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chaque jour de force en se concentrant. Ainsi ses revers devaient naturellement être suivis de succès.
5° Enfin c'était l'occupation du Midi qui nous avait affaiblis sur tous les points. 11 fallait donc bien se garder de provoquer le changement de cet état de choses avant d'avoir obtenu ailleurs un avantage décisif.
4° En attaquant le Nord, Lisbonne n'était pas découverte, parce que la ville est située sur la rive droite du Tage.
5° En attaquant l'armée de Portugal et obtenant un succès important, non-seulement le fruit de la conquête était le pays qu'elle occupait, mais encore Madrid et le Midi qu'il fallait nécessairement évacuer.
6° Enfin, en agissant dans le Nord, elle se trouvait à portée des ressources que le Portugal, "la province de Galice, et l'armée espagnole, qui occupait cette province et les ports de cette côte, pouvaient lui fournir.
Malgré l'évidence de ces raisons, Joseph, endoctriné par Soult, croyait fermement à une prochaine offensive dans le Midi; et, comme l'Empereur lui avait donné le commandement général de toutes les armées en Espagne en partant pour la Russie, ilm'envoya l'ordre de lui fournir trois divisions de l'armée (le Portugal, que son int(Mition étail de conduire, par
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la Manche au secours de Soult, en se portant jusqu'à la Sierra Morena. Dans l'hypothèse même de Toffensive des Anglais dans le Midi, cette disposition ne valait rien. Il était bien plus simple, bien plus raisonnable, bien plus militaire, de former un corps d'armée nombreux et bien pourvu de vivres dans la vallée du Tage, destiné à déboucher par Miravete. Ouand Wellington serait arrivé aux frontières de l'Andalousie, ce corps, en prenant à revers l'armée anglaise, l'aurait forcé à rétrograder. Par cette combinaison, rien n'était découvert dans le Nord, tout était ensemble, et toutes les forces pouvaient toujours, au besoin, s'y rassembler. Je cherchai donc à éclairer Joseph sur la vérité, et j'obtins, quoique avec peine, la suspension de l'exécution d'une mesure dont les résultats ne pouvaient manquer d'être funestes. Mais, dans tous les cas, et quel que fût le système offensif que voulait prendre l'ennemi, la destruction des forts établis à Almaraz et du pont servant au passage était pour lui une chose utile, un préliminaire important, promettant de grands avantages.
11 s'y résolut, et, le 14, douze mille hommes, avec un équipage d'artillerie, se présentèrent sur la montagne. Les forts de Miravete fermant le passage, l'artillerie ne put pénétrer dans la vallée; mais, le succès de l'opération dépendant de la promptitude de l'exécution, les Anglais prirent la
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résoliilioM d'enlever de vive force le fort de LiigMi- Nuevo. En conséquence, une partie de ces troupes descendit, dans la journée du 18, dans la vallée par des chemins détournés, et, le 10, à trois heures du matin, ils donnèrent l'assaut à ces forts. Malheureusement la garnison était comjwsée en grande partie de mauvaises troupes, connues sous le nom de régiment prussien. A la vue de ce parti décidé, une vive inquiétude s'empara des soldats. Le major Aubert, voulant leur donner de la con- Hance, monte sur le parapet pour mieux diriger la défense; mais, peu après, il est tué. Le désordre se met dans les troupes. Bientôt la terreur est au comble, et elles s'enfuient sur la rive droite, abandonnant dans le donjon des sapeurs et des canonniers français qui y sont pris ou tués, les ponts-levis du donjon que les fuyards avaient baissés n'ayant pas eu le temps d'être levés. L'ennemi passa sans peine sur la rive droite, et tous les forts tombèrent ainsi en son pouvoir. Il les dégrada sans les détruire, brisa l'artillerie, coula les bateaux et se retira san« avoir rien entrepris sur Miravete, qui ainsi fut conservé. A la première nouvelle qu'en reçut le général Foy, il se mit en marche avec sa division pour porter secours. Si la défense eût duré trente-six heures, il arrivait à temps pour donner de la conliance à la garnison et rendre les forts imprenables. Le général Clausel, de son côté, se mit en mesure
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de l'appuyer, et, en cinq jours, il y aurait eu treize mille hommes réunis sur ce point, et la tentative des Anglais aurait échoué.
