‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 219 sur 247 · LIVRE \1V. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE \1V. - CORRESPONDANCE

rir cette rivière, et de déterminer un point pour pouvoir l'occuper et faire système avec Palmanova; surtout chercher le point qui intercepte parfaitement la route de Villach à Osoppo, et de Villach à Gorizia par Tarvis.

c< Ces deux points sont hien plus importants que celui sur l'Isonzo; car, si le quartier général de Tarmée ennemie est à Klagenfurth, il lui faut quatre jours pour se porter aux montagnes; et, s'il y a là des obstacles qui le retiennent, l'ingression par la Carinthie, qui est Tingression la plus dangereuse, se trouvera considérablement retardée, et Tarmée française aura tout le temps de se former dans le Frioul, de débloquer les places et de prendre l'offensive.

«Si, à cause de ces obstacles, l'ennemi ne vient point par Klagenfurth et vient par Laybach, ce serait un détour de quatre ou cinq jours qui retarderait d'autant sa marche,

« Cela l'obligera à diviser ses forces, parce qu'il aura toujours à craindre une attaque par la cavalerie; gagner cinq à six jours dans ces moments-là n'est pas un petit objet.

« Ainsi il faut renoncer à toute espèce de projets sur Laybach; il faut en détruire les fortifications; mais il est bon de conserver le château en l'améliorant, d'nbord parce que le château contiendra les habitants, et qu'il peut être utile, dans l'hypothèse

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OÙ l'ennonii serait i)révenu, et où rarniée se poru-rait en avant, pour assurer les communicatimis. servir de refuge aux partis, et qu*il rend solidement maître du pays.

ce Ce château est situé sur une arête si étroit^, qu'on ne le CiX)it pas susceptible d'être fortifié pour être gardé.

c( li restera à savoir si les six cents hommes qu'on pourrait laisser dans ce fort pourraient s'y défendn' Irente on quarante joui*s et attendre le retour de l'armée; ce serait une raison de plus pour y dépenser quoique ar^^ent, et on pourrait s* exposer à la perte de quelques cinq ou six cents hommes. Il est plus avantageux de le conseiTcr que de le détruire; mais on ne doit le considérer que comme un siniph; fort qu'il faut améliorer; ce sont les base> d'après lesquelles il faut agir.

« Mêmes raisons au fort de Trieste; il est utile [)oiir mettre la police contre les Anglais, maintenir une vilh» po[)uleuse et commerçante, et assurer les coinnniiiicalions si rarmée est en avant. On a dév(*loppé, dans une note précédente, les raisons qui déterminaient à mettre en état le fort de Triesle; on attend des renseignements pour savoir si l'armée pourra le garder, dans le cas où elle repasserait risonzo.

(( A moins dt^ dépenses considérables, il est dou- "u\ i\\\'{)i\ pnissr fortilier ce château de manière

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à le mettre en état de se défendre quinze à vingt jours.

« Ainsi, un principe général pour les fortifications, Tartillerie et le ministre de la guerre, c'est qu'il ne doit y avoir au€un établissement sérieux sur la rive gauche de l'Ison^o, aucun arsenal, magasins de fusils ni d'artillerie; tout doit être à Palmanova, Venise, Mantoue, et, si on veut, à Osoppo et Zara.

« Il ne faut pensera établir aucune offensive sur le pendant des Alpes Juliennes, ni aucune défensive au delà de l'Isonzo.

« On doit être constamment en mesure d'évacuer en quatre jours de temps tout le pteiys au delà de risonzo, et sur le pendant des Alpes Juliennes, partie sur la Dalmatie, partie sur Tlsonzo.

« On ne doit jamais penser que le commencement de la guerre doit se faire dans les provinces illyriennes.

« Tout ce qui est nécessaire à la garnison de ' Zara doit se retirer de ce côté; tout le reste sUr risonzo.

« Les avantages du pays illyrien sont très-considérables; mais, s'ils étaient mal saisis, ils deviendraient de grands inconvénients.

« Leurs avantages consistent : 1" à ce que l'arméede Dalmatie n'estplus séparée; qu'elle formerait l'avant-garde, et se trouverait sur la Save en avant

V> .MÉMOIRES Dl' DUC DE RACTSE.

do Ln Ivael^ lundis que les deux mille hommes destinés i\ la garnison de Zara seraient sur les derrières;

« 'i^'Oue, si Tarmée française ne pouvait se réunir â temps, rurmée de Dalmatie formerait Tarrièregarde de Tarniée et se retirerait sur Tlsonzo, où elle serait jointe par l'armée d'Italie.

c< Ainsi, en 1809, seize mille hommes d*élitede l'armée de Dalmatie ne pouvaient rien; et, si l'armée d'Italie était battue, l'armée de Dalmatie TeAt été un peu plus tôt ou un peu plus tard.

« Si les choses eussent été en i 809 comme aujourd'hui. l'armée de Dalmatie eût été à la bataille de Saoile: cet avantage est immense.

« Le second avantage est que, la réunion de ^a^ niée autrichienne étant près du Frioul, elle était en iiiesure d'y porter la guerre, le second jour de h déclaration de la guerre; aujourd'hui^ ce ne peu! être que le dixième. C'est un gain de huit jours, qui ost très-considérahle dans cette circonstance.

c< Le troisième avantage, et qui n'est pas le moindre, est que, maîtres de tous les débouchés des Alpes, nous pouvons, pour la défensive, choisir les points qu'il nous importe de fortifier pour retarder de dix ou quinze jours la marche de Tarméè enne ^ mie, et que, pour TofTensive, nous sommes sûrs qa^ rcnnenii n'aura pu rien fortifier.

a Eu résumé, les provinces illyriennes, considérées sous les points de vue de guerre, ne doiveoi

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