‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 68 sur 139 · LIVRE XV BIS. — C()IU\ESPOiM)A.\CE · texte numérisé non relu

LIVRE XV BIS. — C()IU\ESPOiM)A.\CE

nemi, l'arrivée d'uQ équipage de pont prouve des projets.

a Dénormes convois de subsistances et de grands troupeaux de bœufs arrivent à l'ajniée anglaise, en passant par la province d'Avila et par la partie de la province de Salamanque occupée par Tarniée de Porlugal. Je l'ai écrit au général Thomières, qui est à El-Barco. Je puis ajouter qu'il y a quinze jours le marché de Tamamès a été tellement pourvu, que mille fanégas de grains n'ont pu y être vendues.

« Placeiicia et Bejar sont évacués; et, d'après ce que m'écrit le général Thomières, il parait qu'il doit se retirer, en cas d'un mouvement offensif de l'ennemi, sur Avila, où est son général de division Maucune.

« Don Carlos, en annonçant un grand mouvement, et avec les plus terribles menaces, vient d'ordonner, dans les provinces du septième gouvernement, que, de suite, toutes les justices soient renouvelées au nom de la régence; que les, nouveaux alcades aillent prêter serment entre ses mains; que tout le bétail soit conduit dans les montagnes; que les habitants évacuent leurs villages à l'approche des Français; qu'on lui conduise d'énormes quantités de grains, de pain et de cochon salé, etc.; que, som peine de mort, toutes les voitures existantes lui soient conduites, et (jue l'on emploie tous les

moyens existants pour en construire de nouvelles : ordre qui s'exécute avec une inconcevable activité sur toute la gauche de la Tormès, qui, déjà, lui a fait amener un nombre très-considérable de voitures et qui les augmente tous les jours.

« J'ai demandé au préfet quels moyens on pouvait prendre pour déjouer ces projets. 11 n'a pu m'en proposer aucun. Ne pouvant cependant avoir l'air d'autoriser, par le silence, ces audacieuses mesures qui, chaque jour, terrorisent davantage tout le pays, j'ai rendu l'ordre dont copie ci-jointe, et que j'ai l'honneur de vous soumettre.

« Dans cet état de choses, on annonce un mouvement offensif de la part de l'armée combinée. Je ne pense pas qu'il la conduise sur la Tormès, quoique cela soit possible; mais, considérant que l'armée de Portugal s'est retirée et découvre tout ce pays, je pense que l'attaque de Ciudad-Bodrigo va commencer, et tous les faits ci-dessus rapportés ne peuvent pas laisser de doute à cet égard.

c( On ajoute, et c'est le bruit général, que Ciudad- Rodrigo est dans une fâcheuse position et que la désertion y augmente chaque jour. On cite même à cet égard des choses ridicules.

« Le préfet, qui n'est pas alarmiste et qui est un des hommes qui connaît le mieux son pays, regarde cette situation comme très-sérieuse. Je lui ai ordonné d'envoyer quelques hommes sûrs pour véri-

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