‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 173 sur 247 · LIVRE XIIK · texte numérisé non relu

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des risques à leurs habitations et à leurs personnes si Tautorité, comme il était arrivé tant de fois, n'atteignait pas son but.

Je formai plusieurs détachements de troupes , sous le commandement d'officiers choisis. J'ajoutai a chacun d'eux des détachements de gardes nationales, composés d'hommes sans propriétés, moins exposés que d'autres à la vengeance des brigands, «t connaissant bien le pays.

Toutes ces colonnes étant mises sous les ordres d'un officier supérieur, on commença la chasse. Au moment même où on poursuivait les brigands, je fis placer des soldats dans toutes les maisons des villages à portée, dont les habitants étaient, pour la plupart, complices des brigands. Ordre rigoureux fut donné de les retenir tous, homipes, femmes, entants, jusqu'à la fin des opérations. — Par ce moyen, les brigands perdirent à la fois les avis et les vivres qu'ils tiraient de ces villages, ainsi que les refuges qu'ils pouvaient y trouver dans un cas pressant. Abandonnés ainsi à eux-mêmes et privés de tout secours étranger, ils ne pouvaient plus se défendre ni subsister. Une commission militaire en permaneiice jugeait immédiatement les hommes saisis. La chasse dura trois semaines environ. Soixante et quelques de ces misérables furent pris et pendus sur le lieu même de leurs exploits; une douzaine se soumirent, donnèrent des sûretés, et le reste

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dispanil. Depuis^ et tant que dura le régime Irdu- (;ais5 oîi n'en entendit plus parler. Celle province devint aussi sure que le reste do l'IUyrie.

Je complétai l'organisa tioii civile des pi'ovinces eu établissant, à l'instar de la France, une administration dos contributions directes, et en faisant Taire la répartition de Timpùt fixé pour l'année suivante.

nuoi(|uo lo pays soit cadastré depuis Marie-Thérose. cello opération était difficile à la suite d'un si long temps; chaque propriété avait, pour ainsi dire, changé de nature, l/impôt du timbre et de leni^e- «^Mstroment fut adopté, et une régie des domaines ^uvéo: mais ou ajourna la perception de Tinipôld^ Tenregistrement jusqu'à la publication du Code civil. Une règle unique est indispensable, et aloi-sil y avait autant de lois et de coutumes que de provinces. Ces divers changements promettaient de Targent pour Tavenir, mais ne nous en donnaient |Kts pour h' moment. Nos besoins étant extrêmes et d'une urgence impossible à exprimer, je fis un em* prunt de cinq cent mille francs à Trieste. CouTerf aussi lot; ce fut une ressource momentanée. J'établis une administration des postes et un service rëgulierpour toute l'étendue des provinces. J'avais,

deux fois par semaine, des nouvelles des points ks plus éloignés.

,' Enfin je créai un corps des ponts et chaussées,

LIVIŒ XllI. - 1809-1810. .

composé des meilleurs ingénieurs civils des villes el de la province de Carniole, et je mis à sa^téte un ingénieur nommé Blanchard, envoyé de France, liomme fort capable. Je m'occupai aussi de l'instruction publique, et j'établis deux écoles centra-l les, une à Laybach et l'autre à Zara, et huit lycées dans les principales villes; deux écoles d'arts et de\ métiers; des écoles primaires dans toutes les communes. L'instruction enseignée dans les écoles su-, périeures comprenait le latin et le français, les mathématiques et la physique; et, avec le temps, les écoles de Laybach et de Zara auraient reçu plus de développement. Un assez grand nombre de bourses lut créé, et le tout établi si économiquement, que l'ensemble de Tinstruclion publique, hors des écoles primaires, ne s'élevait pas, en y comprenant les bourses, au delà de deux cent cinquante mille francs. Pour achever Tindication sommaire des établissements faits alors, je parlerai encore d'une régie intéressée pour laxeale.dfis tabacs» d'une entreprise pour la fabrication des4)oudres, et des salpêttiSJ'^ dans toutes les villes. Notre situation devant nous porter aux économies, je fis répartir chez les cultivateurs solvables douze cents chevaux d'artillerie ol d'équipages, avec obligation de les représenter ;m moment du besoin, ou d'autres de même valeur. Cotte mesure, en usage en Prusse de tout temps, avait déjà été pratiquée en France, après la paix

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7u{ MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

de LunévîUe. Il n'y en a pas de plus utile. On devrait toujours y revenir, car elle donne des moyens d'armement très-prompts. Elle réserve pour le service du gouvernement et utilise pour le pays des chevaux qui, à la fin des guerres, n'ont aucune valeur au moment où ils sont vendus. N'en retrouvât-oa que la moitié au moment où on les réclame, il y aurait encore pour FÉtat un grand bénéfice de temps et d'argent.

Aussitôt que la saison et les affaires le permirent, je commençai une inspection de détail dans les régiments frontières, et un voyage dans le reste des provinces. Je vis les Croates, compagnie par cqoh pagnie, je pourvus à leurs besoins^ je satisfis à leurs demandes, et je laissai ce peuple content d'appartenir à son nouveau souverain; il n'avait pas perdu au change, et il le sentait. Il devait conserver ses institutions, auxquelles il tenait beaucoup, et H était l'objet de soins plus empressés et d'une protection plus eilicace; et puis le nom français atois était si grandi

■ J'avais fait traduire en illvrien nos ordonnances 'sur les manœuvres. Afin de les faire apprendre am Croates, j'attachai momentanément deux bons in-

sMucteurs français, pris dans les régiments frift* çais, à Tétat-major de chaque régiment croate. Uœ instruction normale fut donnée, et un officier rt deux sous-officiers par compagnie venaient, soif

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