LIVRE Xll. - iS
la direction de Wagrain. Cet ordre avait été donné négligemment, sans que l'Empereur parût en sentir toute la conséquence. Macdonald en prévit sans hésiter le résultat. Il avait reconnu avec soin l'ennemi et pu juger que cette attaque isolée serait sans succès. Il engagea le vice-roi à faire cette observation à l'Empereur; mais celui-ci ne put jamais s'y résoudre, et Tordre de marcher fut réitéré. Macdonald se mit en mouvement, ses troupes atteignirent le haut du plateau; mais elles y furent si vigoureusement reçues, qu'elles redescendirent rapidement et dans la plus grande confusion. Les Saxons, après une attaque pareille, eurent un sort semblable.
Cette attaque, mal conçue, faite mal à propos, ne fut qu'une forte échauflburée. Si l'ennemi eût suivi les troupes dans leur retraite précipitée, il est impossible de deviner les conséquences qui auraient pu en résulter. De plus, elle avait été mal calculée : car, en supposant le succès, l'heure avancée et les localités n'auraient pas permis d*en profiter.
Pendant la journée du 5, j'étais resté au pont avec mon corps. J'en partis deux heures avant le jour pour venir prendre ma place de bataille. Elle me fut assignée au centre, à la gauche d'Oudinot. L*armée était dans l'ordre suivant : Â la droite Davoust, ensuite Oudinot, l'armée de Dalmatie, l'armée d'Italie, les Saxons et le corps de Masséna.
Davoust eut la mission de tourner la gauche de l'ennemi, d'enlever le village de Neusiedl, qui l'appuyait, et de le refouler sur son centre. Davoust exécuta ce mouvement avec correction, méthode et vigueur. Le corps du prince de Rosenberg, qui luimême avait pris roflensive et attaqué celui de Da voust, fut chassé de ses positions et forcé de se replier. Le corps de HohenzoUern vint pour le soutenir; mais le corps de Davoust était en entier monté sur le plateau, et, s'étant formé perpendiculairement à la ligne de bataille de l'ennemi, celui-ci fut obligé de perdre du temps et du terrain pour faire un changement de front en arrière, et Davoust avança d'autant. Il fut ensuite puissamment secondé par l'attaque d'Oudinot, qui marcha sur le centre de Tennemi, composé du corps du général Bellegarde, en liant sa droite avec la gauche de Davoust; et, après avoir enlevé la position qui était devant lui, il emporta le village de Wa-
gram.
«l'avais engagé mon artillerie pour soutenir Oudinotdans son mouvement. J'envoyai demandera l'Empereur l'autorisation de suivre le mouvement général en appuyant la gauche d'Oudinot. 11 répondit à mon aide de camp qu'il me laissait juge de ce qu'il convenait de faire et maitre de mes mouvements; mais, un instant après, il le fit rappeler : il avait chnngé d'avis, et lui ordonna de me dire de