‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 193 sur 247 · LIVRE Xlll. --- CORliESPONDANCB · texte numérisé non relu

LIVRE Xlll. --- CORliESPONDANCB

l'Empereur ne voulait pas que les bancozettel fussent donnés aux taux des arrêtés qu'il avait pris pour l'expulsion des papiers; mais le taux du franc pour un florin ici est chose tellement injuste, que je crois de mon devoir d'en entretenir de nouveau Votre Excellence.

u En efTet, nous sommes dans une catégorie diiférente de la grande armée, attendu que le papier a été beaucoup plus bas ici et beaucoup plus longtemps qu'en Allemagne; il a été déprécié ici par la publication d'un ordre légal, qui a sur-le-champ fixé dans le commerce et chez les marchands le taux auquel on devait le recevoir, et comment un officier ou un soldat aurait-il pu forcer un habitant à prendre pour un franc le même florin que l'autorité publique ne voulait recevoir, par ordre patent, dans les coffres de l'Ëtat que pour onze, dix et même neuf sous.

ce En Allemagne, une semblable dépréciation n'a pas eu lieu, et la fixation du franc pour un florin était une raison de crédit. Enfin, lorsque les troupes françaises en Allemagne éprouvaient une perte sur le papier beaucoup moindre que la nôtre, elles étaient nourries chez l'habitant et jouissaient de :outes les faveurs qui résultent du séjour en pays conquis. Ici, la paix étant faite, elles ne recevaient lucun sepours du pays et étaient traitées comme lies l'auraient été en Trance.

« L'extrême misère dans laquelle s'est trouvét* l'armée a forcé les corps et quelques individus à toucher du papier par à bon comjde et en valeur nominale et sans taux déterminé.

c< Si la décision de Sa Majesté reçoit son extension dans toute sa rigueur, plusieurs corps sont ruinés pour longtemps 9 d'autres sont endettés, et cela parce que l'administration a fait une chose illégale en autorisant des payements dans une forme qui ne devait pas être consacrée, et qui, s*ils n'avaient pas ou lieu, devraient être faits aujourd'hui en argent.

a Je vous demande, monsieur le comte, d'être encore auprès de Sa Majesté notre avocat, notre défenseur, et d'obtenir une fixation, sinon conforme aux arrêtés de M. d'Auchy, au moins une qui soit à une moins grande distance de la vérité. En6n, si la chose était impossible, d'autoriser que les à Inm compte reçus soient reversés dans le Trésor public. Par ce moyen, le Trésor des provinces illyriennes, qui recevrait cependant ce papier à un taux trèssupérieur à la valeur réelle qu'il avait lorsqu'il Ta donné, partagerait ainsi avec les ofGciers et les corps la perte qui, aujourd'hui, n'est supportée que par ces derniers. »

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