LIVRE XIV. — COURESPONDANCE
sans résultat, et que, après quinze jours de défense, la garnison serait inévitablement prise avant qu'on Y pût revenir., ,,.,
« Villach parait susceptible de peu de chose; du moins tout serait à faire.
c< Le cours de la Drave, dont nous sommes en possession, a l'important avantage de nous rendre maîtres du versant des eaux, et de nous permettre de choisir les positions que nous devons occuper sur la chaîne des Alpes.
a U est à prévoir que, dans les événements d'une guerre, les Autrichiens pourraient nous prévenir ; or il est probable que nous n'essayerons pas même de défendre Villach et le versant des montagnes, qu'il faudra se retirer derrière les Alpes. Rester maître des Alpes est la seule chose qu'on doive désirer.
« On peut en dire autant de toutes les provinces iUyriennes. Dans une guerre contre l'Autriche, l'armée française repassera l'Isonzo, et il est possible qu'elle ne puisse pas se trouver assez réunie pour se battre dans des pays si près de l'Autriche. On aura obtenu un grand résultat de la circonstance qui nous rend maîtres de tout le pays, si nous restons maîtres de l'Isonzo et du passage des Alpes.
« Un des grands désavantages de la place de Palmanova est qu'elle ne nous rend pas maîtres de l'Isonzo. S'il y a une nouvelle fortification à é
ttfyUpr-'V'*^
i7^ MÉ310IRES DU DUC DE RAtiUSK.
il faudrait rétablir à Goriziay Gradiska. ou tout autre point, qu'il faudrait chercher et choisir sur risonzo, qui fasse que l'armée puisse repasser risonzo et être ma! tresse de le passer quand elle voudra.
ce Ce qui est arrivé dans la dernière guerre avait été prévu, et on avait bien pensé qu'il n'était pas possible de se défendre dans le Frioul.
« Il faudrait donc reconnaître quel est le point qu'il faut occuper pour être maître du chemin d'Osoppo à Yillach par la Ponteba, celui qui rendrait maître du chemin de Tarvis à Gaporetto par Gorizia.
« S'il y avait là deux points qu'on pût occuper, cela mériterait la peine de dépenser un million sur chaque point, de manière que l'ennemi ne pût déboucher par ce chemin sans prendre les forts, ee qui exigerait quinze ou seize jours.
c( On ne prétend pas l'empêcher de passer avec de l'infanterie, de la cavalerie, et des divisions légères, mais intercepter la chaussée : c'est de la grande route qu'il est question de se rendre maître.
« Il ne faut donc pas se dissimuler qu'il ne faut établir aucune oflensive au delà des Alpes, aucune défensive an delà de Tlsonzo; on sera prévenu par Tonnemi.
« La vraie défense est sur l'Isonzo et les montagnes. Il faut charger le général Poitevin de paroou-