‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 134 sur 139 · LIVRE XV i:is. - CORRESPO.NDA^'CE · texte numérisé non relu

LIVRE XV i:is. - CORRESPO.NDA^'CE

trée en campagne, j'aurais j»nssé le Duero de manière à le couvrir quand il déboucherait dans les plaines de la Vieille-('-astille. Alors il pouvait venir me joindre sans éprouver aucun danger; et nous eussions combiné nos mouvements de manière à combattre avec avantage l'armée anglaise si elle avait osé nous attendre.

Ainsi on ne peut expliquer la conduite du roi. Sa lettre du 21 ne dit pas qu'il m'ait envoyé l'avis de ses préparatifs; c'est donc sans transition, et vingt jours après ni'avoir fait connaître officiellement, par la lettre du 50 juin, du maréchal Jourdan, que je n'aurais aucun secours à espérer, qu'il entre en campagne. Jamais, depuis qu'il existe des armées, on n'a combiné de mouvements de cette manière, et cette lettre du 21 et la nouvelle du mouvement du roi ne me sont parvenues que le 25, le lendemain de la bataille.

Assurément ce n'est pas moi qui suis coupable du résultat. C'est aux auteurs de cette confusion à en porter la responsabilité.

Après ce qui précède, il est sans doute superflu de répondre à l'iiiterrogaloire que renferme la lettre du 14 novembre 1812, et aux questions dont il se compose. Cependant je le ferai d'une manière concise, en forme de résumé.

IM'ni rendu comple itérativenient au roi de tons

mes mouvements. Si toutes mes lettres ne lui sont pas parvenues, cela tient à l'état où était l'Espagne. Il a su par ma lettre du 14, dont il m'accuse réception par sa lettre du 18, ma retraite sur le Duero. Je l'ai accablé de demandes de secours, et la lettre du maréchalJourdan du 50 prouve qu'il les a toutes refusées.

:2" J'ai expliqué en détail les motifs qui m'ont décidé à prendre l'offensive; il serait superflu de revenir à cette question. Cette résolution était commandée par la raison, par les calculs les plus simples, et ce n'est pas de mon fait si j'étais placé dans les conditions fâcheuses qui m'imposaient cette obligation.

5° J'ai livré bataille parce que j'ai été attaqué. L'ensemble de mes mouvements prouve que je voulais, s'il était possible, forcer par des manœuvres les Anglais à la retraite, et ne combattre que dans des circonstances très-favorables.

4° Je n'ai connu l'envoi daucun secours d'une manière certaine, et j'étais autorisé à croire quil ne m'en arriverait aucun.

Le maréchal duc de Ragise.

FIN ni' TOME ijUATlilKME.

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