son armée sous la protection d'Ulm, où un excel^ lent camp retranché lui donnait une double tête de pont sur les deux rives du Danube. L'armée autrichienne ne pouvait pas se détacher de ce boulevard , son meilleur appui , sans se priver d'un amas prodigieux de vivres^ de munitions et de ressources de toute sorte, qu'on y avait réunis. Chaque pas de plus qu'elle eût fait en arrière, eût ajouté à ses pertes et entraîné à sa suite , vers les provinces héréditaires de l'Autriche, l'armée française victorieuse. Le maréchal Kray avait ainsi toute espèce de raisons pour s'arrêter à Ulm , où il trouvait une position si éminemment défensive, i^t où il pouvait, pendant longtemps, ralentir les

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mouvements de son adversaire, déjouer ses entre* prises, et attendre peut-être un retour de fortune. 11 plaça, en conséquence, son armée sous le canon du camp retranché , qu'elle couvrait contre une attaque ; il fit passer la majeure partie de sa cavalerie sur la rive gauche du Danube , et il détacha des corps d'observation, pour couvrir la rive droite jusqu'au Lech.

Le général Moreau était dans une situation bien différente. Victorieux, il voyait ses opérations atteindre le but indiqué par le premier Consul, et qu'il avait lui-même proposé. Il avait obligé les ennemis à se resserrer autour du camp retranché d'Ulm ; il pouvait s'étendre dans un pays abondant en ressources, et il disposait des magasins bien pourvus, que ses succès lui avaient acquis. Devant Ulm, il tenait en échec la grande armée autrichienne; du côté du Tyrol, il empêchait le corps du prince de Reuss d'en sortir. Ayant sa droite à Kempten , occupant Memmingen, maitre du cours de l'Iller, et ayant sa gauche à la même hauteur, au delà du Danube, il était libre de ses mouvements sur les deux rives. Ses troupes étaient belles et pleines d'ardeur, les corps principaux de son armée étaient commandés par des généraux du plus grand mérite, et son état-major était dirigé par un officier général d'une rare capacité, aussi utile au conseil que dans les combats, le général Dessoler.

Enfin les succès déjà remportés le rendaient presque l'arbitre des mouvements des ennemis. Mais il était au moment de s'affaiblir. Le premier Consul lui ordonnait, itérativement , d'envoyer encore douze mille hommes à l'armée de réserve, qui allait descendre en Italie. Ne pouvant pas les refuser, il les fit partir, et il chargea le général Loison de les conduire en Suisse , où le général Moncey devait les réunir au corps de huit mille bommes qu'il y commandait déjà. Celte réduction laissait dans Tarmée du Rhin un vide qu'il fallait remplir. Pourrait-on y parvenir sans qu'il se fît sentir, et sans changer de dispositions ? D'autres généraux auraient pu être embarrassés ; le général Moreau y pourvut avec son habileté ordinaire. Non-seulement les Autrichiens ne purent en retirer aucun avantage, mais il continua d'agir contre eux offensivement , et par de savantes manœuvres, il les conduisit à lui fournir l'occasion de nouvelles victoires.

Nous touchons au moment où l'armée de réserve va paraître sur le théâtre de la guerre. Le plan général de la campagne a été jusqu'ici heureusement suivi , et les sucôès de l'armée du Rhin ont préparé les coups décisifs que l'armée de réserve va porter en Italie.

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