LIVRE XV liis. — CORRESPONDANCE
lence. Cette compagnie n'emmènera que ses chevaux d'escadron.
« Je fais en même temps partir une compagnie de militaires français, appartenant à des régiments de l'armée de Portugal, qui, étant prisonniers de guerre, ont été forcés de servir et liiisaient partie de la légion d'Estramadure, commandée par un colonel anglais, sous les ordres de Murillo et du général Castanos. Le sieur Mclhiot, tambour-major au 76* de ligne, commande cette compagnie ; c'est lui qui l'a conduite à nos avant-postes, il y a quinze jours, du côté de Âljucen : la manière dont il a ménagé sa rentrée lui fait honneur et annonce un homme de caractère; j'ai fait donner tout ce qu'il était possible aux hommes qu'il a ramenés; je dois cependant vous prévenir que, sur la demande du général commandant l'artillerie de l'armée, j'ai fait retenir six à sept hommes pour être incorporés dans l'artillerie, où ils ont demandé à servir; je prie Votre Excellence de l'avoir pour agréable. J'ai écrit au ministre de la guerre pour lui demander de vouloir bien approuver cette incorporation.
« J'ai reçu votre réponse au sujet de l'événement arrivé au général Girard ; je n'ai certainement pas entendu que l'armée de Portugal en fût cause, d'autant plus qu'il pouvait et devait s'éviter ; heureusement il n'a pas été aussi fâcheux que d'abord on l'avait annoncé. Lorsque je fus prévenu
que vous faisiez un mouvement sur Ciudad-PiodrigOy je me trouvais sur les frontières de Murcie, et, suivant vos désirs, je donnai l'ordre que l'on fit un mouvement sur la rive droite de la Guadiana, afin de retenir les troupes espagnoles et de faire même en sorte de les compromettre ; mais cet ordre fut longtemps à parvenir; ensuite il fut mal exécuté, et, par la négligence la plus coupable, on s'attira ce désagrément. Les contributions n'en étaient point le prétexte, quoique le général Girard dût faire rentrer celles du district de Merida ; d'ailleurs, un motif aussi puéril n'aurait dû, en aucun cas, l'empêcber de faire son métier.
« Je crois que Votre Excellence est mal instruite au sujet de ce qui s'est passé à Medellin et dans la Serena; les troupes de l'armée de Portugal ont emporté de cette contrée beaucoup de denrées, dont elles n'ont point profité, et, lorsque je l'ai fait réoccuper, on a trouvé le pays aussi épuisé que le restant de TEstramadure.
« M. le général comte d'Erlon m'a écrit le 6 de ce mois, que la division anglaise du général Hill occupait Albuquerque, et que l'on avait annoncé son arrivée à Caceres. Les préparatifs que l'on a remarqués faisaient croire à un prochain mouvement.
« M. le maréchal duc de Bellunc fait en ce moment le siège de Tarifa et d'Algesiras; je fais momentanément occuper le camp de San-Hoch : nous