II
M MÉMOiUES DU DUC DE RAGUSE.
dû passer la mer. Ces deux chefs ne réclamèrent • aucun secours.
La guerre entre la Turquie et la Russie avait multiplie mes rapports avec les pachas. J'entrai en communication avec le célèbre Ali-Pacha de Janina. Celui-là fit beaucoup de demandes. Je lui en- . voyai tout ce qu'il désira en matériel, et, de plus, un détachement d'artillerie, commandé par un oflicier.
L'amiral Siniavin, parti de Cattaro, depuis un mois, avec toute son escadre, excepté deux vaisseaux, des frégates et des bâtiments légers restés dans nos parages, avait fait sa jonction avec l'escadre anglaise.
Le 27 mars, une lettre de Sébastiani m'annonça le départ de Constantinople du ministre d'Angleterre, et l'arrivée de l'escadre anglaise devant cette ville le 21 février. Les Dardanelles avaient été for- -cées. On considéra cette action comme extraordinaire; mais c'est un prodige qui se renouvellera toujours, tant que ce passage ne sera armé que de ^ros canons immobiles, qui ne peuvent tirer qu'un seul coup chacun contre une escadre marchant avec un vent favorable.
Lamiral Duckworth, arrivé avec son escadre devant Constantinople à la pointe du sérail, menaçai de brûler la ville, et, comme il était maître de le faire, puisque cette ville était sans défense, il pou-