Cet événement démontre combien il y a d'inconvénients à charger de mauvaises troupes de la défense de postes militaires de quelque importance. Un général éprouvera toujours une grande répugnance à affaiblir de bons corps; mais il vaut mieux s'y résoudre, pour une partie de la garnison au moins, que de risquer de voir ainsi disparaître, en un moment, les points d'appui sur lesquels il a compté, et qui, comme dans la circonstance actuelle, étaient de véritables pivots d'opération. Comme ces postes étaient de nature à être rétablis et réoccupés, le général Foy, que les circonstances devaient amener dans le bassin du Duero, demanda avec instance, mais toujours infructueusement, au général Darmagnac, de l'armée du Centre, d'y former une nouvelle garnison, d'y placer des approvisionnements et d'y faire rétablir un passage. Au surplus, les événements se succédèrent rapidement et empêchèrent de rien terminer à cet égard.
Les opérations des Anglais dans le Nord devenaient de jour en jour plus probables; l'opinion s'en établissait sur toute notre frontière, et cependant Soult prétendait toujours être menacé. Joseph finit par concevoir des doutes en Hiveur de mon opinion. Les Anglais, bien pourvus de vivres, de-
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vaienl liàlcr leur entrée en campagne; car, comme nous en manquions par suite de la disette de l'année précédente, notre situatio.i serait devenue tout autre si la campagne se fût ouverte seulement après la moisson.
Dès le 50 mai, j'écrivis au général Cafîarelli, successeur du général Dorsenne dans le commandement de l'armée du nord de l'Espagne, pour lui rappeler les instructions fondamentales données par l'Empereur, fixant d'une manière invariable le contingent à fournir par l'armée du Nord à l'armée de Portugal en cas d'offensive décidée de l'armée anglaise. En lui annonçant les événements probables et prochains, je lui demandais avec instance de tout préparer d'avance pour remplir les devoirs qui lui étaient imposés. Le général Caflarelli me répondit par les meilleures assurances, et en me faisant les promesses les plus positives de me secourir de tous ses moyens quand le moment serait arrivé. Il me réitéra constamment ces promesses; mais tout en resta là, et, quand il fut question <]e combattre, jamais son artillerie, sa cavalerie et les deux divisions qui devaient me joindre ne parurent. Deux régiments de troupes légères seulement nous rejoignirent, et encore après la bataille.
Le duc de Wellington, en préparant son olVciisive, avait pris des dispositions nécessaires pour
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étaiilirde prompts moyens de communication entre le corps de Hill et l'armée principale. A cet effet, un passage régulier du Tage avait été établi à Alcantara, dont le pont en pierre avait été coupé antérieurement. Alors, suivant les circonstances, il pourrait appeler à lui ce corps, fort de douze mille hommes. Enfin il donna l'impulsion aux milices portugaises pour agir surl'Esla vers Benavente, et à l'armée de Galice pour qu'elle eût à déboucher et à faire le blocus d'Astorga.
Les Anglais firent, le T* juin, une première démonstration offensive. Une division passa l'Agueda, battit la campagne, et repassa cette rivière quelques jours après.
Acette occasion, je resserrai mes cantonnements^ voulant préparer la prompte réunion de mes troupes quand l'ennemi se mettrait en marche pour s'avancer sur moi.
Le 8, la position de l'armée était celle-ci :
Première division, Avila et Arevalo ;
Deuxième, Peiiaranda et Fontiveros;
Troisième, Valladolid ;
Quatrième, Toro ;
Cinquième et sixième, Salamanque :
Septième. Zamora ;
Huitième, les Asturies ;
Cavalerie légère, Salamanque ;
Dragons, Toro, Benavente;
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Quartier général, SalcimaïKjue.
Le 10 juin, la totalité de l'armée anglaise était réunie, entre la Coa et l'Agueda, avec tous ses moyens, et l'armée de Galice sur la frontière.
Le i"2. les Anglais commencèrent leur mouvement. J'en lus instruit le 14. Ce jour-là même l'armée reçut l'ordre de se rassembler. Le point de réunion fut mdiqué à Pleines, en arrière de Salamanque, et j'envoyai l'ordre à la huitième division de quitter les Asturies et de venir me joindre à marches forcées.
Le 15, j'écrivis au général Caflarelli, au roi, à tous ceux qui, d'après les instructions de l'Empereur, devaient donner à l'armée de Portugal, par leur concours, la force nécessaire pour combattre l'armée anglaise. Je demandais avec la plus vive instance que les secours fussent mis en marche sans perdre un seul moment.
Les Anglais arrivèrent devant Salamanque le 10, dans l'après-midi.
