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têle do pont, aliii que, si leniiemi laisse moins de cinq divisions sur la rive droite du Tage, vous puissiez vous porter sur la Coa, sur Ahneida, et ravager tout le nord du Portugal. La saison des pluies doit finir. Si Badajoz est pris par deux simples divisions, la prise de Badajoz ne |)uurra pas vous être imputée et retombera tout entière sur l'armée du Midi. Si, au contraire, l'ennemi s'affaiblit de plus de cinq divisions et n'en laisse que deux, trois ou même quatre sur la rive droite, ce sera la faute de l'armée de Portugal si elle ne marche pas sur le corps de l'ennemi, n'investit pas Almeida, ne ravage pas tout le nord du Portugal, ne jette pas des partis jusqu'à Mondego. Enfin le rôle principal de l'armée de Portugal se réduit à ceci : d'y tenir en échec six divisions de l'armée anglaise, au moins cinq ; prendre 1 offensive dans le Nord; ou, si l'ennemi a pris l'initiative, ou si toute autre circonstance l'ordonne, faire filer sur le Tage, par Almaraz, autant de divisions que lord Wellington en aura fait filer pour faire le siège de Badajoz.
« Telles sont, monsieur le duc, les dispositions que Sa Majesté me charge de vous prescrire. »
LE ILVJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT
«Paris, le 10 mars 181'2.
c( LEmpereur m'ordonne de vous faire connaître.
iiionsieiir le maréchal, qu'il conlie le commandement de toutes ses armées en Espagne à Sa Majesté Catholique^ et que M. le maréchal Jourdan remplira les fonctions de chef d'état-major.
c( La nécessité de mettre de l'ensemble dans les^ armées du Midi, de Valence, de Portugal et du Nord a déterminé Sa Majesté Impériale à donner au roi dEspagne le commandement de ses armées.
c< En conséquence, monsieur le duc, vous voudrez bien régler vos mouvements sur les ordres que vous recevrez du roi, vous conformer à tout ce qu'il vous prescrira et correspondre journellement avec iui. »
LE MARÉCHAL MARMONT AU MAJOR GÉNÉRAL
« Salanianqtic, le 27 iiiiirs 1812.
« Monseigneur, je reçois la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 12 mars. Les instructions qu'elle renferme sont précisément le contraire de celles que contiennent vos lettres des 18 et 21 février, instructions impératives, qui m'ont forcé, contre ma conviction intime, à changer toutes mes dispositions et à me mettre dans l'impossibilité de faire ce que je regardais comme conforme aux intérêts de l'Empereur. Sa Majesté appréciera tout ce que cette opposition a de fâcheux pour son service et d'embarrassant pour moi.
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(( Dans ses lettres des IS et '21 février Votre Altesse me dit que Sa Majesté trouve que je me mêle de choses qui ne me regardent pas; qu'il est déplacé à moi d'être inquiet pour Badajoz qui est une place très-forte, soutenue par une armée de quatrevingt mille hommes; que l'armée anglaise qui voudrait faire le siège de Badajoz, fùt-elle forte de quatre et même de cinq divisions, l'armée du Midi serait en mesure de délivrer cette place; elle m'ordonne formellement de renoncera l'idée de venir au secours de Badajoz; elle ajoute que, si lord Wellington s'y porte, il faut le laisser faire, certain •qu'en marchant sur l'Agueda il sera bientôt contraint de revenir; enfin, d'après les lettres des IS et ''2[, il est clair que Sa Majesté m'affranchit de toute espèce de responsabilité sur Badajoz, pourvu que je fasse une diversion sur 1 Agueda; d'après €es lettres si précises, où les intentions de Sa Majesté sont si fortement exprimées, je me rends à Salamanque, et je rappelle mes divisions du Tage, •excepté une seule qui couvre Madrid, jusqu'à ce que l'armée du Centre envoie des troupes pour la remplacer.
« Aujourd'hui Votre Altesse m'écrit que je suis responsable de Badajoz si lord Wellington en fait le siège avec plus de deux divisions; et il semble à la fin de sa lettre que Sa Majesté me laisse le maître de secourir cette place, en portant des troupes sur
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le Tage. Ainsi, après avoir, par des ordres impératifs, détruit mes premières cotnbinaisons qui avaient préparé et assuré un secours efficace à Badajoz, après m'avoir d'abord enlevé le choix des moyens, on me le rend à l'instant où il ne m'est plus possible d'en faire usage. En effet, lorsque je me disposais à marcher avec quatre divisions au secours de Badajoz, j'avais trois divisions dans la vallée du Tage, cantonnées dans la Manche ou la province de Tolède, placées à six ou sept marches de Badajoz, ce qui leur donnait le moyen d'arriver à l'ennemi encore munies de huit jours de vivres, et de le combattre après avoir fait leur jonction avec l'armée du Midi. Aujourd'hui que ces troupes ont repassé les montagnes, qu'elles ont consommé leurs subsistances de réserve en s' éloignant, qu'il m'a été impossible d'obtenir de Madrid les secours nécessaires pour former un magasin à Almaraz, quoique depuis six mois j'en aie constamment renouvelé la demande, les troupes qui partiraient d'ici auraient consommé toutes les subsistances qu'il serait possible de leur donner avant d'arriver devant Badajoz. L'an passé, je .n'aurais jamais osé faire le mouvement que j'exécutais si je n'avais été certain que le blé était mûr dans l'Estramadure, et, effectivement, c'est en faisant la moisson que les soldats vécurent le jour de leur arrivée sur la Guadiana. A l'époque actuelle, et Almaraz ne
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renfermanl pas les approvisionnements nécessaires, ce mouvement ne peut se faire qu'en deux fois et avec l'intervalle nécessaire pour donner aux troupes le temps de faire, à portée de Badajoz et dans un pays qui produise quelque chose, une réserve de vivres, et le pays est plus éloigné de ma position actuelle que Badajoz même; c'est pour cela que j'avais laissé des troupes sur le haut Tage. Mon mouvement était faisable dans la position que j'avais prise; il est presque impraticable dans la position où je suis maintenant, vu l'époque de la saison, et le temps rapproché des opérations probables de l'ennemi.
