‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 85 sur 139 · LIVRE XV BIS — CORP.KSPOMiA.NCF · texte numérisé non relu

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siimé, monsieur le maréchal, de vos huit divisions, une doit être dans les Asturies et n'en point bouger; les sept autres doivent être réunies autour de Salamanque. Cela vous fait une armée de cinquante mille Français, avec une artillerie de cent bouches à feu, lesquels, dans un terrain bien étudié, couverts par des bouts de flèche, ayant leurs vivres assurés et leur appui à Salamanque, ne seraient pas vaincus par quatre-vingt mille hommes. Toutefois, monsieur le duc, il faut bien se garder de faire à Salamanque un camp retranché; les Anglais vous croiraient sur la défensive et n'auraient plus de crainte : c'est une place forte qu'il faut avoir à Salamanque. »

LE MAJOU GÉNÉRAL AU MAHÉCHAL MAI'.MONT

« Paris, le 21 téviier 181-2.

u L'Empereur me charge de vous dire, monsieur le maréchal, que vous avez mal compris ses intentions sur Valence. Sa Majesté avait ordonné de faire marcher sur cette place douze mille hommes, en comprenant les troupes de Farmée du Centre, et elle entendait que ce mouvement fût par Cuenca. Il y avait déjà à Cuenca quatre mille hommes. Le roi d'Espagne en aurait donné trois mille autres. Ce n'était donc que trois ou quatre mille hommes à faire filer sur Cuenca. L'Empereur trouve que vos

plaintes ne sont pas fondées, et qu'il eût été insensé au roi de se porter de Cuenca sur Albacète. Ce mouvement aurait permis à l'ennemi, qui était à Requena, de marcher sur Madrid. Il était évident que cette opération d'Mbacète ne pouvait se faire^ à moins de forces sérieuses, puisqu'elle demandait une grande ligne d'opération, et qu'elle n'aurait pas donné de résultat pour la prise de Valence; car, si le général Suchet avait été battu aux passages des lignes, cette opération ne signifiait rien. L'art de la guerre ne consiste pas à diviser ses troupes. L'opération de Cuenca sur Requeiia, communiquant par la gauche avec Suchet avant d'attaquer l'ennemi, était une véritable opération militaire. Quelques mille hommes de plus, avec le général Montbrun, n'auraient affaibli en rien l'armée de Portugal. Les Anglais ne s'en seraient pas aperçus. Cette opération eût même pu se faire en envoyant des troupes de l'armée du Centre, et en remplaçant par des troupes de l'armée de Portugal celles qui se seraient |)ortées sur Cuenca. Sans doute, la route n'est pas bonne pour l'artillerie; mais on n'avait pas besoin d'artillerie contre ces insurgés, et d'ailleurs le maréchal Suchet en avait. L'Empereur trouve, monsieur le duc, que vous avez fait là une faute qui n'est pas justifiable. Puisque vous étiez devant l'ennemi, et qu'il est évident que vous exposiez tout le nord de l'Espagne, s'il eût fallu faire

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une grande o|)ération d'aiinée, on eût préféré la faire faire par le maréchal duc de Dalmatie, et l'on 4îùt prévu le cas où les Anglais auraient marché sur Madrid ou sur Salamanque. »

LE MAUKCIIAL MAHMONT Al MA.IUR GKNKISAI,.

« Valladoli.l, le '25 lôvrier 181'2.

On trouvera le texte de cette lettre dans les Mé moires du duc de Ragnsc, page 192 de ce volume.

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