Après avoir mis les forts de Salamanque dans le meilleur état possible, complété les garnisons, donné les instructions nécessaires, je disposai tout pour la retraite. Elle s'effectua dans la nuit du 16 au 17, et j'allai prendre position à Bleines, point indiqué pour le rassemblement des troupes.
L'armée anglaise, le 17, prit position sur la rive droite de la Tormès, occupa la position de San-
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flliristoviil qui couvre Salaiiuinqiic, et coiiimeiiea l'attaque des forts.
Des tentatives d'escalade furent repoussées et coûtèrent cher à l'ennemi. Il se mit en mesure alors d'employer la grosse ai'tillerie.
Le 20, cinq divisions étant rassemblées, les deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième, je marchai en avant, et vins prendre une position offensive à une {)etite portée de canon do l'armée anglaise.
Le siège commencé fut suspendu, et toute l'armée ennemie se rassembla sur le plateau de San- Christoval.
Mon mouvement avait étonné l'ennemi; mais, la position que j'avais prise dans le but de simuler le prélude d'une attaque ne pouvant pas être défendue, il eût été dangereux de l'occuper longtemps. Aussi, le 2r) au matin, je me j'ctirai à deux milles pour occuper la position dAldea-llubia, qui domine et se trouve en arrière du gué de Huerta sur la Torrnès. Alors le siège fut recommencé, et le feu nous l'indiqua. Je reçus dans cette position une lettre du général Caffarelli, en date du 10, qui m'annonçait qu'il allait se mettre en mouvement pour se rapprocher de moi, et me porter secours <ivec toute sa cavalerie, vingt-deux j)ièces de canon el sept mille hommes d'infanterie.
Le 27, des signaux m'annoncèrent (jue les forls
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jiouvaioMt tenir encore cinq jonrs. Je ne pouvais laisonnablenicnl attaquer l'armée anglaise avant la réunion de toutes mes forces. Je me disposai à opérer sans me compromettre et à faire une diversion. Le fort d'Alba-sur-Tormès étant en mon pouvoir, le passage de la Tormès m'était assuré en retraite, si, après l'avoir framlii au gué de Huerta, il fallait faire un mouvement rétrograde. En conséquence, je disposai tout pour exécuter le passage de la rivière dans la nuit du '28 au '29, et me placer de manière à menacer les communications de l'ennemi, dont la liberté lui était indispensable pour pouvoir subsister.
Mais, le'i? même, un incendie épouvantable avait détruit tous les approvisionnements et bâtiments du fort principal deSalamanque, et, bien que deux assauts eussent été repoussés et que l'ennemi eût perdu plus de quinze cents hommes, la confusion était devenue telle, (pie la garnison dut se rendre à discrétion et sans capitulation.
Cet événement changeait complètement l'état des choses.
Je devais alors prendre une position qui me permit d'attendre sans danger, et de recevoir avec sûreté les renforts promis. En conséquence, je mis en marche l'armée le 28, et elle se porta sur la Guarena, le 29 sur la Trabanjos, où elle séjourna le 50 juin. L'ennemi ayantsuiviavec toutes ses forces,
Tarmée continua son mouvement de retraite, et, le 1" juillet, vint piendre position sur le Zapardiel, et, le 2 juillet, repassa le Duero à Tordesillas.
Ce jour-là, le mouvement s'étant exécuté un peu tard, et les Anglais ayant commencé le leur de grand matin, il y eut à Rueda un combat d'arrièregarde à soutenir dans des circonstances désavantageuses, mais aucune conséquence fâcheuse et aucun désordre n'en résultèrent. Le meilleur ordre fut observé en repassant la rivière. L'ennemi prit position sur le Duero. La deuxième division fut placée sur la rive gauche de cette rivière, et en arrière de la Daga, son affluent.
Le 3 juillet, l'ennemi ayant fait une tentative sur le gué de Polios, fnt repoussé. Les dispositions de détail étant prises pour assurer la défense de cette ligne, je me décidai à attendre dans cette position les secours annoncés, et sur lesquels j'avais droit de compter.
J'ai déjà dit combien ma cavalerie était faible: elle ne sélevait pas à plus de deux mille chevaux, et l'ennemi avait près de six mille hommes de cavalerie anglaise, et une nuée de guérillas qui le dispensait de toute espèce de détachement et de service de troupes légères. Je pris la résolution de faire enlever tous les chevaux de selle existant dans les lieux occupés par les troupes. Cette opération, faite partout simultanément, augmenta.de huit cents che-