‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 190 sur 247 · LE MARÉCHAL MARMONT AU MINISTRE DE LA GIÎERRK · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL MARMONT AU MINISTRE DE LA GIÎERRK

« Laybacb, le 15 mai JSIO.

« Monsieur le duc, je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 5 mai, et qui renferme une copie d'une lettre de Son Excellence le ministre des relations extérieures, relative aux réclamations de l'ambassadeur d'Autriche sur une notification faite au commandant du t'ordon autrichien, portant qu'on allait raser les maisons des sujets de la Croatie autrichienne, sur la rive droite de la Save, et qu'on ne soufl'rirait pas que, sous quelque motif que ce fût, ils vinssent avec leurs bestiaux sur le territoire illyrien.

« Je vais avoir l'honneur de rendre compte à Votre Excellence de cet objet.

« D'abord il n'a été fait aucune notification qui annonce qu'on va faire raser les maisons des sujets autrichiens sur la rive droite de la Save. Il est possible que quelque officier croate illyrien, dont plusieurs portent déjà plus de haine aux Autrichiens que nous ne l'avons jamais fait, se soient permis,

dans quelque discussion, des menaces; mais, si elles ont été failes, ce sont des bruits populaires, qui n*auraient pas dû prendre crédit auprès des autorités autrichiennes^ ou tout au moins sur lesquels on n'aurait dû réclamer qu'en désignant les coupables pour les faire punir. Si nous voulions écouter les bruits d'agression et les menaces faites a nos Croates, nous aurions bien d'autres plaintes à former.

c< Il y a deux circonstances qui peuvent cependant avoir causé les réclamations de l'ambassadeur dWutriche; mais je pense que ces deux circonstances ont été mal présentées, et que nous n'avons rien fait que nous ne dussions faire. Les voici :

a Le 2' régiment banat, qui appartient à • • • .

, avait sa douzième compagnie sur la

rive gauche de la Save, et, par conséquenti cette compagnie se trouve séparée de son régiment, et a|)partient aujourd'hui à l'empereur d'Autriche. Cotte compagnie a eu la prétention de couper, pour sa consommation, du bois dans les forêts du 2* régiment banat, comme ayant fait partie de ce régiment, chose qui est évidemment inadmissible, puisque les dotations des régiments ne sont qu'un revenu public, et les domaines qui ea font partie (les pro|>riétés particulières dont la possession a été cédée avec la souveraineté à rEm|>erour.

« La compagnie de la rive gauche est venue en

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