LIVRE XI
visionnement des places destinées à être gardées et défendues : en Albanie : Cattaro, Castelnuovo et Raguse; en Dalmatie : Zara, Klissa, Knin^ et le fort San Nicolo deSebenico. Tout étant disposé pour évacuer les autres postes, on ouvrit les remparts qui les défendaient. Les pièces de gros calibre, retirées d'avance des batteries de mer ouvertes, furent mises en sûreté.
Le 60* régiment tout entier, un bataillon d'infanterie légère italienne, le quatrième bataillon de la légion dalmate, et tout ce qui n'était pas valide dans l'armée, renforcés d'un nombre convenable decanonniers et de sapeurs, furent destinés à former toutes ces garnisons. La modicité des garnisons, dont la force suffisait cependant ù l'indispensable, rendit les approvisionnements suffisants pour six ou huit mois, ce qui, en présence des événements probables, me donnait beaucoup de sécurité. J'avais prévu, de longue main, l'époque où j'irais chercher la guerre, si la guerre ne venait pas me chercher. Dans l'un et l'autre cas, les places ne devaient pas avoir de fortes garnisons. Pour remédier à cet inconvénient obligé, j'avais institué des gardes nationales. En accordant des distinctions, j'engageai les jeunes gens des meilleures familles à se mettre à leur tête. Quelques éloges piquèrent leur amour-propre, et j'étais parvenu à faire de celle troupe un corps de milice en état de servir.
15!2 MÉBiOIBES bV DUC DE RAGUSE.
Les garnisons des places eurent ainsi, pour corps auxiliaires, un bon bataillon àCatlaro, deuxàRaguse, et un à Zara, sans qu'il en coûtât autre chose que des armes et un supplément de vivres pendant les jours de service. Knin renfermait un approvi- 'sionnement extraordinaire, destiné à nourrir l'armée pendant qu'elle serait rassemblée sur la frontière. J'avais de bons soldats, dévoués, braves, instruits; mais mon matériel était nul. Mon artillerie se composait seulement de douze bouches à feu. J'avais assez de chevaux pour les traîner, mais non pour transporter leurs approvisionnements. Je n'avais pas un cheval de trait })Our les vivres; je n'avais rien de ce qui appartient aux ambulances : il fallut tout créer avec les moyens du pays.
La Dahnalie possède une grande quantité de petits chevaux de bat; tous les transports se font par leur moyen. Le recensement en porta le nombre au delà de quatre-vingt milh*. J'ordonnai une levée de deux mille chevaux. iMille furent consacrés à porter des munitions, mille aux ambulances et aux vivres, cl on construisit des caisses pour renfermer les munitions, les objets de pansement et les vivres. La charge consommée, le cheval devait être consacré à transporter des blessés. Je levai un corps de mille Pandours, espèce de gendarmes de la Dalmatio, i)ourrescx)rte, la surveillance, et la conservation de ces deux mille chevaux, qui avaient aussi leurs