LIVRE XII. — ma». S3f
L'ennemi avait fait quelques travaux, non pour empêcher le passage, mais pour la sûreté de son avant-garde et pour donner le temps à Tarmée de se rassembler. Avec d'autres intentions, H aurait pris pour point d'appui le Danube même. Des redoutes à dislance convenable se seraient flanquées et soutenues. Essling, Gross-Âspern et Stadt-Enzersdorf auraient été retranchés avec soin, et celte ligne, appuyée au Danube et soutenue par toute l'armée, aurait présenté une barrière insurmontable. Au lieu de cela, l'archiduc se contenta de retrancher légèrement Gross-Aspern et Enzersdorf, de faire quelques flèches et d'occuper le château de Sachserihausen, poste isolé, placé au delà de Enzersdorf; mais il ne fit rien en arrière et laissa l'armée dans les camps, où elle était dispersée. Les troupes autrichiennes, placées près du Danube, n'étaient donc que des troupes d'observation ; les ouvrages occupés étaient destinés seulement à leur sûreté particulière et à présenter momentanément une première défense, pour retarder les mouve* ments de l'armée française et donner le temps de se réunir sur le champ de bataille reconnu et choisi d'avance pour combattre.
Nos batteries eurent bientôt mis en feu la petite ville d'Enzersdorf, dont les défenses misérables n'avaient aucune valeur et ne présentaient aucun abri. Quatre ponts ayant été jetés, à deux heures
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du matin, dans la partie inférieure de rUe, l'armée française déboucha sans rencontrer aucun corps ennemi. Enzersdorf tourné fut évacué, et le bataillon placé dans le château de Sachsenhausen, ne s'étant pas retiré assez tôt, fut fait prisonnier.
I/évacuation d'Enzersdorf fit retirer Tennemi des postes retranchés à sa droite et de Gross-Aspern ; alors l'armée autrichienne, réunie sur le plateau choisi pour livrer bataille, plaça sa droite à Gerasdorf, son centre ù Wagram et sa gauche à Neusiedl. Le centre et la gauche étaient couverts sur leur front par la rivière marécageuse leRusbach. Mais, peu au-dessus de Neusiedl, la gauche était sans appui et pouvait être tournée; tandis que la droite, placée au bas d'un amphithéâtre, était très-forte et libre dans ses mouvements. Le point d'attaque le plus favorable était donc, par notre droite, sur la {gauche de l'ennemi.
L'armée française employa toute la journée à passer les ponts, à faire évacuer les positions avancées de l'ennemi et à se former dans la plaine. A six heures du soir, elle avait sa droite à Gleisen* dorf, son centre à Raschdorf et sa gauche à Gross- Aspern.
En ce moment, TEmpereur, supposant à tort que Tarmée autrichienne n'était pas encore formée, donna l'ordre au vice-roi de faire attaquer par le général Macdonald le centre de l'ennemi dans