LIVRE XIII. - CORRESPONDANCE
frontière du régiment de Sziùin et à reprendre le fort de Czettin, qu'Hassan-Âga de Pekey et s^ gens avaient annoncé vouloir défendre jusqu'à la dernière extrémité.
« J'ai marché sur Czettin lé 9, après m'avoir fait précéder de lettres convenables dans les différents territoires qui avaient fait alliance entre eux, et qui se composaient d'Ostrokaz, Sturlitz^ Radruch, etc. J'ai bivaqué le 9 à une lieue de Czettin, et le 10 au matin, à l'instant où je me suis présenté devant cette place, je Tai trouvée évacuée. L'utile exemple d'Isachich et de Glokot a répandu une telle terreur parmi les Turcs, qu'ils ont subitement abandonné la place, la laissant pourvue de son artillerie et de vivres pour un long siège. C'est le même fort qui, il y a vingt et un ans, défendu par sept cents hommes, a arrêté l'armée autrichienne de vingt-cinq mille hommes, commandée par le général Devins, pendant trente-sept jours. La tranquillité est ainsi complètement assurée, et le régiment de Szluin a recouvré son territoire. Je puis affirmer à Votre Excellence que ces Turcs, qui, sur cette frontière, ont le surnom de méchants, et qui, grâce à l'extrême faiblesse du gouvernement autrichien, étaient en jyossesstôn de se livrer à tous les excès, ne seront dii^ longtemps tentés de les renou vêler. ^^
« En conséquence^ je mets en route dès aujour-
rl'hui les 5*^ et 81* régiments pour Udine, aliii de soulager la caisse des provinces illyriennes. Je me rends moi-même à Laybach pour voir, avec M. d'Aurhy, à prendre les mesures nécessaires pour faire face aux besoins du service. Pendant l'été, et lorsque j'aurai atteint ce but, je reviendrai en Croatie pour visiter sur les lieux chaque consigne des régiments croates, et pouvoir, avec connaissance de cause, ordonner tout ce que le bien du service de Sa Majesté et l'intérêt des régiments croates com* mandera.
a Les événements qui viennent de se passer ont donné occasion à huit cents individus grecs de se rendre sur notre territoire avec leurs bestiaux, demandant des terres et leur incorporation dans les régiments. J'ai pris des dispositions pour assurer leur établissement.
c< J'ai aussi donné Tordre que tous les habilaals qui avaient été expropriés par l'invasion desTurcs» dont les maisons ont été incendiées, et qui étaient opars sur les territoires, fussent réunis en divers ciimps de quatre à cinq cents âmes, où Ton réunira les matériaux nécessaires pour construire des villages qui offriront, lorsque les bataillons de campagne seront absents du pays, les moyens & la population de se défendre contre les Turcs.
« Cette opération pourra être faite Tan prochain, vU pour qu'elle ne soit en rien à charge aux habi-