‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 205 sur 247 · LIVRE XIV - iSiO · texte numérisé non relu

LIVRE XIV - iSiO

écrivis à Monge, qui me répondit qu'il n'y croyait pas*

Mon raisonnement était basé sur des faits : son incrédulité ne m'alarma pas, et je persistai dans ma croyance ; les expériences réitérées me coniir* maient dans ma conviction. Quand, plus tard, je fus à Paris, je courus chez lui; je vis aussi MM. de Laplace et BerthoUet ; ils convinrent que, si le fait était bien constaté, j'aurais fait une grande décou* verte. On prit jour pour aller à l'École polytechnique, où tout le monde se rendit. M. Gay-Lussac fit l'opération. Je vis, dans cette circonstance, pour la première fois, M. de Humboldt, le célèbre voyageur, que j'ai beaucoup connu depuis. Le résultat contredit toutes mes expériences, et je fus anéanti. M. Gay-Lussac me proposa de recommencer, mais e ne voulus pas à la présomption ajouter l'obstilation, et je me tins pour battu. Je raconte ce petit tyénement pour montrer combien il est difficile de ien faire une expérience et à quel point les appaences sont trompeuses. Il faut une grande habiide, les soins les plus minutieux, et des instrulents parfaits, pour observer la nature et découvrir » secrets. Je me résignai, mais je renonçai, avec le véritable douleur, à un genre de célébrité que ivais cru mériter et atteindre.

Après avoir passé quelques mois d'hiver à Trieste, ; décisions indi^nsables au bien-être de l'Olyrie

n'arrivant pas, et le congé que j'avais demandt^ m'élant accordé, je partis pour Paris. J'étais bien aise d'aller voir la nouvelle cour, contempler cetl^fille des Césars, nouvellement associée à nos destinées, et dont la présence vieillissait notre jeune dynastie, en Tunissant aux plus anciennes et aux plus illustres familles de l'Europe. ;

Je partis de Trieste à la fin de février, laissant le comniandement des troupes, enUlyrie, au général belzons, général très-distingué. J'arrivai à Pari> dans les premiers jours de jnais, dans ce mois qui devait être si fertile en événements politiques, ei dans lequel devaient successivement se produire le> espérances et les convulsions de rEnipfre.

Alors, époque de joie et de triomphe, tout avail réussi à Napoléon ; le monde paraissait avoir des limites trop étroites pour lui, tout était à ses pieds, et ses moindres désirs avaient presque la puissance irrésistible des lois de la nature. Un fils allait lui naître, et cet enfant, regardé comme le gage de la paix et de la tranquillité de la terre, comme Tare- (Mi-ciel politique des nations, semblait destiné â porter sur sa tète cette couronne ombragée par de si nombreux lauriers, et à recevoir le sceptre de l'univers pour héritage. On croyait Tédifice majestueux élevé par tant de travaux à l'abri des tempêtes, et. <|uoique quelques s>n]ptôni(*s pussent alarmer déjà l*siiiiii»»s, on navait (V|>endant pas encore la pensée

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