‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 177 sur 247 · LIVRE Xlll. - ronHESPONDANCi · texte numérisé non relu

LIVRE Xlll. - ronHESPONDANCi

cherchant à nous rendre odieux? Non, monsieur^ non; vous ne pouvez pas prendre une marche qui soit plus nuisible aux intérêts de Sa Majesté.

c< Vous avez établi en principe de persécuter ceux qui ont de la déférence pour nous. Eh mais, monsieur, quelle erreur vous égare, et dans quel pays des généraux qui méritent l'estime et la confiance publique ne doivent-ils pas recevoir des témoignages de déférence? Vous avez menacé de destituer de vos employés par le seul motif qu'ils sont venus quelquefois chez moi. Vous avez traite injustement des hommes parce qu'ils ont montré de l'empressement à me donner des renseignements sur le pays. Vous avez suspendu pour plusieurs mois, après l'avoir menacé de destitution, un ingénieur, parce qu'il a accompagné le général Bertrand, aide de camp de Sa Majesté, dans une reconnaissance sur la Save. Vous avez menacé de destitution un autre ingénieur, s'il se rendait auprès du général Guilleminot, chargé de fixer les frontières, lors même que votre autorité sur eux est incertaine, n'ayant encore d'autre attribution que les finances.

<* Mais, en vérité, monsiBur, quel est l'esprit qui vous conduit? Y a-t-il guerre civile, et avons-nous des intérêts autres que ceux de TEmpereurî

« 11 y a trente-six jours que les troupes françaises occupent Carlstadt. Le pays est dépourvu d'effets de casernement, et je vous ai écrit pour en faire ache-

o8â MÉMOIRES DU DUC DK RAGUSB.

ter. Vous avez donné des ordres et des moyens à M. Koermelitz, administrateur. J^étais autorisé i espérer que tout serait promptement en ordre. A mon arrivée ici, rien n'est acheté, aucun marché même n'est fait^ et les troupes sont dans Tétat le plus minable.

u Je suis justement indigné de rineptiedeM.koermelitz; et, trouvant dans M. Litardi, auditeur lu conseil d'Etat, un jeune homme plein d'intelligence, de zèle, et nmni de votre confiance, je le charge d*élablir le casernement. Immédiatement on éprouve les meilleurs effets des mesures qu'il a prises, et, <iu lieu d'applaudir, vous censurez, vous menacei, vous déclarez que rien de ce que M. Litardi a bit acheter ne sera payé, et vous renvoyez à M. Koeruielitz, dont je suis autorisé à soupçonner beaucoup la probité, pour l'examen des fournitures faites i riiopilal. Ainsi les troupes doivent être victimes de vos passions.

« N'aura i-je donc aucune action surradminislratiou du pays? Ma seule qualité de chef de l'ariDée, ot ma présence sur le lieu même, quand vouséteBi (]uarante lieues, auraient dû vous faire déférer avec empressement à ce que j'avais ordonné, et qui intéresse aussi puissamment la conservation des soldats. Mais, puisque j'ai d'autres pouvoirs, votre oonduite est bien plus étrange.

v< Monsieur Tintendant général, rien ne peut être

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