LIVRE JCII. — 1809. S
rester en position, qu'il était de bonne heure, et <iue, plus tard, je pourrais être plus nécessaire.
n était onze heures du matin. Pendant que nous étions vainqueurs à la droite et au centre, notre gauche était fort maltraitée. Par la direction de notre nouvelle ligne de bataille, nous avions fait un changement de front partiel, l'aile droite en avant. Il devint entier par la déroule de notre gauche.
Masséna était venu occuper Âdlerklau, laissant la division Boudet à Gross-Aspern pour la sûreté des ponts, et s'était placé en seconde ligne, derrière les Saxons. L'ennemi, après avoir beaucoup renforcé ^ droite, en ajoutant au corps de Hiller, que commandait le général Klenau, celui de Kolowrat, se mit en mesure de faire, comme nous, un changement de front, l'aile droite en avant. 11 descendit des hauteurs de Gerasdorf, prit en flanc et aborda •avec vigueur notre gauche; et les Saxons prirent b fuite d'une manière honteuse.
Le corps de Masséna étant écrasé et rejeté sur le Danube et sur les ponts, l'ennemi fut au momeol d'y pénétrer. La circonstance était critique. L'Em* pereur ordonna à l'armée d'Italie de dire faee à gauche, et la fit soutenir par cent pièces d^artillerie et la cavalerie de la garde, ainsî<H{ne par plusieor» divisions de cavalerie de réserve. Ce feu d'artillerie? imposant arrêta l'ennemi. Macdonald, ayaol reçu ordre de charger l'ennemi avec deux dtvitiam^ m
porta en avant, sous un feu épouvantable, avec une vigueur peu commune, et ne cessa, malgré les per^ tes qu'il éprouvait, de gagner du terrain. Enfin Tennemi fut culbuté et mis en déroute. En ce moment, Bessières, commandant la cavalerie, eut son cheval tué, et lui-même fut blessé.
Cette cavalerie de la garde, si nombreuse, si bonne, si à portée de compléter le succès, ne s'ébranla pas. Si elle eût chargé, on faisait vingt mille prisonniers. On accusa beaucoup, dans le temps, le général Walter; le général Nansouty ne parut pas non plus exempt de reproches. Bref, le moment fut manqué, et, en pareil cas, il ne se retrouve plus.
L'ennemi alors efTectua sa retraite; la droite ne tint plus que pour donner le temps à la gauche d'arriver. Les trois quarts de ses forces prirent la direction de Korneubourg, et le reste celle de Nikolsbourg.
On peut tirer diverses conclusions de ce qui précède. D* abord l'archiduc a eu divers projets qui se sont succédé et ont contrarié l'exécution du dernier. Une bataille décisive a été son but, puisqu'il a renoncé a combattre partiellement Tannée française au moment où elle passait le fleuve, afin de Tcmpèchcr de déboucher. On ne peut mettre en doute qu'il ait voulu livrer une bataille défensive, puisqu'il s'est placé dans une position reconnue