LIVRE XII
laissai le commandement de mon corps d'armée au général Clausel, pour le ramener et l'établir dans les cantonnements qu'il devait occuper, et je précédai, à Paris, le retour de l'Empereur.
CORRESPONDANCE ET DOCUSIENTS
r.ELATIFS AU LIVMK DOCZIÊMF.
l.i: CKNÉIUL RUSCA A MAMMONT.
« De Villacli, le 3 juin 1809.
c< Moiiseigiieur^ je suis avec trois mille honniies posté sur la Drave, à Villach, pour surveiller les mouvements de l'ennemi, qui tente de sortir du Tyrol et se jeter en Croatie par Laybach et Agram. Je ne suis pas bien fort pour m'opposera son projet: je tâcherai néanmoins de lui faire du mal.
« Ayant appris que Votre Excellence se trouvait à Laybach, je me suis empressé de l'instruire des tentatives de l'ennemi, qui, voulant exécuter ce projet, ne pourrait le faire que par la route d'Arnolslein et Wurzenberg, et delà à Laybach. Si j'étais forcé de Villach, et obligé de me replier sur Klagen* furth, ensuite, si je puis compter d'être appuyé par Voire Excellence, je me dirigerai sur Marbonrg. Je m'empresserai d'expédier un officier en poste |>our
KIVRK \II. — COURESPONDANCE. 277
prévenir Votre Excellence des mouvements de l'ennt'mijs'il se dirigeak sur Laybach ou Klagenfurth. « Le courrier porteur de la présente ne pouvait passer avec sûreté par Tarvis; je le fais rétrograder sur Klagenfurthj et de là à Laybach.
c< P. S. On fait Tcnnemi fort de huit à neuf mille hommes. »
IJO OK.NKRAI. miSCA A MARMONT.
(I Au quartier j2:éii<'ral lie Klo'JOnrutdi, le 4 juin 1809.
<( Mon général, j'ai évacué Yillach ce matin, et me suis rendu à Klagenfurth. Les mouvements de Tennemi m'ayant fait connaître qu'il cherchait à me jeter dans la Drave, je me suis empresaé de former une colonne et me mettre en marche, après avoir du soutenir une fusillade que l'ennemi voulait prolonger pour exécuter son projet.
« Comme Tennemi pourrait se diriger sur Layhach, j'ai cru devoir prévenir Votre Excellence de ces mouvements.
c< Il m'est difficile de pouvoir connaître à fond ses opérations : 1" par la difficulté de la langue; :2'* par la presque impossibilité de trouver des espions.
« Si j'étais fort, je l'attaquerais; mais, dans l'état où je me trouve, je ne pourrais le faire sans (Tanger. Je resterai à Klagenfurth et me défendrai.
« Je prie Votre Excellence de me faire connaître si elle doit se diriger sur ce point. »
NAPOLÉON A MAllMONT.
c SchoBiibruiin, le 5 juin 1809.
a iMonsieur le général Marmont, je suppose que vous êtes arrivé à Laybach, que là vous recevrez votre artillerie et un régiment de cavalerie, et qu'en même temps vous veillerez sur toute la frontière et sur toute la ligne de communication. — J'ai nommé généraux de brigade les colonels Bertrand, Bachelu et Plauzonne. Présentez-moi des chefs de bataillon de mérite pour les remplacer. — Vous pouvez garder un de ces nouveaux généraux de brigade : envoyez-moi les deux autres ici. »
LE gF:nérâl rusga a biarmont.
« Au quirlier général de Klagenfurih, le 5 juin 1809.
« Mon général, la dépêche de Votre Excellence, en date d'hier, m'a été rendue ce matin, et je m'empresse de lui rendre compte que l'ennemi, depuis hier, ne s'est plus montré. Je vais envoyer une reconnaissance pour connaître s'il fait quelque mouvement sur Klagenfurlh.
c( Son point de réunion était hier à Villach; le