LE ROI JOSEPH AU MARÉCHAL MARMONT
«Madrid, le l"' septembre ISH.
c< Monsieur le duc, par la première lettre que vous m'avez écrite, vous me fites connaître que vous aviez besoin de vingt mille fanègues de blé par mois; je m'empressai d'ordonner que les quarante premiers mille fanègues qui seraient levés dans la province d'Avila et dans le partido de Talavera seraient livrés à l'armée de Portugal; j'espérais, par là, assurer la subsistance de vos troupes pendant les mois d'août et de septembre, et je me réservai à pourvoir par la suite selon vos besoins. Vous me fites connaître que vous n'aviez
LIVIIK XV. — C0111\ESP0M)AiN(:E i.m
pas d'ai'geiit; je vous répondis que le produit des contributions des provinces qui entourent Madrid était tel, que Sa Majesté Impériale, ayant connu l'insuflisance de ces moyens, avait daigné venir à mon secours par un prêt mensuel, qu'ainsi vous deviez sentir qu'il était de toute impossibilité que je vous fisse donner de l'argent. Je ne crois pas vous avoir caché ce que tout le monde sait : que mes employés civils né sont pas payés depuis quinze mois, et ma garde depuis dix; cependant je vous écrivis que je trouvais bon que vous levassiez les contributions de la province d'Estramadure, qui m'étaient dues, et que vous en employassiez le produit pour les besoins de l'armée de Portugal. Je vous ai fait envoyer tout le biscuit, farines, voitures, artillerie, enfin tout ce dont j'ai pu disposer; je n'ai fait aucune distinction entre l'armée de Portugal et celle du Centre, puisque leur but est le même; mais j'avais pensé que les mesures (\ue j'avais prises pour assurer le service des deux armées et des diverses parties de mon administration auraient été respectées par les généraux de l'armée que vous commandez; il n'en a pas été ainsi. On a levé sur divers points, occupés pai" votre armée, la totalité de la récolte; on a par là exaspéré les habitants et fait abandonner les champs et les villages, surtout dans la province (i Âvjla ; dans celle de Tolède on a d'abord frappé