‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 174 sur 247 · LIVRE Mil. -^ ltt9-flsio · texte numérisé non relu

LIVRE Mil. -^ ltt9-flsio

les yeux des colonels, apprendre à senrir d'instructeurs. Rattachai aussi à chaque français des officiers et sous-officiers croates, pavr V être instruits. Dans le cours de Tété, les mcnts croates acquirent rinstructîoD

pour servir et manœuvrer avec les troopes (fa»çaises, et les Croates, fort intell^ents, apfnreal assez vite tous les commandemenls français poar les faire eux-mêmes et les exécuter. Dès lofs, toos les commandements eurent lieu en notre langue* chose indispensable pour des troupes qui deraienl servir avec nous.

De bonne heure, j'avajs pensé à étmdrejD» relations de commerce avec la Turquie, et, pour les favoriser, j'avais donné l'ordre de construire mu grand lazaret à Costanitza. Le confluent de la Culpa dans la Save m'avait d'abord paru un emplaeem^it plus avantageux, comme pouvant senrir égalem^it aux marchandises venant par eau et par terre; mais, ces dernières étant de beaucoup les plus nombrrase^ et devant le devenir davantage encore, iair intérêt particulier dut prévaloir. Le commerce r.vatt déjà les habitudes de Costanitza, et il ne faut pas chan*' ger la marche du commerce sans nécessité* Les tra^' vaux, conduits avec activité, furent terminés dam^ la campagne. Cependant un entrepôt secondaire fot établi à Sissek.

«rallai voir au'^'^i los Croates, dont j'avais vengé

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la querelle et qui rebâtissaient leurs demeures: elles y gagnèrent, comme il arrive toujours en preil cas; des ing(^nieurs présidèrent à leurs travaiu, et leurs habilalions furent réunies par masses de vingt à vingt-cinq maisons, f^es régiments étant autorisés à venir à leur secours, des Iwis leur furent fournis gratuitement; on leur abandonna un certain nombre de journées de travail qu'ils devaient à rÉtat. L'ouvrage, très-régulièrement exécuté, fut terminé avant la mauvaise saison.

Je réformai une disposition de l'état civil des Croates contraire aux intérêts de la population, l-es mariages, trop précoces et autorisés dès Tàge de douze à quinze ans, furent défendus avant seiie ans pour les (illes, et dix-buit ans pour les hommes. J avais obtenu de Tlimpcreur d'envoyer deux cenU 1 enlimls croates, (ils d'olïiciers et de sous-olliciers,

«n France, pour y être élevés, aux fr'ais de l'Etal, dans nos lycées et nos écoles. Cette disposition fut reçue avec joie et reconnaissance. Je lis faire les choix sous mes yeux. Les jeunes gens partirent sans retard en deux détachements, à ^ied et conduits par lies oHiciers. Peut-être un jour la France retrouvera-t-elle les fruits de ces soins!

Après avoir visité ainsi la Croatie et revu les champs de bataille où Tannée précédente j'avais combattu, je revins par Sejrna, Fiume, Triesle. G»rizia, Villach et Laybach.

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Trois vaisseaux et une frégate nous avaient été cédés parles Uusses. L'Empereur voulait, avec un i\e ces vaisseaux et la frégate, faire le fond de la marine d'IUvrie: les matelots étaient faciles à fournir, maisoù était l'argent pou ries payer? car l'Empereur se refusait ^ reconnaître la disproportion existante entre les charges qu'il nous imposait et nos ressources; son esprit présentait déjà, et fréquemment, les contradictions extraordinaires qui depuis ont été toujours en augmentant.

Avant ce temps, il était toujours d'accord avec lui-même : quand il voulait la fin, il voulait les moyens; mais alors il ordonnait Tune sans s'occuper des autres. Il fallait donc nécessairement lui désobéir, ou dans le résultat ou dans le choix des movens. Je fis visiter le vaisseau; trouvé hors d'état de naviguer par la commission de marine chargée sous mes ordres du service, on le démolit; mais la frégate fut armée au moyen de nouvelles levées, et ces levées fournirent aussi l'équipage du vaisseau le liirolij qui était à Venise. La frégate alla le joindre et passa à la solde de l'Italie. La flottille de rillyriese trouva seulement composée de deux goëlotles, deux bricks, dix chaloupes canonnières et vingt péniches; elle se divisait en trois stations suffisantes à la protection de nos côtes.

CORRESPONDANCE ET DOCUMENTS

RF.I.ATIFS Al* LIVBE TIEIZIÈXE

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