LIVRE W BIS. - COnilRSPOXDANCE
Tierces faits. Il m'a demandé avec quoi il les payerait : c'est le chapitre infernal. Il pense, comme moi, que rien ne balance la nécessité de s'éclairer sur les opérations de l'ennemi. Il a été jusqu'à me dire qu'il serait criminel d hésiter à prendre, à cet égard, partout où il y a. Au fait, la forme ne peut tuer le fond, et nous ferons pour le mieux.
« Je ne puis vous dire à quel point Ciudad-Rodrigo me tourmente. Le temps qu'il fait achève de tout faciliter à l'ennemi; tandis que, l'année dernière, ce temps aurait sauvé Almeida et Ciudad- Rodrigo; comme, celte année, le temps de l'année dernière aurait suffi pour chasser l'ennemi de ses positions. C'est une fatalité. Du reste, mon général, le ravitaillement de Ciudad-Rodrigo n'est plus une opération de division, c'est une grande et difticile opération d'armée; et, si l'armée de Portugal n'y concourt pas, elle me paraît très-douteuse; mais comment l'armée de Portugal se retirerait-elle lorsque sa présence est le plus nécessaire, et comment oublierait-elle que la conservation de Ciudad-Rodrigo est un de ses premiers devoirs?
« Le général baron ïhiébault. »
« SalaniiiiKiue, le 3 j-mvier 18 J "2.
« Mon général, j'apprends à l'instant par un
homme sûr, qui est parti le 50 décembre de la gauche de rx\gueda, les faits suivants :
« Castaiios, auquel il a parlé, est à Fuentes-de- Oùoro; ce qui prouve qu'il ne s'est pas rapproché pour une simple visite de cantonnements.
a Toutes les voitures qu'on peut rassembler y sont conduites. Le 50, il y en avait deux cent soixantedix, il doit y en avoir mille en ce moment.
u Chaque conducteur de voitures portait des vivres et des fourrages pour dix et douze jours, pour eux et leurs bestiaux; d'où il résulte que le mouvement de l'ennemi doit commencer maintenant.
« Le pont de Yecla est coupé; celui de Cerralbo est miné, couvert d'abatis et de retranchements, auxquels quinze cents hommes travaillent encore; il parait qu'ils doivent servir à couvrir le flanc gauche de l'ennemi et à menacer le liane droit des troupes qui marcheraient sur Ciudad-Rodrigo.
« On parle également d'ouvrages faits à Tamamès, mais je n'y crois pas; si cependant cela était, Ciudad-Rodrigo se trouverait au fond d'un cul-desac de six lieues, d'un front peu étendu, et qui même offrirait à l'ennemi trois belles positions de combat, surtout relativement à une opération que l'on sera hors de mesure de prolonger.
« Je reprends le raj)port de lespion.
« On fait sur la gauche de Jeltès et de l'Agueda un nombre énorme de fascines.
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(( Deux ponts existent sur rAguoda : tous les villages de la gauche sont remplis de troupes; In cavalerie anglaise est à Fuenteguinaldo; la force de Tennemi paraît être de vingt-quatre mille hommes.
« Une grande artillerie de siège est à Almeida, dont les travaux continuent avec la plus grande activité.
« F/opinion générale est que le siège de Ciudad- Rodrigo va commencer, et tout l'annonce ; presque tout ce qui restait d'habitants en est parti; le corrégidor est de ce nombre, et l'espion lui a parlé; ce corrégidor est un des hommes les plus au courant de ce qui se passe.
« On fait une nouvelle levée générale des hommes en état de marcher.
a Une junte insurrectionnelle, placée à Sobradillo, est chargée de cette opération; plus de quatre vingts curés et moines y sont et forment la cour de don Carlos. En face de Sobradillo se trouve un pont pour communiquer avec le Portugal.
« Le général baron Thiébault. »