V.K.MOIIIKS DL' DUC DE 11 A G USE
une coiiLribulioii d'un million; l'ordonnateur de votre armée se permet de donner des ordres à des persoiines qui ne doivent obéir qu'aux miens. J'ai aujourd'hui sous les yeux un décret que l'on dit avoir été signé de vous, monsieur le maréchal, et qui en ordonne l'exécution à mes préfets et aux généraux sous mes ordres, sans m'en avoir même donné connaissance. Ce décret met une contribution de quatre millions de réaux sur Tolède, et contremande la levée de toute autre contribution.
« J'ai peine à concevoir que cet ordre émane de vous, monsieur le duc. La province de Tolède fait partie de l'armée du Centre; elle touche Madrid; elle est occupée parles troupes de l'armiée du Centre. A Tolède j'ai envoyé en mission mon ministre de l'intérieur, pour faire exécuter le décret qui ordonne la levée d'une contribution en grains, et il n'y a pas de temps à perdre. J'y ai un préfet, un gouverneur, un régiment espagnol, ('omment pouvez-vous croire que puisse être accueilli un décret de vous, monsieur le duc, qui ordonne de ne plus payer autre chose que les quatre millions qu'il faut versera l'ainiéc du Portugal? Mais avec quoi voulez-vousdoncquc nous vivions? Il n est pas à ma connaissance que vous ayez le droit de donner des ordres à Tolède. Je ne connais d'autres dispositions de l'P^mpereur, monsieur le duc, relatives aux rapports que je dois avoir avec l'armée que vonscom-
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inantlcz, (pie celle coiUenue dans la lettre du prince de Neufcliàlcl, en date du 1" juin, « qui me donne «. le counnandernent des troupes qui entreraient u dans l'arrondissement de l'armée du ('entre, et c( meuic de raruu''e du Portugal si cette armée se re- (( pliait dans les provinces du Centre. » J'aurais cru inutile d'entrer dans cette explication, monsieur le duc, si le décret que vous avez rendu et les dispositions que vous avez prises ne m'en faisaient sentir la nécessité. Vous concevrez facilement que, ne pouvant y avoir deux chefs suprêmes dans les mêmes lieux. Sa Majesté Impériale a senti la nécessité de prévoir et a })révu ce qui arrive. Je vous prie donc, monsieur le duc, de vous abstenir de donner aucun ordre dans les provinces du Centre.
« Cependant, comme je conçois que vous devez avoir beaucoup de besoins, et que les administrateurs et généraux de votre armée aiment mieux faire que de laisser faire, je consens à ce que vous fassiez verser dans les caisses de l'armée du Portugal les revenus dos provinces d'Avila, d'Estramadure, et même du partido décimal de celle de Talavera, conformément au bordereau ci-joint.
« J'ai ordonné la formation d'un hôpital militaire à Tolède, qui pourra recevoir mille nuilades de l'armée du Portugal, et qui sera formé et entretenu par mon trésor et par les soins de l'intendant de la province et du commissaire que je déléguerai à cet
effet. J'espère, monsieur le duc, que, de cette manière, ce que vous devez à mon autorité pourra se concilier avec ce que je dois à l'armée de Portugal et au désir que j'ai eu constamment de vous être agréable. «