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puis la mort arrivait. Un pareil ordre de chose& amena des désordres de tous les genres, et des soldats ainsi livrés à eux-mêmes employèrent bientôt les mêmes violences pour se procurer de l'argent. D'abord ces recherches et celte maraude s'exercèrent à peu de distance de l'armée; mais bientôt, les ressources s'épuisa nt, on fut forcé de s'éloigner. Toute cette partie du Portugal fut livrée journellement à un pillage général et systématique. Les soldats s'éloignaient jusqu'à quinze et vingt lieues. Plus d'un tiers de l'armée se trouvait ainsi constamment dispersé et loin des drapeaux, tandis que le reste semblait être à la discrétion de l'ennemi. J'ai ouï dire au général Clausel qu'il avait vu des bataillons placés en face de l'armée anglaise, à portée de canon, n'avoir pas cent hommes au camp, tandis que les armes étaient aux faisceaux. L'ennemi eut pu, sans courir le plus léger risque, venir s'en emparer. Des hommes isolés étant chaque jour massacrés parles paysans, et des détachements enlevés, les pertes devinrent immenses; mais ce qui menaçait, davantage encore l'existence de l'armée, c'est que, toute discipline ayant disparu, elle présentait au plus haut degré le spectacle delà confusion et du désordre.
L'armée française, arrivée dans la position de Villafranca le 12 octobre, y resta jusqu'au 14 novembre; une circonspection sans exemple du gé-
néral anglais prndant tout cet intervalle de temps la sauva de la destruction.
Le 14 novembre, Masséna se décida à faire un mouvement rétrograde pour se rapprocher des provinces qui avaient encore quelques ressources. Il porta une partie de l'armée sur le Zezerc et laissa tout le reste en avant de Santarem. Les Anglais le suivirent, mais respectèrent les nouvelles positions prises. Masséna fit construire des bateaux et tout préparer sur le Zezere pour effectuer le passage du Tage; mais il ne tenta rien, et fit plus tard brûler ses bateaux. Enfin, au commencement de mars, •son armée étant réduite de plus d'un tiers, il se décida h rentrer en Espagne en passant par Pombal, Hedinha, Miranda, Ponte Marcella, Guarda, Sabugal et Âlfayatès. Cette retraite de vingt-sept jours, embarrassée de quinze ou vingt mille ânes, cette retraite faite avec des troupes arrivées à un degré de désordre, de mécontentement et de découragement dont rien ne peut donner l'idée, fut cependant l'occasion de divers combats glorieux, livrés par le maréchal Néy, qui arrêta avec vigueur phisieurs fois l'ennemi au moment où il pressait trop vivement son arrièregarde.
11 y avait un tel désaccord dans les opérations d'Espagne, que c'était précisément le moment où Masséna était en pleine retraite que le maréchal