I . Vdr à la fin du chapitre , pièce h^ H
priie des le 28 novembrc , et en Italie , le 1 8 décembre.
Dstilités. . . > , /
Cinq jours après leur reprise en Allemagne, le 3 décembre, la grande armëe autrichienne, comman- ^ictoire ^ée par l'archiduc Jean, qui avait eu la témérité
olienlinden, * ' ^
de prendre Toffensive, était détruite à Hohenlinden. Le général Moreau profita de la victoire, avec autant de vigueur et de décision qu'il avait mis d'habileté à la préparer par ses manœuvres. Six jours après la bataille de Hohenlinden, la formidable ligne de Tlim était forcée, et successivement celles de la Saal, de la Salza, de la Traun et de l'Enz l'étaient également. L'archiduc Charles, rappelé en toute hâte de la Bohême, où il avait été relégué , n'arrivait que pour être témoin des dernières déroules et de la dissolution de l'armée. La cour de Vienne se hâta d'implorer la paix, et, le 25 décembre, le général Moreau consentit, à nîstice de Stcycr, à un armistice, par lequel l'Autriche s'engageait à traiter séparément de la paix. L'armée française s'arrêtait à vingt-cinq lieues de Vienne ; mais elle était avancée au cœur de la monarchie autrichienne ; elle avait sur ses flancs la Bohême et le Tyrol, où le général Macdonald n'avait pas encore pénétré ; on ne connaissait pas encore les succès remportés par l'armée d'Italie, qui n'était entrée en campagne que bien après l'armée du Rhin. Dans ces circonstances et dans une saison rigoureuse, le général Moreau jugea prudent de
Steyer.
consentir à l'armistice, par lequel il obtenait tout ce qui était le sujet de la guerre, la paix séparée, et pour prix duquel les diverses places qui étaient restées sur les derrières de Tarmée française , étaient immédiatement remises. Il ne traita cependant que pour son armée, et il promit seulement ses bons offices, pour que l'armistice fût étendu aux autres armées.
Les opérations de l'armée d'Italie ne furent pas succès sur le décisives pour la conclusion de la paix, comme celles de l'armée du Rbin, parce qu'elles arrivèrent trop tard et ne durèrent que quelques jours. Elles furent cependant très-belles, et, si la guerre s'était prolongée , elles eussent aussi exercé une très-grande influence. Les armées qui étaient opposées l'une à l'autre , étaient d'égale force ; elles comptaient chacune environ cinquante -cinq mille hommes. Mais l'armée autrichienne était établie sur la célèbre ligne du Mincio , s'appuyant d'un côté à Manloue et au Pô , de l'autre à Peschiera et au lac de Garde , et ayant tout le développement de son front soutenu par une foule d'ouvrages soigneusement fortifiés et garnis d'une artillerie nombreuse. Cette ligne formidable fut cependant forcée, après des combats acharnés, qui durèrent deux jours , les 25 et 26 décembre , et qui coûtèrent aux Autrichiens plus de seize mille hommes et trente trois pièces de canon. En
apprenant ce beau résultat au général Soult, le général en chef firune lui en donnait en mépi^ temps les détails ^ Après cette défaite, l'armé^ autrichienne ne chercha même pas à défendre la ligne de TAdige; elle évacua Vérone, sans coup férir, et elle se retira successivement pour rallier le corps duTyrol, qui s'était retiré devant le gé^ néral Macdonald. Elle demanda bientôt un arpai)^ tice , et le général Brune y consentit,
L'armistice fut signé à Trévise, le 1 6 janvier; U donnait pour démarcation à l'armée autrichienne la cours du Tagliamento , et à l'armée française celui de la Livenza. Les places de Peschiera, Vérone, Legnago , Ferrare et Ancône étaient remises à Farmée française , mais les Autrichien^ conservaient encore Mantoue, avec la faculté de ravitaillement, tous les dix jours. Le premier Consul désapprouva l'armistice, qui, n'avait pas exigé la cession de Mantoue, et il allait donner l'ordre de reprendre les hostilités, lorsque le plénipotentiaire autrichien à Lunéville consentit à la remise de cette place. Les négociations pour la paix ni$M'~ chèrent dès lors rapidement.
