‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 1 sur 247 · I>D MARECHAL · texte numérisé non relu

I>D MARECHAL

DUC DE RAGLSE

LIVUE DIXIÈME

SoMMAiRK. — Arrivée à llagiise. — L'aininil Siniavin à CatUiro. — Le pitlia de Bosnie Kosrew. — Retour en Daliiiatie. — Po|tiiliilion de la Dalniatie. IVlails : mœurs et habitudes. — Attaque de Gurzola par les Ro9scs. — Déclaration de guerre des Turcs contre les Russes. — rjvparalif's d'une expédition en Turquie. — L'amiral Siniavin aux Dardanelles. — Habileté do Sébastiani. — Première idée de construction des routes. — Rapidité d'exécution, -j- Catastrophe de Selim. — f^'amiral Siniavin revient à Gattaro. — Il entretient des intelligences en Dalmatie. — l^e Pandour Dinète. — Uille Russes délmrqués à Politza. — Révolte des habit<inls. — Moeurs et usages. — Une élection à coups de pierres. — Le knés. — Le généi il Lnuiiay achète les prisonniers vingt l'runcs par télé? — L'envoyé d'Ali-Pacha de Janina : son histoire. — Paix de Tilsill. — Remise de^ bouches de Cattaro par ^iuiavin. — Attitude des Bocquais. — Le vladika de Monténégro : son {Kirtrait. — Reprise des travaux de roule. — Travaux des Romains comparés. — Population de la Dalmatie du temps des Romains. — Moyens linanciers d'exécution appliqués aux tnivaiix. — Glau- {tel remplace Lauriston. — Marmont est créé duc <lc Riguse.

J'arrivai le 2 août a Raguse. Les Russes étaient rentrés à Cattaro, les Monténégrins et les Rocquais dans leurs villages. Un traité de paix, signé entre la France et la Russie le 20 juillet à Paris, ordonnait la remise de l'Albanie vénitienne à Tarniée III. 1

française et l'évacuation de Raguse. Tout semblait donc devoir se pacifier promptement; il ne me restait plus qu'à m'occupcrdes besoins de l'armée, qui étaient immenses.

L'administration de Tarmée d'Italie avait été chargée de faire vivre les troupes françaises en Dalmatie : on ne peut exprimer sa conduite coupable envers ces pauvres soldats, dont le sort est toujours de devenir victimes de ce que l'armée renferme d'abject. Un commissaire des guerres, appelé Volant, envoyait de Venise des blés gâtés, qu'un autre coquin de commissaire, nommé Vanel, partageant sans doule avec lui, recevait à Zara. Le pain était infect, les hôpitaux étaient dans le plus grand abandon, les casernes sans fournitures; tout était dans l'état le plus déplorable; plus du quart de l'armée était aux hôpitaux, où la mortalité était effrayante : c'était pire que ce que j'avais trouvé deux ans et d(îmi avant en Hollande.

L'Empereur me donna toute l'administration. Nous pourvûmes à nos besoins par nos propres movcns: des fonds suffisants nous furent envovés régulièrement; la Bosnie donnait à bon marché le bétail dont nous avions besoin; la Fouille nous envoya des blés, et en quelques mois tout rentra dans l'ordre. La mortalité diminua très-sensiblement, le nombre des malades devint plus modéré, enfin il finit par être dans la plus faible proportion

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