‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 153 sur 247 · K MA.IOU GÉNÉRAL A MARMONT · texte numérisé non relu

K MA.IOU GÉNÉRAL A MARMONT

• WûUrendorf, le 10 juillet 1809, ncui' heures et demie du mnlin.

« Je vous préviens, monsieur le duc, que le maréchal ducd'Auerslâdt est arrivé hier à Nikolsbourg et qu'il part aujourd'hui pour se diriger sur Znaïra. Le duc de Rivoli s'est battu hier à Hollabrunn avec l'arrière-garde ennemie. L'Empereur n'a point encore de nouvelles de votre arrivée à Laa ; Sa Majesté en attend d'un moment à l'autre^ elle va partir dans une heure ou deux, à la tète de sa gar|de, pour se diriger de votre côté. Ainsi nous aurons demain^ du côté de Znaim, des forces imposantes pour y combattre l'ennemi s'il prend position; maison a plus lieu de penser qu'il se relire en Bohême. »

Mf MÉMOIRES DC DUC DE RAGUSE.

MPiiLÉON A MàRMONT.

- Laa, le 11 jnîUel i809. deui beurei

du roatin.

u Monsieur le général Marmont, TofScier de génie italien que tous avez expédié est arrivé à minuit. U a donc mis six heures pour faire cette mission : depuis il n'est arrivé personne. Cet officier l>ouvait s'égarer ; les règles de la guerre voulaient que vous en envoyassiez trois à demi-heure de distance les uns des autres. Je n'ai trouvé à La a aucun commandant, aucune garnison, pas même un poste à vos ponts; cependant, si les hussards qui rôdent dans la plaine étaient venus les brûler, votre retraite eut été compromise : vous n'avez pas appris cette insouciance en servant avec moi. Gomment n'avez-vous pas laissé des postes de cavalerie pour jalonner la route et pour que vos nouvelles arrivassent promplement? Le duc d'Auerstâdt avait ordre de vous appuyer; vous Tavez si peu pressé de venir à vous, qu'il s'est porté à Nikolsbourg, c'està-dire à deux journées de vous : heureusement qu'hier je l'ai fait venir ici. La lettre que vous lui écrivez n'est pas assez pressante; il est tout simple qu'aucun général n'aime à venir en seconde ligne. Jo monte à cheval avec toute la cavalerie; mais iï est déjà deux heures du matin; ayez soin de ne rioii engager de sérieux jusqu'à ce que je sois

LIVHE XII. — CORRESPONDANCE. 317

à portée de vous. Le général Oudinot, qui a pris une direction à gauche, a dû vous envoyer un officier pour avoir des nouvelles. Envoyez-moi quelqu'un qui connaisse bien votre position et celle de Tennemi. Quel est le village pris et repris? Faitesm'en un croquis que vous m'enverrez en route. »

MARMONT A NAPOLÉON

< Quartier gc^néral de Znaîm, le il juiliel i8(KK

a Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire; je crois pouvoir me justifier des reproches qu'elle contient.

<c L'uniformité des rapports m'a autorisé à croire que Tarmée ennemie avait dépassé Znaïm, et que, tout au plus, une simple arrière-garde s'y trouvait : j'ai pu croire, d'après ce qui m'a été affirmé, que deux régiments de cavalerie et deux régiments d'infanterie, ainsi qu'on le disait, occupaient seulement la ville de Znaïm, se disposant à la retraite, ayant entendu le canon le 9, presque dans la direction de cette ville. L'ennemi ne m'a d'abord présenté que de la cavalerie, ensuite quelques tirailleurs. Plusieurs de ces tirailleurs pris ne m'ont parlé que de quatorze bataillons de grenadiers, qui venaient <rêtre envoyés ici pour protéger la retraite, et j'ai du me croire assez fort pour les battre.

« Ce n'est qu'après deux heures de combat quo

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