LIVRE XÏI. - CORRESPONDA^'CI-:. !27îr
mouvement qu'il a fait, et ensuite des renseignements que j'ai eus, m'en donnaient l'assurance.
« Il faut cependant se méûer et prévenir le parti qu'il peut prendre, sachant que Votre Excellence est à Laybach, et qu'il peut être arrêté s'il se dirige^ sur ce point. 11 doit être instruit de la position de votre armée, et il serait possible qu'il se jetât, par Tarvis, sur Caporetto et Gorice.
a J'oserai même croire que c'est le seul parti qui lui reste. Si Votre Excellence fait surveiller les mouvements de l'ennemi surPlez, elle aura le temps de le rejoindre sur Gorice.
a De mon côté, je fais tout mon possible pour avoir des renseignements.
<« Mais, dans ce pays, il est très-difficile de pouvoir réussir, même avec beaucoup d'argent.
« Si j'avais des forces, je prendrais l'offensive et le presserais d'une manière vigoureuse; mais je n'ai que trois mille quatre cents hommes, officiers compris et tous recrues. Si Votre Excellence pouvait m'envoyer cinq mille hommes, nous pourrions noua tirer cette épine.
a Des petits corps de troupes isolés filent continuellement par les hauteurs de Gemùnd, par la Styrie, et vont rejoindre l'armée ennemie.
a Je fais surveiller Saint-Vert, pour être averti s'il faisait quelque mouvement par là; mais je pense qu'il ne s'écartera pas des trois routes de
-m MÉMOIRES DU DUC DE RAUUSE.
Klagenfurtli, d'Arnoldstein par Wiirzenberg, et celle «le Tarvis pour Caporetto.
« Voilà les détails que je puis donner à Votre Excellence; en attendant ses dispositions, je me maintiendrai à Klagenfurth, poste qui me garantit d'un coup de main. »
LK GKNÉRAL RUSGA A MAUMONT.
« Au quartier général ilc Villach. Ir 5 juin 1810, deux heures après ni'nli.
Mon général, j'ai reçu la dépêche de Votre Excellence, datée d'hier au soir; j'avais dc^jà mandé ce matin, par mes dépêches, que je crois également que l'ennemi pouvait encore se porter de Tarvis sur fiorice. Une reconnaissance est partie ce matin, et, comme la course qu'elle a à faire est très-longue, elle ne rentrera que ce soir; j'aurai soin d'informer Votre Excellence de tout ce qui parviendra i ma connaissance.
« Si j'avais assez de forces, j'attaquerais Tennemi, t^l, si Votre Excellence peut disposer de quelques forces, je l'obligerai ou de rentrer dans le Tyrol, ou le pousserai entre deux feux. »
LE PRINCE EIGÈNE A MAUMONT.
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•< J'ai reçu, monsieur le général Mannonl, les
LIVHK XII. — CORRESPONDANCE. 281
«lifférentes lettres que ma apportées votre aide de camp; il m'a appris qu'à son passage à Klagenfurth, il avait rencontré le corps du général Rusca, qui se repliait de Villach sur cette ville, forcé par le général Chasteler, qui était débouché du Tyrol avec environ six mille hommes, et qui cherchait à se rallier au prince Jean. Votre aide de camp m'a également dit que le général Rusca vous avait demandé du renfort; je ne doute pas que vous n'ayez profité de celte occasion pour joindre l'ennemi, si vous avez été averti assez à temps. Dans tous les cas, je marche sur le prince Jean, qui cherche à rallier ses corps épars sur la Raab, Sa Majesté m'ordonnant cette opération. Je désire que vous y coopériez; ainsi, si le général Chasteler est parvenu à passer, il faut que vous le suiviez, et faire en sorte de le joindre, s'il est possible; vous pouvez prendre avec vous le général llusca, car je pense que les derrières de Tarmée sont libres, du moment où le général Chasteler a passé; vous laisseriez quelques troupes dans le fort de Laybach, avec ordre au comman- <lant de tenir le plus possible, et vous approvisionneriez ce fort pour plusieurs jours. Dans le cas où le général Giulay chercherait à faire un mouvement sur votre droite pour se jeter sur I^ybach, vous vous y reporteriez vous-même et vous pourriez l'attaquer avec avantage. Enfin, si tous les corps autrichiens opéraient leur jonction avec le prince
â^:f MÉMOIRES bZ Dl'C DE RA(;i'SE.
Jean, vous manœuvreriez toujoui*s pour tenir en échec le plus de forces possible, ce que vous feriez alors avec d'autant plus de facilité, que, me portant moi-même sur Tarmée autrichienne avec des forces imposantes, je l'oblige à me faire face, et vous vous trouvez naturellement placé sur son flanc. Je serai, le 0, sur la Raab, et, si Tennemi manœuvre, je suivrai ses mouvements; agissez donc Yous-même d'après cela. Ainsi votre premier mouvement doit <Hre de vous porter sur-le-champ à Marbourg, où le général Chasteler se sera naturellement dirigé. Vous pourrez communiquer par votre gauche avec Macdonald, qui doit s'avancer jusqu'à Fùrstenfeld. mais qui laisse un petit corps d'observation à Gràlz. Je communique moi-même avec lui, et j'aurai de cette manière promptement de vos nouvelles.
« P. S. Vous laisserez un officier supérieur à Klagenfurth. Sa Majesté a désigné cette place comme le grand dépôt de l'armée d'Italie; elle a même ordonné d'y placer les canons sur les remparts, et le général Chasscloup y est pour l'armement. Vous ordonnerez qu'on y réunisse tous les traînards ou hommes isolés, et qu'il ne parte aucun détachement, à moins qu'il ne soit formé en bataillon it(^ marche. »