Pendant les courtes et glorieuses campagnes des armées du Rhin et d'Italie, l'armée des Grisons, commandée par le général Macdonald, avait eu k
i . Voir à la fin du chapitre , pièce q® 3$|.
repiplir iine mission moim brillante ; mais elle avait eu à surmonter des difficultés non moins grandes, quoiqu'elles fussent d'une autre nature. Cettç armée était partie de la vallée du Rhin, dans leç derpiiers jours de novembre, pour franchir la plus haute crête des Alpes et redescendre dans les vallées du Tyrol. Dans cette saison avancée, tous les passages étaient encombrés par les neiges et les glaces, qui menaçaient àchaque pas d'engloutir l'armée, et le pays était complètement désert. I^pasjsage du Splugen , par lequel Tarmée française descendit dans la Valteline, fut bien autrement difficile que celui du grand Saint- Bernard, que Tannée de réserve avait franchi à la fin de mai , et il fallut toute rénergie du général Macdonald, ainsi que le courage qu'il avait inspiré à ses soldats , pour vaincre des obstacles qui semblaient insurmontables. Le souvenir de cette marche mémorable doit prendre place parmi les belles actions de nos armées. Après ce passage, il y en eut d'autres presque aussi difficiles , pour franchir les divers contrerforts et gagner successivement les vallées de rOglio, de la Chiese, de la Sarca et de TAdige. Enfin , tandis que l'aile gauche de Tarmée refoulait les postes autrichiens du haut Engadin, et menaçait la vallée de T Adige , le général Macdonald déboucha sur Trente, le 7 janvier, et l'arrièregarde autrichienne n'eut qn^ le temps de gagner
la vallée de la Brenta , pour aller se réunir, sur Bassano , à Tarinée principale qui se retirait du Mincio. Le général Macdonald allait coutihuer son mouvement , et , en même temps , chasser ce qui restait de troupes autrichiennes dans les hautes vallées de FAdige et de FEisach, lorsqu'il fut, bien malgré lui, arrêté par Tarmistice de Trévise. La paix fut enfin signée à Lunéville , entre la France et l'Autriche, le 9 février 1801 . Le général Soult , aussitôt après son échange , avait reçu une nouvelle destination. Il fut envoyé, le 21 février 1801, à l'armée d'observation du Midi, commandée par le général Murât, et qui était destinée contre le royaume de Naples; elle n'était cependant pas encore entrée en opérations. La cour de Naples cherchait à conjurer l'orage ; elle essaya d'abord de se faire comprendre dans l'armistice de Trévise; elle se prévalut ensuite de l'intérêt que lui portait la cour de Russie , et elle obtint, le 18 février, du général Murât, à Foligno, un premier armistice, bientôt suivi d'un traité de paix signé à Florence, le 28 mars 1801. Par ce traité, la cour de Naples se mit entièrement à la discrétion de la France ; elle ferma ses ports aux Anglais, elle céda les districts qu'elle possédait en Toscane et dans Tile d'Elbe , elle se soumit à payer des indemnités aux Français qui avaient éprouvé des pertes dans le royaume, enfin
elle consentit à roccupation de Tarente et de
sa presqu'île par un corps de treize mille Fran- »
cais.
Dès le lendemain de la signature du traité , le Couimanden général Soult reçut , du général en chef Mural , Tordre de prendre le commandement de ce corps et de se diriger immédiatement sur Tarente*. Cette occupation était pacifique ; le premier Consul voulait ménager la cour de Naples, et il était recommandé au général Soult d'entretenir les meilleurs rapports avec les autorités napolitaines. Il ne devait même permettre à aucun réfugié napolitain de suivre le mouvement de ses troupes, pour que leur présence ne fût pas une occasion de désordre ou d'inquiétude : « Le premier Consul, ajoutaient les instructions, était sincèrement réconcilié avec le roi de Naples. »
Le général Soult avait pour mission de s'établir fortement à Tarente, d'en faire un lieu de retraite assuré pour la marine française, et de favoriser les expéditions qu'on pourrait essayer, pour faire passer en Egypte des munitions. Le premier Consul cherchait à remplacer Malte, perdue depuis six mois, par une position qui s'en rapprochait, et il voulait lutter jusqu'au bout pour la conservation de l'Egypte. Le général Soult savait qu'il
i . Voir à la fin du chapitre, pièce n° 39.