LIVRE X. — 180C-1807. Sr
de la présence des Russes; à niinnil, j'étais en marche pour \u\ rendre avec les troupes placées sous» ma main, et, le lendeniainj j'appris la reddition à Macai*sca. Orfengo jouissait d'une bonne réputation, de ravanconHMit lui était promis; j'avais donc tout lieu de compter sur lui. Je le fis arrêter et traduire devant un conseil de guerre, qui le condamna à quatre ans de prison. Confié à la gendarmerie pour être transporté en France, il s'évada à son passage à ïrieste et passa au service de Russie. Je souhaite, pour la gloire de l'armée russe, qu'elle ne fasse pas souvent do pareilles acquisitions.
Immédiatement après la prise de Curzola, l'amiral embarqua ses troupes et vint mouiller dans nos canaux intérieurs, en face de Spalalro. L'île de Brazza était trop étendue pour pouvoir être défendue: aucun fort n'y avait été construit; en conséquence, j'en retirai la faible garnison, et j'abandonnai l'île à l'ennemi. Lésina se trouvait menacée^ mais là une bonne défense était préparée; l'ennemi ne fit aucune tentative pour s'en emparer, il se contenta de gêner nos communications maritimes pendant qufelque temps. Bientôt après. Ta mirai retourna avec son escadre dans la rade de Cattaro, et rappela à lui la portion qu'il avait laissée devant nous. Alors je fis réoccuper l'île de Brazza.
Dans le courant de janvier, une lettre du gêné-
52 MÉMOIUËS i)U DlC DE KÂGUSE.
rai Sébastiani nrannoiiçii la (iéclaration rlc guerre des Turcs contre les Russes : c'était un événement immense pour moi, il changeait toute ma position. Je n'avais plus à redouter l'arrivée du corps russe de dix mille hommes qui m'avait été annoncé. Tout semblait, an contraire, me promettre d'autres chances. Sélini, connaissant la faiblesse des armées turques, leur infériorité vis-à-vis des armées européennes, demanda un corps auxilinire français pour être réuni à l'armée du grand vizir. Ce corps devait être de vingt-cinq mille hommes, et la mission qu'il avait à remplir ne pouvait regarder que mes troupes et moi.
Un coips de vingl-cinq mille hommes de bonnes troupes, mené sagement et réuni à l'armée turque, aurait donné à cette armée une tout autre importance; c'eut été une belle marche, digne d'être vantée, que celle d'une armée partant de la Dalmatie pour aller faire sa jonction avec la grande armée, en passant parla Valachie. Sébastiani m'en prévint; il désirait beaucoup Texécution de ce projet, il le pressa tant qu'il put, et me provoqua à commencer ce mouvement, si mes instructions m'y autorisaient; mais il n'en était rien.
L'Empereur consentait à cette coopération et en appréciait tout l'avantage; cependant il voulait auparavant qu'un traité de subsides et d'opération fut signé. On réunit à Bassano les troupes nécessai-