« J'espère que Sa Majesté appréciera la position cruelle dans laquelle ces dispositions contradictoires m'ont placé et qu'elle reconnaîtra que la responsabilité ne peut peser sur un général que lorsque, lui ayant indiqué d'une manière générale le but à atteindre, on lui laisse constamment le choix des moyens.
« Après avoir mûrement réfléchi à la situation compliquée dans laquelle je me trouve, et considérant qu'avant tout la tâche qui m'est donnée est la conservation du Nord et que cette tache est beaucoup plus grande que celle du Midi; considérant que la nouvelle d'un débarquement des Anglais à la Corogne, quoique peu probable, prend cependant de la consistance, et que diverses dispositions
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des troupes portugaises et de la Galice, qui sont à Bragance et sur l'Esla, annoncent l'offensive; enfin vos lettres des 18 et 21 faisant entrer l'armée d'Âragon dans les calculs du secours que peut recevoir l'armée du Midi, et mes disjtositions, malgré les énormes difficultés qu'elles présentent dans ' l'exécution, étant faites pour une marche de quinze jours sur l'Agueda, déjà commencée, je continue ce mouvement sans cependant, je le répète, avoir une tiès-grande confiance dans les résultats qu'il doit donner.
c( Je mets en mouvement la division du Tage pour la porter sur Placencia en faisant répandre le bruit qu'elle se réunira avec l'armée par le col de Peralès pour entrer en Portugal, et je pars d'ici avec trois divisions; c'est tout ce que je puis porter sur l'Agueda, devant laisser une division sur l'Esla pour faire face aux Portugais et à la Galice; le général Bonnet n'attendant pour rentrer dans les Asturies que l'ouverture des passages fermés par les neiges; devant occuper constamment Astorga, liéon, Placencia, Valladolid et Zamora, sous peine de voir ce pays en combustion et nos embarras s'accroître d'une manière incalculable; devant conserver la communication de Burgos avec Madrid, de Valladolid avec Salamanque et de Salamanque avec l'armée; combattant sur la Tormès, j'aurais une division de plus en ligne, ce qui ferait cinq di-
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visions, et le nombre de sept que Sa Majesté compte que je peux y rassembler ne peut s'y trouver que lorsque l'armée du Centre aura avec deux divisions, placées dans les postes avancés sur ces communications et sur l'Esla, remplacé les deux divisions que j'en tirerais.
« J'ai écrit au général Dorsenne pour l'engager, si la chose lui est possible, à porter une partie de ses troupes dans le sixième gouvernement afin d'y remplacer les miennes et de rendre disponibles, dans le mouvement à faire dans ce moment, celles qu'il aura relevées. J'ignore s'il fera droit à ma demande, mais j'en doute, n'ayant pas encore reçu les bataillons de marche qu'il doit m'envoyer et qui me sont annoncés depuis longtemps.
« Monseigneur, je ne puis croire que Sa Majesté se fasse une idée exacte de la difficulté de son armée du Portugal; elle lui accorderait les secours qui lui sont si nécessaires, et les secours jusqu'à la récolte, c'est de l'argent, seul moyen d'assurer la subsistance des troupes réunies. L'armée de Portugal est incapable aujourd'hui d'aucune offensive sérieuse, d'aucune opération suivie, et sa situation ne changera que lorsqu'elle aura quelques magasins. 1/économie du peu d'argent nécessaire à assurer les opérations jusqu'à la récolte peut être payée, d'ici à trois mois, bien cher en hommes et en argent. »
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT
(Paris, le 4 nvril 1812.
(( Votre aide de camp vous aura fait connaître que l'Empereur vous laisse carte blanche; mais Sa Majesté a jugé convenable de confier au roi d'Espagne le commandement des armées de Portugal, du Midi et de Valence, pour les diriger vers un seul et même but, ainsi que la direction politique des affaires d'Espagne.
« L'Empereur considère
de troupes qu'on puisse faire, sans quoi les brigands fileraient sur Saint-Sébastien, et il faudrait employer contre eux six fois plus de forces quil n'en faut pour occuper les Asturies. »