LIVRE XV. — COURESPOM)ANCE
troupes, sous peine de les voir tomber dans l'état d'abandon où je les ai pris, et de trahir tout à la fois les intérêts de l'Empereur, les vôtres et mes devoirs les plus sacrés.
« La situation actuelle des choses va me donner quelques moments de disponibles. Je vais me rendre à Talavera pour chercher à tout concilier autant qu'il sera en mon pouvoir; je mettrai le même empressement à aller à Madrid pour rendre mes devoirs à Votre Majesté, comme j'en ai le projet depuis longtemps. Si je ne puis pas parvenir, Sire, à vous satisfaire, je vous prie d'en accuser les circonstances et l'impuissance de mes efforts, et non mes intentions.
c< Je n'ai pas reçu le décret dont Votre Majesté me fait l'honneur de m'entretenir, et qu'elle m'annonçait être contenu dans sa lettre. »
LE nOI JOSEPH AU MARÉCHAL MARMONT.
«Madrid, le 9 oclobie 1811.
c( Monsieur le maréchal, je reçois vos lettres du oO septembre. Je vous félicite sur votre heureuse expédition de Ciudad-Hodrigo.
« Je sens la difliculté de votre position sur le Tage, et je me détermine à envoyer auprès de vous le marquis dAlmenara et le colonel Duprez, pour aplanir toutes les difficultés qui pourraient s'élever
sur le remplacement des troupes de l'armée du Centre par celle du Portugal dans la province de Tolède. Il faut conserver le plus que possible, monsieur le duc; l'avenir |)résente des inquiétudes sur les subsistances. Il faut que l'armée de Portugal vive, mais il faut aussi que celle du Centre et la capitale puissent vivre, même à l'époque où vous quitterez le Tage.
a J'ai donné mes instructions au marquis d'Almenara; j'aurai pour agréable tout ce que vous arrêterez ; je compte sur votre ancien attachement autant que sur votre sagesse et votre prévoyance. »
LE MA.IOIÎ GfÎNÉRAL AU MARÉCHAL MARM03ST.
« Amsterdam, le 18 octobre 1811.
>i Votre aide de camp, le chef de bataillon Jar- <let, est arrivé hier au soir, monsieur le duc; j'ai mis sous les yeux de l'Empereur vos dépêches. Sa Majesté est satisfaite du mouvomont combiné de ses armées du Nord et de Portugal, qui a eu pour but et pour résultat de ravitailler complètement Ciudad-Piodrigo.
c< Sa Majesté a vu également avec plaisir l'avantage quont eu ses troupes, en forçant la position retranchée de l'avant-garde de l'armée anglaise rejetée sur Alfayatès et Sabugal.