‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 60 sur 139 · LIVRE XV ris. - COIir.ESI'ONDAiNCE. Ihc · texte numérisé non relu

LIVRE XV ris. - COIir.ESI'ONDAiNCE. Ihc

Moliiios, au nioinenl où il tillait se mettre en marche pour rentrer à Merida, par un corps de dix mille Anglais, commandé par le lieutenant général Hill; deux régiments, le oi' et le 40% ont été défaits, et nous avons éprouvé des pertes; nous n'avons pas même de nouvelles des généraux Girard, Dembouski et Brun, non plus que du duc d'Aremberg : le 50, le lieutenant général Hill avait son quartier à Merida.

(( Je ne pense pas que les Anglais soient dans l'intention de pousser plus loin leur pointe, je suppose même qu'ils rentreront en Portugal; cependant je fais, autant que mes moyens le permettent, toutes les dispositions que les circonstances peuvent exiger; mais dans tous les cas cela est insuffisant; j'ai donc l'honneur de prier Votre Excellence de vouloir bien faire des démonstrations sur la rive gauche du Tage, et de pousser une colonne vers Merida, afin de rétablir la communication entre les deux armées, et pour obliger tous les corps ennemis qui sont en Estramadure à rentrer en Portugal; l'apparition de cette colonne, et les mouvements que je ferai opérer sur la rive gauche de la Guadiana, suffiront pour éloigner de Badajoz les corps ennemis qui auraient pu s'approcher de cette place, et qui en auraient monientanément intercepté les communications; du moins résultera-t-il que, nos rapports étant rétablis, nous pourrons plus

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facilement concerter les nouvelles dispositions que les circonstances nous mettront dans le cas de prendre.

(( J'ai aussi l'honneur de vous prier, monsieur le maréchal, de vouloir bien en même temps faire diriger sur l'armée du Midi, par Merida, les divers corps de troupes qui, d'après les ordres de Son Altesse Sérénissime le prince major général, doivent la joindre, et se trouvent dans l'arrondissement de larmée de Portugal; ces troupes se composent de la moitié de la colonne que commandait le général Yandermaesen, laquelle est chargée de la conduite d'un convoi de fonds du quarante-quatrième bataillon de la flottille, d'un détachement provenant du 10' de dragons, destiné pour les 17* et 27" régiments de la même arme, du régiment de Hesse-Darmstadt, destiné pour Badajoz, d'une compagnie de sapeurs, et de divers autres détachements.

c< Son Altesse Sérénissime le prince major général m'a fait l'honneur de me prévenir, par ses dernières dépêches, que l'intention de l'Empereur était que vous tinssiez, à poste fixe, deux divisions d'infanterie et un corps de cavalerie à Truxillo, afin d'être en mesure de vous porter sur la Guadiana si les circonstances l'exigeaient, et pour avoir la facilite d'être instruit journellement de ce qui se passe du côté de Badajoz. Cette dispo-

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sitioii est triuie lelle importance, que je ne puis me dispenser den réclamer Texécution, et de vous prier, monsieur le maréchal, de vouloir bien me faire part des ordres que vous donnerez à ce sujet.

c( L'armée du Midi est en ce moment très-engagée; le quatrième corps, qui est sur la gauche, maintient l'armée insurgée de Murcie, qui ne cesse de me donner de l'occupation et de faire des efforts pour se réorganiser; il doit aussi former un double cordon pour empêcher toute communication avec la province de Murcie, où la fièvre jaune exerce les plus grands ravages, toutes les communes, même les troupes espagnoles, en étant infectées.

« Le premier corps est employé au siège de Cadix, et doit contenir une espèce d'armée, déjà de douze mille hommes, Anglais et Espagnols, qui se forme à Tarifa et à Algesiras.

c< Vous savez ce qui se passe en Estramadure, et vous connaissez l'immense étendue de pays que je dois garder.

a D'après ces motifs, je ne puis qu'inviter trèsparticulièrement Votre Excellence à prendre en sérieuse considération les demandes et propositions que j'ai Ihonneurde lui faire. )^

LE MA.IOR GÉNÉRAI- AU îlAUÉGllAI. MARMONT.

«Raiis, le 20 novembre ISII,

(( Je vous renvoie, monsieur le duc, votre aide de camp, le colonel Jardet; l'Empereur me cliarge de vous faire connaître que la grande affaire du moment est la prise de Yalence; vous devez être instruit des avantages que vient de remporter M. le maréchal Suchet sur l'armée de Blake, et de la prise des forts deSagonte; je joins ici des exemplaires du }fuiiili'>ir, dans lesquels vous en verrez les détails; vous y verrez aussi que les Anglais ont dix-huit mille malades et paraissent décidés à rester sur la défensive. Il est indispensable, si Valence n'est pas pris, que vous fassiez un détachement de six mille hommes, qui puisse se réunir avec ce (jue l'armée du Centre aura de disponible et marcher au secours du maréchal Suchet; aussitôt Valence pris, beaucoup de troupes seront disponibles, et vous vous trouverez considérablement renforcé; alors commenceront les grandes opérations de votre armée.

« A cette époque, c'est-à-dire vers la fin de janvier, après la saison des pluies, vous devrez vous porter, avec l'armée de Portugal et partie de celle du Midi, sur Elvas et inonder l'Alentejo, tandis que l'armée du Nord, renforcée d'une partie de l'armée de réserve, se portera sur la Coa et Al-

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