‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 200 sur 247 · LIVRE XIV. — 1810. 4iO · texte numérisé non relu

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pai à lui plaire; et^ comme je la traitais avec distinction et qu'elle n'avait rien de plus à prétendre, elle fut bientôt à moi et satisfaite de son sort. Bref, aucun pays réuni à la France n'a montré plus promptement et plus constamment de bons sentiments pour nous, malgré l'affection héréditaire et si marquée que ses habitants portent, avec tant de raison, à la maison d'Autriche; et, je crois pouvoir le dire sans orgueil et avec vérité, la cause en est dans la justice, les égards et la fermeté avec lesquels ces peuples ont été traités.

"Plusieurs seigneurs autrichiens, entre autres le prince d'Auersberg, vinrent pour me recevoir dans leurs belles possessions, et celui-ci dans le duché de Gottsche. Nous y chassâmes l'ours : cet animal y est commun; nous en trouvâmes plusieurs, aucun ne fut tué. Je dirai, à la honte de plusieurs compagnons de chasse, entre autres d'un intendant français, que des ours passèrent près d'eux et qu'ils n'osèrent pas les tirer. Cette chasse a, en France, la réputation d'être dangereuse; là, elle n'inspire aucune crainte. Quand il a le mo>en de fuir, l'ours ne cherche pas à attaquer le chasseur. Les sangliers sont très-rares dans ce pays, et leur chasse passe pour périlleuse; et en France, où elle est commune, personne n'a jamais eu l idée d'y attacher aucun mérite : on redoute, dans chaque pays, ce que l'on ne

!onnait pas, et les craintes disparaissent quand on

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obseiTc de plus près les objets qui les inspirent. Il en est de cola comme de beaucoup d'autres chose* dans le monde :

Toujoui-s butons flottinU, \)v luiii c\st quelque dioso, et de près ce n*est ik*d.

Le prince Dietrichstein, un des plus grands seigneurs de rAutriche, vint aussi à Laybach au nom de la compagnie de la roule I^uise {LaHisen-Strusu), dont il était un des plus forts actionnaires. Cette route traverse la Croatie et va de Carlstadt à Fiuroe. D'une haute importance pour la Hongrie, elle sert k exporter ses produits. Ouvrage magnifique^ elle a clé un objet de patriotisme de la pari de ses principaux actionnaires. Un décret impérial avait laii n cette société la concession d'un péage : il fallait fnire reconnaître ce droit par le nouveau gouve^ nement et le lui conserver: c'est ce que le prince Dietrichstein venait solliciter. Indépendamment de la justice de sa réclamation, il y avait un autit motif pour l'accueillir : les travaux n'élaient pas tout à fait achevés, et il y avait encore quelque capitaux à y dépenser. Je me fis rendre compte. avec un grand détail, de tout ce qui avait rapport i\ cotte affaire, et, au bout de six semaines, elle M éclaircie et entendue. Je confirmai la concessioa par nn arrêté, et il y fut ajouté quelques dispositions qui parurent équitables. Tout fut fait en moi»

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de deux mois. Si on veut comparer la marche des affaires chez nous avec celle qu'on suit à Vienne^ nous en avons ici les moyens. On peut s'étonner qu'un pays.puisse subsister avec la lenteur qui règle un grand nombre des actes de son administralion. On se garantit sans doute ainsi des surprises et des erreurs, on s'épargne l'obligation de revenir sur des décisions prises; mais d'autres inconvénients plus grands et impossibles à développer ici en sont les conséquences nécessaires.

En 1814, ce pays est revenu à l'Autriche. Les changements apportés à la concession primitive, relative à la route Louise, durent être l'objet d'un nouvel examen de la part de l'administration autrichienne. Eh bien, en 1819, je fus à Vienne, et je trouvai le prince Dietrichstein sollicitant cette affeire, dont on s'occupait depuis cinq ans, et qui, grâce aux renvois éternels d'une direction à l'autre, n'était pas encore terminée.

Nous étions en discussions continuelles sur la

frontière de la Save avec les autorités autrichien-

les. Elles contrariaient fréquemment la navigation

ious divers prétextes. Après mille réclamations et

nille pourparlers, je ne trouvai d'autre moyen que

a voie des représailles. Elle me réussit comme elle

éussira toujours toutes les fois qu'on ne les exa-

ère pas. Il y eut aussi des intérêts froissés par des

ossesseurs riverains opposés pour des pâturages;

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mais tout se termina enfin à Tamiable. JVnvovai mon chef d'étal-major pour quelque temps à Agram auprès du général Hiller. Nous nous entendîmes : avec lui, comme aussi avec Tévêque d\\gram, pour qu'il donnât h lévéque de Laybach le pouvoir d'administrer la partie de son diocèse placée sur la rive droite de la Save.

J'organisai une compagnie de réserve à Laybachf composée d'anciens ofliciers et d'anciens soldats autrichiens licenciés. Je proposai à TEmpereur de lever un régiment de trois bataillons, afin d'employer beaucoup d 'ofliciers nés dans les provinces. Ife avaient quitté le service autrichien et en demaiidaient en France. Cette proi)Osilion ayant été fl^ rueillie, ce régiment, connu sous le nom de régiment d'Illyrie, fut très-prompteniont organisé el envoyé en Italie. Je reçus Tautorisatiou d'y placer un tiers d'ofliciers français, ce qui, avec les placements déjà exécutés dans les régiments croates. <lonna un grand avancement et un grand mouv^ ment à mon corps d'armée.

Doux choses produisaient un véritable étal ïfc souffrance «lans ce pa\s : le manque d'argent, elle rolard apporté clans l'organisation des tribunaux. Mais, nialyré mes roprésenlalions, lien ne revenait «le Paris. Je fus obligé de former provisoiremesl un trihunal à ('arl>ta(ll. con)posé de civils et deaililaires, |»our assurer le cours de la justice en Croa*

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