‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 176 sur 247 · LE MINISTRE DE LA GUERRE AU MARÉCHAL MARMONT · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DE LA GUERRE AU MARÉCHAL MARMONT

€ Paris, le 21 décembre 1809.

« Monsieur le maréchal, l'intention de l'Empereur est que Votre Excellence administre ce pays, en louche les revenus, et les fasse servir à l'entretien des troupes. Sa Majesté vous recommande cependant, monsieur le maréchal, de ne rien faire, pour les fmances, que de concert et par le canal de M. le conseiller d'État d'Auchy.

c< Je vous préviens en même temps, monsieur le maréchal, que Tintention de Sa Majesté est que le commandant de la Dalmatie s'adresse à Votre Excellence pour tout ce qui aura rapport au bien du service et aux besoins des troupes stationnées dans cette partie des provinces illyriennes. »

LE MAR^XIIAL MARMONT A D'AUCllV.

cl*'janTier1810

ce Monsieur l'intendant général, depuis six semaines que j'ai rejoint l'armée, il ne m'a pas été

diflicilc de drriiêler vos sentiments et de remarquer votre conduite. Mais j'espérais que de bonnes manières, et les égards particuliers que je vousai raonf rés siifliruienl pour vous ramener a des idées plus sîiines. Puisque le contraire est arrivé, je dois avoir nue explication avec vous.

c( Il est possible que vous ayez raison de vous plaindre de voire destination, de vous trouver employé d'une manière inférieure à vos droits et à vos talents; mais, quelle que soit votre position personnelle, elle ne vous permet pas de vous exprimer sur le compte de l'armée française comme vous le faites dans vos conversations habituelles : le texte de tous vos discoui-s est l'injustice et l'arbitraire des militaires^ et vos passions vous emportent au point de no pas voir que vous scandalisez ceux mêmes que vous croyez qui y applaudissent.

a Où sont les actes arbitraires? Où sont les injustices? L'armée française ne mérite que des éloges, et mon corps d'armée, en particulier^ est un modèle d'ordre, de discipline et de subordination, comme les généraux qui la commandent sont rexomple de Thonneur et de la délicatesse. S'il y «I vait des abus, c'est moi que vous devriez en entretcMiir, et non de nouveaux sujets de rEmj>ereur, <lont l'opinion n'rsl pas encore lixée, et que, sans 4loute, vous n'engage/ pas ainsi à nous aimer.

« Cro\ez-vous donc bien servir TEmpereur en

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