‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 92 sur 139 · LE MRÉCIIAL JOURDAN AU MARÉCHAL MARMONT · texte numérisé non relu

LE MRÉCIIAL JOURDAN AU MARÉCHAL MARMONT

« Talavera, le 9 avrillSltZ.

Ci. Un commerçant qui arrive de l'Estramadure rapporte les nouvelles suivantes :

« Le 22 du mois dernier, il se trouvait en El Castain, où il a ouï dire que les troupes impériales de Badajoz empêchaient les Anglais de placer leurs batteries.

« Le 22, ce commerçant se mit en route pour retourner à Talavera; il passa par Médina de las

LlVlîE XV cis. — CORRESPONDANCI^. -.69

Torrès, où auparavant étaient les Anglais, et, lors de son passage, il n'y en avait aucun.

c( A Guarena, il y avait des Anglais qui se retiraient vers Abajo. AMedellin, il n'y avait ni Anglais ni Français. A Santo-Benito, les Français y étaient, et à Miajadas, il y avait un petit parti de Por-

tugais.

c( 11 entendit le feu de la place jusqu'au 2 avril, époque où il se trouvait à Miajadas. Par conséquent, la nouvelle de la reddition de Badajoz, répandue

avant, est fausse. »

LE GÉNÉRAL DORSE>'NE AU MARECHAL HLVIiMOiNT.

« Pampelune, 1g 11 avril 1812.

u Monsieur le maréchal, je ne reçois qu'à 1 instant la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 25 mars dernier pour me prévenir que les ennemis paraissent décidément faire une entreprise sur Badajoz; qu'elle se met en mouvement; qu'elle va, en conséquence, avoir besoin d'augmenter ses forces, et que, pour les réunir, elle m'engage à relever la grande communication, les garnisons de la province de Palencia et celles de Valladolid.

a 11 m'est extrêmement pénible d'être obligé d(' déclarer à Votre Excellence que je ne puis faire dans cette occasion ce qu'elle désire. Les troupes qui

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me sont annoncées depuis deux mois ne sont pas arrivées. Partout mes garnisons sont insultées, et je n'ai pas un régiment disponible pour agir. Si je ne reçois pas de renforts, j'ai lieu de craindre devoir mes communications interceptées avant peu.

« Une preuve bien convaincante de ce que j'annonce à Votre Excellence, c'est que les régiments de marche de son armée, que j'aurais dû lui renvoyer depuis.longtemps, n'ont pu encore être remplacés, ce qui m'a obligé à les garder jusqu'à ce jour.

a Enfin, monsieur le maréchal, je dois vous prévenir qu'en supposant même que le prince de Neufchâtel vous ait donné l'avis que je dois vous secourir au besoin, il me serait impossible de le faire dans €e moment, puisque je ne peux déplacer un seul homme sans compromettre ou évacuer le pays (ce qui serait bien contraire aux intérêts et à la volonté de l'Empereur), et que, partout où mes troupes sont établies, elles n'y sont que trop faiblement.

« Je vais me rendre en Biscaye, afin de faire un €ffort pour vous renvoyer vos deux régiments de marche, qui tiennent encore la ligne d'Irun à Vitoria. Celui qui était à Pampelune doit vous avoir rejoint. Si je réussis, je me trouverai heureux; mais je vous prie de ne pas me supposer dans une position avantageuse. »

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