‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 59 sur 139 · LIVRE XV BIS. — isii-181'2. 2Ô · texte numérisé non relu

LIVRE XV BIS. — isii-181'2. 2Ô

observation en resta là. A peine me parla-t-il des événements d'Espagne. Ce fut de lui et de la campagne de Russie qu'il m'entretint. Il ne paraissait nullement affecté des désastres arrivés récemment sous ses yeux. Il jouissait beaucoup, en ce moment, d'être quitte des souifrances pbysiques qu'il avait éprouvées. Il cherchait à se faire illusion sur l'état des choses, et me dit ces propres paroles :

« Si j'étais resté à l'armée, je me serais arrêté sur le Mémen; Murât reviendra sur la Vistule; voilà la différence sous le rapport militaire. Mais, après les pertes que nous avons éprouvées et comme souverain, ma présence à l'armée, à une pareille distance et dans les circonstances actuelles, rendait ma situation précaire. Ici, je suis sur mon trône, et je serai promptement en mesure de réparer tous nos malheurs en créant les ressources dont nous avons besoin. »

Et il a prouvé que. sous ce dernier rapport, il avait raison.

CORRESPONDAACE KT DOCUMENTS

RELATIFS AU L I V ft E OUl.NZIÈMF. uis.

LE MARÉCHAL SOULT AU MARKCHAL MABMONT.

« Séville, le 2 novembre 18H.

f< Vous serez sûrement instruit, lorsque ma lettre vous parviendra, de l'échec que le général de division Girard a éprouvé à Arroyo-Molinos, en revenant de Caceres, où il avait été envoyé pour seconder les opérations que vous dirigiez sur la rive droite du Tage, d'après l'invitation que vous m'aviez faite à ce sujet, et aussi pour favoriser la marche de la colonne destinée pour l'armée du Midi et pour Badajoz, qui doit déboucher par Almaraz, et m'a été annoncée, depuis trois mois, par Son Altesse Sérénissime le prince de Neufchâtel.

« Le 28 octobre au matin, le général Girard s'est honteusement laissé surprendre à Arroyo-

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