‹ Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 5 sur 247 · LIVRE X. - 1806-1807. 1i · texte numérisé non relu

LIVRE X. - 1806-1807. 1i

r^quipaga des vaisseaux, élevaient les forces qu'il pouvait mettre à terre à sept mille hommes environ. Les espérances de succès formées par Siniavin étaient partagées par ses soldats, et la conquête de Uaguse et de toute la Dalmatie leur paraissait certaine. Le capitaine du génie Boutîn, officier plein de talent, qui depuis a péri malheureusement dans une mission en Asie, et dont la mort fut vengée d'une manière éclatante par lady Stanhope, avant été arrêté avant le commencement des hostilités par un bâtiment de guerre russe, et conduit à Tamiral, réclama hautement sa liberté comme ayant été pris contre le droit des gens, et avant la déclaration de la guerre. Siniavin la lui rendit en lui disant que, dans peu de jours, il regretterait le don qu'il lui faisait. Celte confiance de l'ennemi était tout mon espoir, et je ne négligeai rien pour Taugmenter, sans toutefois atténuer celle de mes troupes.

Le 26 septembre, je me retirai à Raguse-Vieux. J'envoyai d'abord des détachements contre des Grecs, sujets turcs, qui cherchaient à intercepter ma communication avec Raguse, et je plaçai sur les hauteurs de Brenno le 5* régiment pour contenir ceux de Trébigne, qui menaçaient d'aller de nouveau piller les faubourgs de Raguse, brûler les moulins, détruire l'aqueduc et couper les eaux. Lorsque ce régiment parut, tout rentra dans Tordre.

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Ije 27, les Bocquais et les Monténégrins, au nombre de mille environ, vinrent attaquer nos avantpostes. Ils furent repoussés, et je défendis de les poursuivre.

Le 29, je fus informé de l'arrivée d'un nouveau régiment russe venant de Gorfou. Cet événement et notre retraite avaient singulièrement enorgueilli les Russes et tourné la tète aux Monténégrins^ Bocquais et Grecs, sujets turcs, dont le nombre avait presque doublé ; ils parlaient de piller Raguse et la Dalmatie. Enfin un corps russe assez nombreux avait pris position au col de Débilibrick, en avant de la vallée de la Sutorina. C'est ce que j'attendais pour agir offensivement. Si les Russes restaient, j'espérais les battre. S'ils se retiraient sans combattre; ils détruiraient l'opinion qui s'était déclarée pour eux et* la confiance de leurs partisans. J'ignorais alors la force précise des Russes; les renseignements des prisonniers, après la bataille, m'ont donné les moyens de dresser un état régulier qui porte leur force au nombre que j'ai déjà fait connaître. Quant à celle des paysans armés, on peut ostimer qu'il y avait quatre à cinq mille Monténégrins, trois mille Bocquais et deux mille Grecs, sujets turcs. Ainsi j'avais devant moi sept mille Russes et environ neuf mille hommes de troupes irréguliéres. On sait, au reste, ce que valent ces dernières troupes. La moitié se montre à portée;

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