LIVRE X
de manière que, quoique assiégées, ces places pouvaient être ravitaillées, et leurs garnisons conservaient toujours la liberté de sortir quand la défense ne pouvait plus se prolonger. Les transports à exécuter le long du littoral se faisaient au moyefTHe la mer, que personne ne pouvait leur disputer. Une route longitudinale leur était donc inutile :TTsTauraîgpt Aup qiilk DP g pn seraient pas servis. Voilà tajositian des JjéjpjJUeiis; elle était Tiayecse de la nôtre. Ta mer ne nous appartenait pas; il ne nous fallait donc tjue peu de places. maritimes, mais de très-fortes et exigeant un grand siège, et placées de manière à servir, au besoin, d'appui et de refuge à notre marine; les autres villes devaient être ouvertes et démantelées. \nii<^ n^ pmivinns p;^<^ fairA nos transports par mer; il nous fallait donc des che-\ mins. Nous avions à redouter une armée de débarquement et des révoltes; il nous fallait donc pouvoir nous mouvoir par Tintérieur avec des troupes nombreuses, réunies, pourvues de matériel et munies de canons.
Ces réflexions me frappèrent aussitôt après mon arrivée en Dalmatie; mais je n'entrevoyais pas alors la possibilité de remédier à cet état de choses. Le repos laissé par l'ennemi, la disparition de l'amiral Siniavin et sa station dans le Levant, la douceur du climat dont on jouit, même au milieu de 1 hiver, sur le littoral, l'utililé d'entretenir 1 activité
des troupes, et la répugnance que j'ai toujours eue à les fatiguer de manœuvres quand elles sont instruites, tous ces motifs me donnèrent la pensée d'entreprendre ces travaux, sauf à les quitter si la guerre nous faisait prendre les armes, ou à augmenter leur. développement si notre repos se prolongeait. J'eus recours à ces idées de gloire et d'avenir auxquelles j'avais trouvé mes soldats si sen* sibles dans mes travaux du camp de Zeist; je parlai de Futilité dont seraient pour le pays de semblables travaux, de la reconnaissance publique qui en serait le prix. Je leur. rappelai l'exemple des armées romaines, habituées à employer ainsi leurs loisirs. J'étais aimé de mes troupes, et un mot de moi, yn désir, étaient des lois pour elles. La manifestation de semblables sentiments allait droit au noble cœur de ces braves soldats, et ils manifestèrent l'empressement le plus vif à commencer ces travaux.
Je ne voulais pas qu'il en résultât pour l'armée d'aulres inconvénients qu'un peu de fatigue. En conséquence, le sort des soldats fut amélioré sous le rapport de la nourriture pendant la durée des travaux. Je répartis les ateliers à portée du cantonnement de chaque régiment, afin d'éviter des bivacs ou des déplacements pénibles. Chaque portion de route reçut le nom du régiment qui l'avait faite, et ce nom, ainsi que ceux du colonel et des ofQciers supérieurs, furent gravés sur le rocher. Ces idées